Les petites histoires de Boby

 Il y a un peu plus de six mois, je n’y croyais pas.

Quand je dis « je n’y croyais pas », c’est que je n’y croyais absolument pas ! Ce n’était pas une simple posture ! Dans une crise de lucidité, je disais ici : « J’ai même pensé à suivre les traces d’un Gide et aller dans ces pays du Maghreb sur lesquels j’ai toujours fantasmé. Mais quoi ? Quels fantasmes ? Courir les destinations du tourisme sexuel ? Horreur et culpabilité de la seule idée. Crainte de me retrouver comme l’affamé devant un buffet de desserts et autres sucreries. Ne suis-je pas assez avili ?

Je sais ces pays sublimes. Je redoute de rencontrer seul leurs habitants. Ah ! Avec un compagnon ! Je tourne en rond. Sur place. »


Et la vie, à laquelle je ne croyais pas –ou plus— s’est vengée. Elle m’a mis en demeure de montrer ce que j’étais capable de faire si les bonnes conditions étaient réunies. La rencontre avec Zig tient de l’invraisemblable. Une sorte de vague conte de fée à la sauce mielleuse. Je ne me suis que trop complu à en parler ici ou . Que puis-je en dire maintenant ? Le compagnon de voyage s’est imposé. Il parlait la langue du pays visité. Il était plein de sollicitude envers moi. Il déborde de vie. Il est fin et intelligent. Il me donne envie d’être, en me faisant oublier que j’ai été. Il ne s’est jamais positionné en demandeur, mais il a pris à cœur et avec sérieux, son rôle d’accompagnateur.


Je n’ai qu’à me louer de ses services.


Il a tout fait pour que je sois heureux. Tout sauf. Et c’est très bien ainsi. Je l’ai dit, je suis parti avec la ferme intention de mettre sous le boisseau mes pulsions sexuelles. J’ai réussi dans la première partie du séjour. Ensuite, les deux semaines devenant quatre, cinq, six… Je me suis laissé aller. Et je le regrette. J’en reparlerai je pense.




(Même lorsque le récipiendaire fait grise mine, le plat est toujours à la hauteur de la situation. Ce petit Prince Arabe fête ses trois ans...)
Je voulais absolument découvrir le pays de l’intérieur, vivre avec de « vrais » gens, connaître de « vrais » situations, approcher la « vraie » vie. Celle des gens simples. Celle de gens modestes. Celle de tous les jours. Je l’ai approchée. Disons effleurée. Mais je m’en suis senti moi-même un petit peu plus vrai

 


 

On m’avait dit sur tous les tons que le pays lui-même était sublime. Je me demandais ce qui m’attendait. J’avais imaginé. Je ne pouvais être qu’en dessous de la réalité. La lumière ne peut être traduite sur les images. L’ambiance lourde de ce début d’été non plus. Les immensités maîtrisée, cultivées, chaque parcelle exploitée, comment en rendre compte ? Il y a de superbes moissonneuses-batteuses-lieuses, il ne faut pas croire ! Mais elles côtoient le travail manuel à l’ancienne, comme le faisaient nos grands-pères ici, il y a quelques décennies.

















Là, je m’essaie au battage des lentilles, la récolte ayant été préalablement et lourdement travaillée par des mules, le paysan lance des pelletées en l’air, comptant sur le vent pour séparer la graine de l’enveloppe. Moi, je recevais tout sur la tête, pour leur plus grand bonheur !

Un métier, ça s’apprend !






J’ai essayé de ne pas être un touriste.


J’ai essayé de ne pas me comporter en ethnologue.


J’ai essayé de ne pas jouer au Père-Noël (trop facile).


J’ai essayé de rencontrer des gens.


J’ai surtout rencontré la générosité. Et la gentillesse.


Il y a quelque chose de particulièrement bien dans le plat unique mis en milieu de table, où chacun vient prendre sa part avec un bout de pain : le plat est le même quel que soit le nombre de convives. La maîtresse de maison rajoute par bolées au fur et à mesure des besoins. Personne n’a le sentiment de prendre la part de l’autre. Le plat est rarement vide quand le repas est terminé.


AL HAMDOU LILLAH !

Mer 8 jui 2009 Aucun commentaire