Nota :

Ils s'aiment...


C'était un an avant ma naissance...
Un an seulement...
Les jeunes (et les autres...)...
Secouez-vous nom d'un bordel !!!
.

Pour être un peu moins sérieux...
J'ai aimé aussi !
...
Mettre un petit sourire dans ce blog par trop morose...

 

Ici aussi j'ai bien ri...
Mais une autre forme de rire, voyez-vous...

 


 

Bonjour...

 
Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.


Quand même, pour une meilleure compréhension,

pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.

(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)

 

>>Pour me contacter par mail<<

Visiteurs

Dans sa première version ce blog a rencontré :
35 515   Visiteurs...

Maintenant...

Présents :
Jour :

Pages lues :

Calendrier

Novembre 2008
L M M J V S D
          1 2
3 4 5 6 7 8 9
10 11 12 13 14 15 16
17 18 19 20 21 22 23
24 25 26 27 28 29 30
             
<< < > >>

Qui je suis

  • : Boby
  • homoavecepouse
  • : Homme
  • : 29/04/1945
  • : ARLES
  • : Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours.
Jeudi 10 avril 2008

Oui, après des jours de réflexion, c’est décidé, j’arrête ce blog.

Pas de coup de blues ou de moment de déprime dans cette décision. Une évidence, qui s’impose à moi, après m’avoir fait la nique pendant des semaines.

Je le disais sur mon Blog-It : et si j’arrêtais de faire semblant ?

 

Je dois aux quelques lecteurs fidèles un minimum d’explications. Mots bien pesés. Pas de justifications. De simples explications.

Comme il n’y a et il n’y aura aucune animosité dans les remarques que je pourrais faire sur un tel ou une autre. Moi seul suis en cause. Certains me l’ont dit : j’ai fait, dès les premiers billets, volonté de transparence. Excès de franchise même, sans doute. Au point que j’ai fini par ne plus être moi. Ce n’est pas clair pour vous ? Ça ne l’est pas encore tout à fait pour moi. Et je compte bien sur ce dernier billet, pour clôturer cette expérience dans la sérénité.

 

Je l’ai dit à maintes reprises, je ne m’y attarderai donc pas. D’autant qu’il ne s’agit en aucun cas de faire un bilan. J’en ai fait un, en son temps. Aujourd’hui cela ne présenterait aucun intérêt. Donc. Ce blog a été d’une importance primordiale pour moi. Il m’a accompagné, soutenu, secoué quand c’était nécessaire. Il m’a aidé à comprendre mon attitude face à Monique et à sa maladie. D’une certaine façon il a sans doute ouvert les portes de grandes et belles discussions avec mes enfants. Il m’a fait rencontrer des amis qui, sans lui, ne m’auraient sans doute jamais rencontré, ni même regardé. Dont acte.

Il ne m’apporte plus d’apaisements, plutôt même des souffrances, il me fait me replier sur moi-même et un petit cercle sécurisant, il me renvoie des images de moi qui ne sont pas moi. Il m’interdit de dire ce que je pense, d’écrire ce que je sens, de pleurer si j’en ai envie. Il me fait culpabiliser pour ce que je ne fais pas, il me fait rougir pour ce que je fais, il met le doigt, continuellement là où ça fait mal. Au point que je n’ose plus écrire, plus lire les autres, plus me lâcher… Dont acte. Stop.

 

J’ai envie de reprendre quelques éléments, là. Pour moi. Pour réfléchir une dernière fois à haute voix. Mais seul. Face à moi-même. Dans un bric-à-brac volontaire, où le futile côtoiera le primordial, l’anecdote les révélations douloureuses, le juste l’injuste, le bien le mal, le clair le pas clair, le clair le sombre, le clair le trouble. Pas d’autre volonté que celle de refuser un plan construit, ou quelque chose qui pourrait ressembler à un raisonnement, nécessairement fallacieux. La douleur n’a pas de grade, de hiérarchie, d’ordre d’importance. Elle ne dit pas toujours son nom. Des petites choses s’empilent comme ça, mine de rien. Et forment un mur infranchissable, menaçant, étouffant.

Il y a les lecteurs, bien sûr, sans lesquels un blog ne resterait qu’un journal intime. Oh ! Pas les compagnons de route, habitués ou occasionnels, qui de temps en temps font un petit coucou ou gratifient d’un affectueux clin d’œil. Non, ceux là, ils m’ont seulement fait hésiter à prendre la décision…

Mais les inconnus, qui se tapissent dans l’ombre du filet et viennent par surprise jeter un œil. Se faire une opinion, prendre ce qu’ils ont envie, mais surtout sans esquisser le moindre engagement. Je ne sais pas vous. Moi, il m’est arrivé de me faire chiper une place de parking sous le nez, alors que je commençais la manœuvre pour bien me garer. Cela me met dans une rage folle. Pourtant, le mec ou la fille ne m’a rien pris. Parfois même ne m’a même pas vu. Il ou elle utilise une place publique en se montrant plus rapide que moi. Je ne sais pas si je suis bien clair. C’est du même ordre. Certains lecteurs ne cessent de me piquer des places sous le nez sans même me voir. Ils voient la place, l’inspectent, la jaugent, la jugent, et ne me voient même pas, moi qui suis là, en attente… Je pourrais ne rien voir, ne rien savoir ? Mais il y a les stats. Cette drogue du blogueur.

Il y a cette maman d’une amie, que j’ai repérée, qui vient sur le site deux à trois fois par jour, sans doute en coup de vent. Je sais qu’elle ne m’apprécie pas, qu’elle me méprise même semble-t-il. Et je ne sais pas ce qu’elle vient chercher… Inévitablement, elle est dans mon dos lorsque j’essaye d’écrire…

Il y a cet américain, toujours le même d’après son adresse, qui vient une ou deux fois par jour, nouveau texte ou pas. Homme ? Femme ? Jeune ? Vieux ? Sympathisant ? Haineux ? Dans l’attente du dérapage ? Voyeur ? Vicieux ? Simple curieux ? Il espère quoi ? Mon silence, signe de ma disparition ? Et un algérien, un marocain, un tunisien, un argentin, un anglais, un gars de Rennes, de Nantes, de Lyon, de Vélizy… Enfin, je dis « un »… Les stats ne savent pas donner le sexe. Ni fournir la photo. Dommage. D’aucuns doivent penser que je me mets martel en tête pour rien. Je le sais, j’approuve. Mais le fait est là. Plus encore que les visiteurs douteux amenés par Google, ces habitués qui m’ont enregistré dans leurs favoris me gênent profondément, parce que je me sens observé. A vingt ans, j’ai fui ma province parce que je ne supportais pas de voir les rideaux des fenêtres s’écarter lorsque je passais dans la rue… Mais là au moins, je savais qui m’observait ainsi. Et je pouvais faire un geste indécent et provoquant si j’en avais envie.

Il y a aussi bien entendu, les visiteurs libidineux amenés par les moteurs de recherche. Je ne reprendrai pas les requêtes. Ça donnerait encore du grain à moudre. Il y a ces thématiques qui me font froid dans le dos, et qui me collent à la peau depuis le début. Mais il y a aussi des recherches simplement polissonnes. Bon ok, c’est humain. Mais merde ! Les cinq billets les plus lus, et très largement, sont ceux qui parlent de cul ! Merde ! Je ne peux être résumé à ça. Je ne suis pas que ça !

 

Heureusement, il y a les lecteurs devenus des amis. J’ai hésité avant d’employer le mot. Je le trouve trop facilement galvaudé dans la blogosphère. Mais ici, il est juste. À mes yeux tout au moins. Il en est de l’amitié comme des accessoires vestimentaires, pulls ou chaussures. On les essaye et celui-ci, pas celui-là, tout de suite nous va. On ne sait pas exactement pourquoi, mais il nous va bien. On est à l’aise et on se sent beau avec. Je n’ai choisi ni WajDi, ni Oh!, ni Fiso, ni M. … Ils sont venus, ils étaient… Je dois être bourré d’immunosuppresseurs… Mon cœur sait s’ouvrir, il ne sait pas rejeter… Alors, ces amis, quoi que je fasse, ils resteront mes amis. Si ils le veulent bien. Quatre personnes en un peu plus d’un an. Je ne peux pas parler de performance…

J’ai ouvert cet espace à des proches. Ce n’était peut-être pas une bonne idée. Mes enfants y sont venus. Ils ont lu des passages. Peu, je pense. Ils sont restés respectueux et discrets. Ma nièce, mon ancien patron (et ami) l’ont lu. Pas de problème majeur. Mais quelle que soit ma volonté ou mon intention, je ne peux plus écrire sans les sentir regarder par-dessus mon épaule. Et j’ai le sentiment, à tord ou à raison, de ne plus réussir à être moi-même.

De même, quelle étrange impression, j’ai vu passer les requêtes qui laissaient penser qu’il s’agissait de gens du pays : « lieux de drague à Arles », « rencontres dans nature Arles », etc. … Envisager que ceux que je rencontre peuvent m’avoir lu, avoir vu ma photo, me reconnaître, moi ignorant tout… Comment rester nature, justement ?

Il y a aussi les rencontres de blogueurs. Peu nombreuses. Moins performantes également. Il m’a été reproché d’être « dur » avec l’hôte d’un soir. Aurait-il fallu que je me montre plus hypocrite ? Plus conformiste ? Plus « objectif » ? J’ai culpabilisé. Je n’ai pas loupé un billet de cet auteur depuis. Et je suis toujours aussi dubitatif. Cette personne est d’évidence quelqu’un de bien et de foncièrement généreux. Je n’en avais jamais douté. D’évidence plus intelligent, plus cultivé, beaucoup plus politisé que moi. Mais. Il y a des humours qui ne sont pas ma tasse de thé. Devrais-je changer, ou le cacher ? Mais. Je ne comprends toujours pas l’intérêt des blogs politiques. Gesticulations vaines. Bon, je le reconnais, je ne suis pas bon juge en la matière. Je me demande même si je ne suis pas en train de devenir un lamentable « beauf »… Nous avons droit en ce moment à des tas de commémorations de Mai 68… J’y étais. Au cœur de l’action. Et je réalise que je n’ai rien vu, rien compris. J’étais l’un de ces milliers d’étudiants, le foulard autour du cou pour les gaz lacrymogènes, les tennis aux pieds pour mieux courir, les gants pour mieux tenir les pavés. Et puis ? Rien. Ma voiture coincée entre deux barricades, caillassée et les vitres brisées par des barres de fer : une bagnole de bourge. Rien. Je ne sais même plus si je suis toujours démocrate. Toute ma vie, j’ai vu la droite et la gauche presque à égalité, et les élections emportées par une petite minorité de « beaufs » qui selon leur humeur balançaient d’un côté ou de l’autre… Le suffrage universel peut-il éviter de mettre la démocratie entre les mains d’une minorité incompétente ? Iconoclaste. Je sais. « Les français sont des veaux » disait De Gaulle. Il n’a rien fait pour que ça change. De même, les blogs politiques ne font réagir que ceux qui savent pour qui ils vont voter. Nous avons longtemps cru, Monique et moi, que seule l’éducation du peuple était réellement porteuse d’espoir. Y compris et surtout sur le plan politique (Ah… le « Changer la Vie » que nous chantions à plein poumons au Congrès d’Orléans !). Et il a suffit qu’un nabot réussisse à galvaniser la fameuse minorité flottante, pour que des dizaines et des dizaines d’années de travail des pédagogues soient jetées aux orties en une législature. Devant une gauche passive qui s’auto détruit dans des guerres intestines. Je n’ai plus ma place dans ce monde là.

Ce même soir, j’ai rencontré d’autres gens charmants. Oui, c’est ça. Charmants. Ils s’amusent comme des fous à avoir plus de votes ou un meilleur classement que le copain. C’est un jeu comme un autre. Ils écrivent de très, très beaux textes. A en être jaloux. Seulement voilà, ces textes ne me parlent pas. Dois-je feindre de m’y intéresser ? De me passionner ? Est-ce le prix à payer pour être « sociable » ? Ils donnent du « vous » à tout va et font des ronds de jambe à un vieux machin que moi, bien que l’ayant peu lu, je ressens comme assez puant… Dois-je rester dans la convivialité de bon aloi, alors que dix, vingt fois j’ai eu envie de lui voler dans les plumes à la lecture de ses commentaires ? Au passage, ces jeunes ont un charme fou. Et je devrais faire semblant de ne pas y être sensible, afin de ne pas choquer ? Ils jouent parfois à des plaisanteries pipi-caca d’un niveau qui ramène mes textes les plus softs à des brûlots sataniques… je devrais faire comme si de rien n’était ? Eux sont plus raisonnables. Ils ne me lisent plus. Je ne suis pas juste. J’aime vraiment beaucoup ce que l’un d’eux écrit. Malheureusement, le genre littéraire des « nouvelles » ne m’a jamais durablement accroché.

Je suis loin du sujet ? Je ne le crois pas. Au début, et jusqu’au départ de Monique, j’écrivais d’abord et surtout pour moi. Continuer ce blog serait écrire pour être lu. Rentrer dans ce système là. J’ai essayé. Je ne peux pas continuer.

 

Ah ! L’écriture… Je dois le reconnaître, il s’agit là d’un résultat dérivé imprévu, j’ai le sentiment d’un peu moins mal écrire qu’avant. Ou je supporte mieux ce que j’écris. Et je suis un peu moins étonné lorsqu’un commentaire fait allusion à la qualité de mon écrit. Bon. Il est vrai qu’au pays des aveugles les borgnes… Et dans l’univers de la toile… Je suis un bon borgne.

Seulement voilà. (Tiens, je trouve que ces jours-ci je mets le mot « voilà » à toutes les sauces. Ben, j’essaye de faire des constatations… Alors, voilà…) Seulement, écrire pour écrire, je n’en vois pas trop le sens. Je vois écrire pour exprimer des sentiments, pour quelqu’un ou pour soi-même. Je vois écrire pour être lu, ce qui suppose, d’une part penser avoir quelque chose à dire, d’autre part penser que l’on a les compétences pour le dire. Je vois écrire pour faire des réclamations, mais je n’ai rien à reprocher à personne. Même pas à Dieu, puisque ce couillon n’existe pas. Je vois écrire pour faire des rapports, mais pour ceux qui ne le sauraient pas, voici près de trois ans que je suis à la retraite, et qu’il n’y a plus un seul clampin sur terre pour ouvrir un œil sur un quelconque de mes rapports. Je vois écrire pour des poèmes ou des chansons, mais j’ai, s’il se peut, l’âme aujourd’hui encore moins bucolique que d’habitude. Je vois écrire pour laisser une trace, mais je pense qu’à ce jour, j’ai laissé bien assez de traces, et pour tous les choses sont claires. Et si j’ai quelque point à ajouter pour ma défense, je le ferai dans l’intimité de mon ordinateur, le PC de bureau ou le portable, on verra.

 

Car enfin, allons… Les choses doivent être dites, dans cet ultime billet. Je n’ai changé en rien. Même si depuis quatre mois je fais comme si. Pour faire plaisir.

Oui, quatre mois. Certains peut-être auront eu une petite pensée pour la date qui approche. Je ne voulais pas éditer ce billet le 16 quand même. Je ne suis pas morbide à ce point. Et de toute façon, tout le mois d’Avril est pour moi une période difficile. D’ici quinze jours nous aurions eu … 63 ? 64 ? 65 ans ? Je ne sais plus trop. Cinq jours et deux ans séparaient nos anniversaires. Souvent nous jouions  à le fêter une seule fois au milieu, en faisant la moyenne… D’autres années, nous en profitions pour nous le souhaiter trois fois… Une à sa date précise, le 24 elle aurait eu 65 ans. Une à ma date, le 29 j’aurai 63 ans. Et le dimanche 27 nous aurions pu fêter en famille, nos 64 ans… Je ne fêterai rien. Il n’y a rien à fêter. Tiens, si, je rajouterai des œufs sur ma pizza et je mangerai quatre rochers au chocolat au lieu de deux. Pour le chiffre 4. Six œufs, ça ferait beaucoup… Quoi que…

J’ai fait une promesse à Monique pour qu’elle parte en paix. Je ne partirai pas en même temps qu’elle, j’accompagnerai les enfants dans un deuil difficile. Cela m’impose des échéances. Régler le problème du crédit sur la maison. Régler plus globalement la succession, afin que, comme elle le souhaitait, les enfants n’aient rien à faire lorsque nous ne serons plus là. Régler l’organisation de ma sépulture. Je ne veux pas qu’ils revivent ce que j’ai vécu pour elle. Essayer de les mettre sur de bons rails. Là, j’avoue, je ne vois pas trop… Lisser, lisser les problèmes. Et puis je veux revoir ma famille, prendre le temps de dire à ceux que j’aime que je les aime. Mais des échéances. Pas des projets.

Une fois les objectifs atteints… Mais ceci n’est plus votre problème. Vous m’aurez oublié d’ici là. Juste vous dire que je suis calme, serein et paisible. C’est pas mieux comme ça ?

 

Ah ! Quelques petites choses quand même… Je ne voudrais pas laisser à penser tant soit peu que le blog est pour quelque chose dans mes choix de vie. La question abordée jusqu’à présent est bien simplement : écrire, pour quoi faire ? Aussi, un petit peu, c’est vrai : pourquoi faire semblant ? Le reste, ben, tout simplement, c’est moi. Rien que moi. Moi et les petits oiseaux…

Mon ami de 40 ans a disparu sans laisser de trace. Rien d’extraordinaire, je m’y attendais. Il ne fait plus semblant. Mais lorsqu’on sait, que l’on comprend, que l’on respecte ces choix, est-ce pour autant moins douloureux ? « On est responsable de ce que l’on apprivoise ». Je n’ai pas su être responsable.

Ma vie affective est inexistante.

Ma vie sexuelle est telle que je l’avais prévue. Lamentable. Je n’y suis pas encore, mais ça vient : une misérable araignée, blottie dans son trou, qui attend sans bouger pendant des heures qu’un malheureux moustique viennent se prendre dans sa toile. Ce qui ne peut guère se produire à l’époque des grandes technologies de l’information. Les moustiques sont hyper bien équipés, ils sont immédiatement prévenus de la présence de la moindre toile… Et puis quoi, pourquoi iraient-ils traîner n’importe où alors qu’ils ont le Marais fait pour eux. Interdit aux araignées.

Rajoutons pour améliorer le tableau que j’ai été incapable d’être à la hauteur lors des rares occasions qui se sont présentées. Diabète ? Deuil ? Atonie ? Qu’importe. Viagra ou pas, il n’y a plus personne au numéro demandé.

Oserais-je parler ici de mon corps, ce monstre que j’arrive de moins en moins à regarder en face ? Mesdames, messieurs, les uns comme les autres vous avez dû connaître ces vieux (non, anciens) vêtements que vous ne supportiez plus à force de les avoir trop portés. Pas ces pulls informes, tâchés et troués, distendus, mais que l’on a tant de plaisir à enfiler pour se pelotonner dedans auprès d’un bon feu de bois… Non, simplement ce costume, ce tailleur, encore très correct, que vous avez mis et remis dans de multiples circonstances et qui vous fait dire : « je ne le supporte plus, il me sort par les yeux !... » Vous faites quoi ? Dans le sac pour Emmaüs… Mon corps, c’est ce costume, en plus, tâché, troué, distendu. Même Emmaüs n’en voudrait pas. Au feu, vite.

Il m’a fallu plus de deux jours pour retrouver une démarche normale suite à une après midi de jardinage. Complètement cassé. Et ce prurit qui ne me lâche pas depuis mon voyage à Paris. Des boutons partout. Et ces mains gonflées et grossières qui parviennent encore à frapper sur le clavier. Quand même. Par chance. Et ces bajoues flasques envahies d’une barbe naissante que je n’ai plus le cœur de raser ; il faudrait que je me regarde dans la glace. Et ce ventre énorme et disgracieux, qui ne risque pas de s’améliorer avec le « régime » que je lui impose. Et cette gorge, peut-être guérie du cancer (que n’ai-je fait là !), mais complètement sabotée par les rayons. Voix de calisson, ou de fausset châtré ? J’arrête. J’ai pitié de vous, pauvres lecteurs.

 

Voilà. Je vais clore. Exit le blog du mec gay, marié et père. Je ne vais pas le détruire. Il y a peut-être un système où il s’autodétruira, après quelques semaines de silence. Je lirai, peut-être oui, peut-être non, vos réactions. Je n’y répondrai pas. Je disparais de la scène bloguesque. J’avais envisagé d’interdire les commentaires. Mais après tout pourquoi ? Cet espace devient un espace public, finalement. Il est à vous.

publié dans : Et maintenant ?
ajouter un commentaire commentaires (19)   
Samedi 8 mars 2008
Le téléphone sonne.
Je décroche. « Oui, Boby ? »… « Allo ?... »
-         « Salut… C’est Martial…
-         Martial ??
-         Oui… On s’est rencontré il y a une semaine…
-         Martial… Le Martial du Pub Irlandais, à Saint Ouen ?...
-         Oui…
-         C’est pas vrai… D’où appelles-tu ?...
-         Ici, enfin, là, à Arles…
-         NON !! Tu es descendu dans le Sud ?
-         Oui, j’accompagne un copain qui avait à faire ici…
-         C’est pas possible. Il faut qu’on se voie ! Où es-tu ?... »
 
Et de m’indiquer le bistrot. Et de me précipiter le retrouver. Boire un pot. Lui proposer de continuer la conversation à la maison. Ce qu’il accepte bien volontiers…
Et moi de le dévorer des yeux pendant que patiemment assis sur le canapé il attend que j’ai fini de préparer l’apéro et les amuses gueules… Sa belle petite gueule lunaire aux traits si doux et si harmonieux dans leur rondeur. Ses yeux à la fois rieurs et candides. Son sourire doux et enjôleur découvrant cependant légèrement une mâchoire de carnassier à l’alignement parfait d’une blancheur impeccable… Sa brosse extra courte évoquant discrètement une blondeur parfaitement en accord avec son teint laiteux et sa peau douce et régulière de jeune adulte épanoui… Ses bras puissants, aux muscles qui coulissent sous cette peau si fine, les biceps enserrés dans les manches courtes d’un polo hors de saison qui moule une poitrine d'athlète et flotte sur un ventre que l’on devine ferme et plat… Ce pantalon de jogging improbable, trop grand, qui enserre une taille étroite, successivement suggère et dissimule un petit fessier musclé, et souligne, involontairement bien sûr, une protubérance frontale qui rend mes gestes incertains…
Et assis tous les deux sur ce vieux canapé mis à mal jadis par nos chats turbulents, une conversation s’engage, anodine, affectueuse, puis intime, intimiste, tendre, troublée, troublante… Ma main se pose sur ses genoux, nos visages se rapprochent, nos lèvres…
 
Cela ne se peut… C’est un rêve éveillé, qui revient, lancinant, douloureux, apaisant…

undefined
 
J’ai rencontré Martial pendant le concert samedi. Nous étions arrivés en retard, et une fois faite la rencontre avec Yo, tous s’étaient précipités à l’intérieur pour participer à la fête. Moi, après avoir pris la température du lieu, j’étais ressorti pour ma sempiternelle bolée de tabac et pour attendre ma fille qui devait nous rejoindre. Les cigarettes se sont succédées…
A l’occasion d’une pause de l’orchestre, quelques consommateurs sont sortis fumer, et je l’ai vu. Tétanisé par autant de beauté tranquille et de fraîcheur. Il s’est fait alpaguer par un vieil ivrogne qui ne tarissait pas d’éloges incohérents sur ce groupe : « C’est des français, je t’assure ! », puis, je ne sais par quel raccourci a continué dans un éloge dithyrambique sur Sarkozy… A quelques pas, je me marrais seul, continuant à dévorer le bel éphèbe des yeux. Il m’a vu, et, lassé d’essayer de faire entendre raison à l’orateur aviné, pour le fuir, il est venu rigoler avec moi. Nous avons échangé nos considérations quelques minutes.
undefinedSa tenue ultra légère dans le froid vif d’un hiver revenu, m’a donné prétexte à caresser ses bras nus en lui demandant s’il n’avait pas froid. La complicité est venue. Je ne sais pas dire pourquoi. Nous avons bien discuté. Je me suis enquis de son âge, de ce qu’il faisait. Il est du sud. Un peu plus bas sur la côte. A Paris pour le boulot. Il est retourné vers le concert. Chaque fois que nos regards se croisaient, il me faisait un petit signe. Comme à un bon copain. Je l’ai observé approcher puis essayer de brancher une jeune spectatrice de son âge. Visiblement le courant est passé entre eux. A plusieurs reprises ils ont cherché un peu de calme pour mieux échanger… L’apercevant seul, je suis allé lui demander si ses affaires avançaient… Un sourire éclatant, les yeux pétillants de malice, il mit un doigt sur ses lèvres, « Chut… » en m’indiquant du menton qu’en fait elle était tout près… Ainsi dura notre jeu pendant le concert. Je ne me suis pas rassasié de l’observer, sachant bien qu’une fois le dos tourné, je ne le reverrais plus jamais…
Mais je n’ai pu m’empêcher en partant d’interrompre son tête à tête en lui glissant un bout de papier avec mes coordonnées… « On ne sait jamais … » Il a souri en me promettant, de me contacter lorsqu’il redescendrait dans le sud… Promesse d’ivrogne, mais qui me permettrait de rêver, comme aujourd’hui…
 
Après le concert, nous avons voulu aller boire un dernier pot à la Bastille. Ce ne fut pas sans peine. J’étais ahuri par la foule invraisemblable, même pour un samedi soir, qui rendait notre progression dans les ruelles improbable. Enfin, après plusieurs échecs, nous avons trouvé un pub où la musique était supportable et où nous avons pu nous serrer autour des deux tables restantes. Ce groupe surprenant, hétéroclite dirait Dorham, avait visiblement plaisir à être ensemble. Mais les communications, dans ce brouhaha impossible restaient aléatoires. Lassé de tant de bruit, ma toxicologie devenait salvatrice. Je me suis replié vers l’extérieur.
Je réalisais enfin la signification d’une telle foule dans les rues, que j’avais rarement vue en dehors des fêtes, nationale ou de la musique. Les nouvelles lois anti tabac suppriment la convivialité de ces rencontres autour d’un pot. La socialisation et le plaisir vont dans la rue…
Solitaire, je m’étais réfugié dans un coin où je ne gênais pas trop le va et vient entre l’intérieur et l’espace fumeur. Je rêvais encore, déjà, à Martial.
undefined« Vous avez du feu ?... » Surpris, je levais les yeux vers celui qui venait de me poser la question avec un fort accent étranger. J’ai dû rester bouche bée quelques instant. En me demandant ce que j’avais fait au Bon Dieu pour… Le jeune mec était à tomber sur le cul. Splendide. Grand, athlétique, élancé. Des yeux magnifiques, profonds comme un lac, limpides comme une eau de source… Enfin, presque. Les vapeurs d’alcool limitaient quelque peu leur transparence… Un beau visage mâle, viril. Un sourire et une attention qui semblaient le porter vers l’autre. Un gars qui visiblement aimait à communiquer.
Nous avons d’ailleurs engagé une conversation qui aurait pu durer des heures. Petit à petit j’apprenais tout. Américain ayant obtenu une bourse d’étude d’un an en France pour apprendre l’histoire de notre pays. Adolescent, un séjour dans le sud qui lui permit de suivre une année de scolarité et apprendre aussi bien notre langue qu’il prononçait comme s’il savourait un bonbon rare. Sa vie communautaire à Paris, avec d’autres copains étudiants étrangers. Il ne semblait pas davantage se lasser de me poser des questions, d’où j’étais, ce que je faisais à Paris, quel(s) avai(en)t été mon (mes) métier(s)… J’étais tout tendu vers cette nouvelle découverte. Cette rencontre improbable.
Yo était sorti. Il me cherchait. Il a fini par nous retrouver dans notre petit coin discret. Il a bien ri… « C’est pas vrai !... » Alors que nous échangions quelques mots, une horde est sortie, riant et jacassant haut. Les copains de mon petit (grand !) Ricain. Il nous fit les présentations. L’italien, (mignon tout plein, j’en connais qui ne se serraient pas fait prier…) l’autrichienne, la suisse, trois canadiens, une allemande, d’autres encore, je ne sais plus. Certains nous entouraient, d’autres attendaient un peu plus loin que la plaisanterie se termine. Ils voulaient aller finir la soirée en boîte…
Il s’est fait prier par ses amis. Je n’ai pas rêvé ses hésitations à nous quitter. Il y eut même un moment intense, où je me suis vraiment demandé s’il n’allait pas leur dire de partir sans lui… Je n’en ai pas profité pour lui glisser un bout de papier. J’y ai pensé ! Mais trop, c’eut été trop, et je me serais senti particulièrement ridicule à mes propres yeux.
Après leur départ, Yo se mit de nouveau à rire… « Tu es intenable, on ne peut pas te laisser seul cinq minutes !... » Je minaudais : « Mais j’ai rien fait, c’est lui qui est venu me parler !... » Et c’était vrai. Yo ne s’est pas étonné de cette facilité avec laquelle les gens m’adressaient la parole. Il semblait même plutôt l’envier. J’étais incapable de lui en donner une explication logique et rationnelle. C’est ainsi, et je n’en tire, dans les faits, aucun bénéfice.
 
Cela devrait ? Cela ne se peut.
 
Je suis vieux, gros et laid. Les gens aiment ? Moi, pas du tout. Je me déteste.
Au tout début de nos échanges, W. m’a dit combien mon attirance vers les jeunes et beaux garçons que j’étalais sur ce blog le gênait profondément. J’ai cru devoir me défendre. Mais je dois bien regarder la vérité en face : si j’abhorre et condamne toute perversion mettant en cause des enfants, mes élans ne m’entraînent que vers les jeunes hommes virils et sensuels. Une ride, quelques cheveux gris, une petite bedaine, sont immédiatement rédhibitoires… Et qu’ai-je à offrir en contrepartie ? Un corps lourd et flasque privé de sport depuis des années, un visage usé et affaissé, un crâne en voie d’être chauve, où les rares cheveux survivants tombent comme de la filasse… Un manque d’à propos digne d’une salle de réveil dans un hôpital, et une culture qui… Bref, la définition : ce qui reste lorsque l’on a tout oublié…
 
Cela ne se peut. Et je le sais bien. La soirée de samedi dernier fut sur ce point particulièrement éprouvante. Cela m’apprendra à sortir avec des jeunots ! Du Kremlin où je croisais de jeunes adultes, plutôt avantagés physiquement, sains et bien dans leur peau d’hétéros assumés et heureux, au concert où le trombone était à tomber par terre, Yo à damner plusieurs saints malgré toutes leurs contritions, Martial à me bouffer le moral pour plusieurs décennies et pour finir ce satané Ricain qui m’aurait fait entrer en enfer en dansant la farandole… C’était beaucoup pour un homme à la chair faible comme moi…
Qui n’avait rencontré personne de signifiant depuis plus de quatre ans.
 
Pour relativiser mes accusations de machisme (supputé) dans un de mes derniers billets, une amie (chère !) me faisait remarquer que : « Les hétéros les plus tolérants reprochent souvent aux gays leur ‘’rentre-dedans’’ sans nuance… » C’est vrai, je le concède. La critique du machisme semble bien mal venue, après les quelques lignes que je viens d’écrire. Pour notre (ma) défense, je dois dire que si les hétéros, de par la loi de l’offre et de la demande, ont de bonnes raisons d’espérer voir leur attente couronnée de succès après des délais raisonnables (délais d’ailleurs bien courts pour certains. Injustice !), nous, les gays, avons bien peu de chance si nous ne forçons pas un minimum le destin. Avec d’ailleurs parfois des remerciements. Après.
 
Au fait, pourquoi ai-je écrit tout ça, moi, aujourd’hui ? J’ai comme l’impression de m’être laissé emporter par ma plume, ou le clavier… Ce matin, j’étais assis sur le canapé, incapable de rien entreprendre, regardant les moutons de poussière voleter dans le courant d’air de la baie entrouverte. La table du petit déjeuner encore mise, désespéré de voir la maison ainsi se dégrader. Me réfugiant dans des rêves impossibles, je pleurais en silence. Cela ne m’était pas arrivé depuis mon départ pour Paris. Je me suis enfin levé en disant à haute voix : « Au moins, il faut que je l’écrive… » Je n’ai quitté l’écran que pour engloutir un sandwich... Et ça a donné ça…
 
Je le savais trop bien, ce qui m’attendait lorsque j’ai finalement décidé de continuer un peu. Je m’étais dit que j’étais un dur, que je saurais faire face. Aussi dignement que si l’intérêt supérieur de la nation était en jeu. Tu parles… Avec en plus, à propos de nation, et ça n’aide pas, cet avorton qui arrivé au sommet de l’état grignote au grand jour tout ce qui de près ou de loin ressemble à une valeur populaire… Et qui ricane en plus,  style : « Vous m’avez voulu, vous m’avez… Pour quatre ans encore ! »…
Je le savais trop bien, mais on ne peut imaginer le pire. Cela ne se peut. Et le pire est en train de m’envahir : le néant. Le vide total. Oh, rien de bien méchant. Aucune agressivité. Juste le genre : « Il est sympa ce type là. J’ai passé un bon moment à discuter avec lui… ». Rien d’autre. Justement, rien d’autre.
 
Je rassure qui aurait besoin d’être rassuré. Je tiendrai. De douces échéances, de ci, de là, à Pâques notamment ; des engagements que je ne saurais pas ne pas tenir, régler les problèmes, laisser une situation saine et éclaircie à mes enfants, vont m’aider à tenir le cap.
Mais ne me parlez pas de projet. J’avais une seule vrai raison de vivre. Elle n’est plus.
Je survivrai. Ne m’en demandez pas davantage.
Cela ne se peut.
publié dans : Et maintenant ?
ajouter un commentaire commentaires (7)   
Blog : Sport sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus