Journal au jour le jour

Samedi 26 novembre 2011 6 26 /11 /Nov /2011 08:00

 

 

genzoe19.jpgQuarante ans. Encore un anniversaire que nous ne fêterons pas.

 

Monique et moi n’étions pas des adeptes forcenés de l’union consacrée. Nous l’avions envisagée, parce qu’à cette époque encore, ce pouvait être difficile pour un enfant de naître hors mariage. Mais nous avions le temps : notre premier n’était pas programmé dans les mois à venir. Nous vivions ensemble dans un minuscule appartement du 14ème arrondissement parisien, et nous étions parfaitement heureux ainsi. Ce sont de vulgaires contingences matérielles qui ont précipité notre union. (Je ne pouvais obtenir l’attribution d’un logement de fonction, pourtant vacant, que si j’étais officiellement marié… Le Ministère de la Justice ne reconnaissait pas le concubinage sous Pompidou !). La date de la cérémonie fut donc fixée à la va vite, en ne prenant en compte que le délai imposé par la publication des bans.

 

Pourquoi est-ce que je cause de ça, moi ? Ah oui ! Juste pour dire que cette date n’a jamais eu beaucoup d’importance pour moi. Monique aimait bien que nous la marquions par une petite balade, par un bon resto, par un séjour prolongé sous la couette. C’est tout. Alors, pourquoi revenir sur cet anniversaire foiré ? Les dizaines se fêtent ? Monique m’a quitté voici bientôt quatre ans.

 

Mariage2.jpg

 

Oui, mais non. C’est un autre anniversaire que je voulais honorer. J’ai rencontré Chérubin le 27 novembre 2010. Il y a un an tout juste, un samedi. Un an que je ne comprends pas ce qui m’arrive. Bien entendu, à l’époque j’avais remarqué la concomitance des dates. J’avais souri et haussé les épaules. Je ne pouvais alors pas imaginer l’importance que prendrait pour moi ce qui n’était au départ qu’une simple aventure. Et les dates, la symbolique, tout ça… RàB. « Rien à branler », si vous voyez ce que je veux dire ! Quoique. Cette expression, n’est peut-être pas parfaitement bienvenue en l’occurrence. Je n’ai plus jamais eu envie de garder mes mains au fond des poches. Si vous voyez ce que je veux dire.

 

Alors ? Hein ? Alors ?

 

Ben, je le jure sur ce qui m’est le plus cher : je n’ai jamais été, et je ne suis pas devenu superstitieux. Oh que non ! Je suis toujours autant agnostique et athée. Même après plus d’une année passée dans des pays où chaque phrase se conclue par « Inch’ Allah ». Je ne crois pas, et je n’ai jamais donné la moindre signification aux concours de circonstances.

 

Mmmmm ? N’empêche. N’empêche.

 

Il y a quelques jours je suis retombé sur ce billet. Et le trouble profond qui m’avait assailli lorsque je me suis retrouvé seul à accompagner mon père dans ses derniers instants, m’a submergé de nouveau. Il y a quand même de ces hasards qui donnent le frisson et qui font trembler les plus fortes convictions…

 

N’empêche. N’empêche.

 

J’ai rencontré Chérubin un samedi après midi il y a un an. Nous ne nous sommes plus quittés. En soi, c’est déjà troublant. Tout s’est déroulé comme « si c’était écrit ». Le plus naturellement du monde. Ah, oui, tiens, je préfère préciser :  je ne suis absolument pas un fan des anniversaires. La date de cette rencontre n’avait aucune raison de se graver dans ma mémoire. En fait, il se trouve que nous avons aujourd’hui des témoins implacables : les photos sont mémorisées avec la date et l’heure de leur prise de vue… Et comme à cette époque là j’avais tendance à mitrailler mes conquêtes…

 

N’empêche. N’empêche.

 

J’ai raconté ici la seule rencontre de ma vie qui a fait vaciller mon engagement auprès de Monique. Je le reconnais, cette histoire là m’a profondément marqué, et aujourd’hui encore je ne peux y penser sans un douloureux serrement du cœur. Mais pour « raconter », je n’avais pas osé donner son vrai nom au jeune algérien, et j’avais choisi « Mehdi », prénom que je trouve doux comme une caresse, et auquel sont associés d’autres charmants et sensuels souvenirs. Or, le temps passant, ma mémoire s’est troublée, et le nom de « Mehdi » est devenu si intimement lié à cette aventure que la véritable identité s’est enfouie au plus profond de mon inconscient.

 

Un jour, en zappant sur le parcours d’un lecteur, le fait de retomber sur ce texte et de faire le rapprochement avec mon Chérubin m’a particulièrement troublé, au point d’en faire un billet.

 

Le mois d’Août dernier a été difficile à supporter, moi, seul en France me laissant déprimer avec complaisance, lui, seul dans notre appartement, assurant péniblement ce Ramadan, seul pilier de l’Islam qu’il pratique rigoureusement, comme beaucoup de musulmans marocains. J’essayais de tromper ma désolation en bricolant un peu et en rangeant, rangeant… Comme l’on range lorsque l’on envisage de déménager ou de disparaître… Et ce rangement me valut une surprise violente dont j’eus du mal à me remettre.

 

Je suis tombé sur une impression basique pliée en huit, d’un vieux tableur qui était la sauvegarde ou l’archivage de mes contacts téléphoniques d’une très lointaine époque. Par simple curiosité je l’ai parcouru et… Le nom de mon algérois m’a sauté à la gueule ! Je l’ai reconnu sans la moindre hésitation, et des bouffées de souvenirs m’ont envahi.

 

Ce prénom ? Vous l’avez compris je pense : c’est celui de mon Chérubin. Pourquoi le déclic ne s’était-il jamais produit ? Pourquoi ai-je cru découvrir ce prénom avec mon Chérubin ? J’ai pleuré pendant des heures.

 

N’empêche. N’empêche.

 

Cette mésaventure en début de semaine que je vis comme un drame. Justement cette semaine. Justement mon appréhension à l’approche de la date anniversaire. D’aucuns s’en souviennent peut-être, la saga « Zig » s’est terminée quelques jours avant que l’année soit révolue.

 

Les jours qui ont précédé notre balade utilitaire, j’appréhendais de plus en plus le départ. A plusieurs reprises j’ai dit à Chérubin combien je redoutais ce voyage. « Mais pourquoi ? », « Je ne sais pas, je ne le sens pas… Je n’arrive pas à me projeter dedans… » Au point, avant le départ, de rédiger et ranger dans mon portefeuille un texte où je donnais mes dernières instructions. Au cas où…

 

Celle-ci « d’aventure », je ne supporte pas l’idée qu’elle puisse avorter. Ou capoter.

 

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Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /Oct /2007 22:40
Mes biens chers frères, mes biens chères sœurs...

 

J’ai le sexe triste. J’ai le vin triste. Je suis triste. Je ne sais pas faire la fête. Je prends tout au sérieux. Je suis un triste sire (qu’est-ce que je l’ai entendu celle-là quand j’étais enfant et adolescent ! " Tu es un triste sire ! "). Bref. Je suis un pisse-froid. Un pisse-vinaigre. Je l’ai toujours su. Je le sais. Je ne dirais pas que je l’assume. Je fais avec.

C’est vrai que je prends le sexe au sérieux. C’est la chose la plus belle à mes yeux. Celle qui permet à deux êtres de se rejoindre, de se confondre... Mais une précision quand même. Je ne voudrais pas que l’on se méprenne. Je ne suis pas un père la pudeur ! J’ai toujours dit, je le dirai toujours. Rien n’est laid, rien n’est à proscrire en amour quand c’est fait avec le libre consentement des deux partenaires. " Tout ce que l’on veut, rien que ce que l’on veut, quand on le veut ". C’est la définition que je donne souvent de l’amour entre hommes... Je crois que c’est tout simplement celle de l’amour libre.

Mais je dois dire merci à ceux qui me rappellent gentiment mes limites. Ça fait du bien de se regarder en face de temps en temps. Comme dans un miroir. On repart d’un meilleur pied. Ça désamorce les conflits. Comme lorsqu’une tension est en train de naître entre deux interlocuteurs ou en groupe, et que l’un dit avec un sourire désarmant... " Tu dis ça parce que tu es en colère... ".

Ça a dû me réussir. Le parcours de drague est proche de la route d’Avignon. Depuis l’hospitalisation de Monique, le quart d’heure que je m’accorde pour y faire un tour en prenant la route de la clinique, est le seul moment que je m’autorise pour essayer de ne pas me contenter de virtuel... En route donc pour la clinique...

J’étais là, posté à mon carrefour stratégique, depuis quelques toutes petites minutes quand un petit véhicule avec une remorque débordante prit la direction de la déchetterie. Le chauffeur semble jeter un œil vers mon véhicule. Tiens... Quelques minutes plus tard, le même équipage revient à vide. Nouveau regard. Tiens, tiens... Il prend la direction d’Avignon, mais quelques dizaines de mètres plus loin, virage brusque dans le chemin creux... Bingo !

Démarrage en trombe de ma part. Je ne vais pas me laisser griller l’affaire...

Bon, pour ceux qui aiment aller au plus court, je lui ai taillé une pipe d’enfer qu’il n’est pas prêt d’oublier, je n’ai pas joui mais j’ai eu un plaisir immense. Un pied super. Point.

Tchao ! Pour les autres, plus friands de détails, quelques précisions...

Dès qu’il m’a vu apparaître il a sourit, et est sorti de son véhicule pour plonger dans les taillis... J’ai suivi. Nous avons échangé quelques mots, et je suis parti immédiatement à la découverte... Presque aussi immédiatement interrompu par un premier curieux...

" Hé, merde, ça commence... Faut aller plus loin... A moins que... Il est nettement plus jeune que moi. Tu préfères peut-être ? " Refus outré du garçon... Je fais comprendre à l’importun qu’il importune... Il a la correction de se retirer rapidement.

Je peux m’occuper de ma conquête... Que dire ? 26 à 28 ans, comme ça, au pif... Une drôle de gueule d’ange, aux traits très agréables, sourcils bien dessinés, yeux rieurs, nez bien proportionné. Barbe très sombre, épaisse, de deux trois jours. Cheveux courts, en pétard comme c’est la mode, très bruns mais les pointes dressées blondies jaune clair... Ma tentative de câlin dans les cheveux me rappellera que la mode est au gel béton... Bien bâti. Muscle mais bien en chair aussi. Pas de plaquette de chocolat, mais une toison épaisse de nounours. Un beau garçon aux yeux de beaucoup de gens. Pas vraiment dans mes canons de beauté, hors sa petite gueule, mais un charme fou. Adorable.

Nous échangeons sensuellement des caresses, mais très vite je comprends que son intérêt pour mon bas-ventre n’est que relatif, et qu’il attend que je m’occupe de lui. C’est à cet instant que mes réflexions du début m’ont aidé à me recadrer... J’aurais pu rouler des mécaniques, dire que ma bouche n’était pas un garage à bites, que ce que j’attendais, moi, c’était un minimum d’échanges, sinon, basta ! ... Il m’est arrivé d’avoir des réactions aussi cons... Souvent. Là, j’ai simplement pensé " Ah ! Mon petit gars, tu veux que je te fasse jouir ? Tu vas être servi ! " Et j’ai entrepris un travail de professionnel...

Et j’ai été récompensé. Si le gars était bof, une mignonne petite gueule sur un corps très quelconque, sa bite, elle, m’a immédiatement plu. Un obus. Large, épaisse à la base, un petit gland en pointe de flèche au sommet, une proportion raisonnable sans ostentation. Une vigueur prometteuse. Et surtout des bourses, amples, larges, souples, des abricots fermes sensibles, réactifs... Un régal. J’ai entrepris un véritable festival. Avec le sérieux et l’application d’un Maître Ouvrier de France... J’ai utilisé toutes mes ficelles, tous mes petits secrets... Jusqu’à ce que j’obtienne enfin les gémissements incontrôlés attendus... Alors j’ai calmé le jeu et suis parti plus haut découvrir ce que je n’avais fait qu’apercevoir. Pas de baiser, pas de pelle, guère de câlins. Un peu quand même. Qu’à cela ne tienne ! J’ai repris mon festival. Les gémissements sont devenus des halètements. Des soupirs. Il m’a prévenu qu’il ne tiendrait plus longtemps... En bloquant tout d’une main, je me suis interrompu et je l’ai regardé dans les yeux...

" A ta connaissance, tu es parfaitement sain ? " Sérieux comme un pape, le visage à moitié décomposé, il a opiné du bonnet...

Je n’allais pas le laisser dans cet état. J’ai repris mon travail d’orfèvre. Jusqu’au résultat attendu, espéré. Tout le corps qui tremble, les jambes qui flagellent, les gémissements qui tournent aux hoquets de chagrin...

J’étais le gagnant. Je n’avais pas dégainé mes propres ustensiles, mais il y avait longtemps que je n’avais pas pris un tel pied. A genoux peut-être, mais j’étais devenu le maître...

Nous revenions sur nos pas. Je marchais devant, lui, avait besoin d’un peu de temps pour se remettre...

" Ouaouh ! Comme quoi ya pas besoin d’être jeune ! "

Je me retournais pour le regarder dans les yeux... " L’expérience offre de petits avantages... mais a aussi quelques inconvénients... Si j’avais été plus jeune, j’aurais pu espérer un peu plus de réciprocité... "

Rire confus du garçon. " C’est vrai... "

Je lui souris. " Je ne regrette rien, pour une si mignonne petite gueule... " Et je caressais ses joues du dos de ma main...

En reprenant nos voitures, nous avons échangé sur la sempiternelle possibilité de nouvelle rencontre. Sans échanger nos prénoms. Je n’ai même pas demandé. Pendant toute mon œuvre j’avais une grosse gourmette en argent devant les yeux. Avec écrit " Stephan ". Pourquoi pas ?

 

Non, vraiment, je ne regrette rien...

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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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