Je ne sais pas ce qui est le plus difficile.
En réponse à la question précédente, plus très longtemps. Mais un petit moment quand même. Je ne me suis jamais senti aussi lâche. Je ne m’en suis jamais aussi facilement accommodé.
Mes interventions ici seront de plus en plus rares. Elles ne servent à rien, à part me faire mal. Presque plus personne ne vient me lire, je me résous à me sentir de plus en plus seul. J’ai réussi à lasser les plus bienveillants. Je suis pourtant heureux ? Oh que oui ! Je ne l’ai jamais été autant. Et de dire cette phrase me fait très, très, mal. Il y a tellement de choses qui me font mal. Constater que le bonheur fait mal pourrait être inquiétant. Même pas. Lassitude.
Chérubin a besoin de moi. Je culpabilise de ne pas réussir à le faire venir en France. La culpabilité ne sert à rien, à part me contraindre à avancer encore, pour lui. Que je l’aide, ici. M’acheter une bonne conscience à petit prix.
J’ai beaucoup souffert physiquement ces dernières semaines. Un gros calcul biliaire a mis mon foie en compote. Je dois rentrer en France pour subir une intervention chirurgicale. Une lâcheté de plus : je m’étais juré de laisser faire la nature sans plus jamais intervenir. Au moment où je m’étais résolu à repartir, ma fille m’a annoncé qu’elle voulait passer son anniversaire au milieu des dunes du Sahara. Au lieu de prendre le bateau, nous avons pris la route du désert.
J’ai enfin vu les dunes. J’ai reçu l’un de mes enfants ici. Et je me lamente ?
Ce voyage m’a guéri. Je n’ai plus mal. J’ai envisagé de ne pas repartir. Mais les limites de l’attestation d’hébergement (indispensable à la demande de visa de Chérubin) sont dépassées. Je dois revenir en France pour recommencer la procédure. Je veux absolument essayer encore une fois la demande de visa touristique. Ne serait-ce que pour pouvoir râler auprès du gouvernement de gauche en cas de refus…





