Nota :

Ils s'aiment...


C'était un an avant ma naissance...
Un an seulement...
Les jeunes (et les autres...)...
Secouez-vous nom d'un bordel !!!
.

Pour être un peu moins sérieux...
J'ai aimé aussi !
...
Mettre un petit sourire dans ce blog par trop morose...

 

Ici aussi j'ai bien ri...
Mais une autre forme de rire, voyez-vous...

 


 

Bonjour...

 
Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.


Quand même, pour une meilleure compréhension,

pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.

(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)

 

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Qui je suis

  • : Boby
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  • : 29/04/1945
  • : ARLES
  • : Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours.
Mardi 1 avril 2008

J’aurais pu me lever de bonne heure comme dans le temps. Ecouter un instant Monique reposer en paix après une nuit agitée, puis, sur la pointe des pieds venir m’asseoir ici au bureau, pour consulter mes messages et les billets des copains, en attendant l’heure de préparer le petit déjeuner.

J’aurais pu. Mais je me suis levé à neuf heures et demi, après m’être demandé si ça valait vraiment le coup, et, sans un regard pour la pile d’oreillers qui ramène l’espace de ce grand lit au seul qui me soit utile lorsque je laisse tomber mon corps encombrant dans un sommeil lourd et borné…

J’aurais pu donner à manger aux oiseaux pendant que le café passait, et faire une table accueillante avec d’odorantes tartines grillées pour elle.

J’aurais pu. Mais j’ai jeté un œil sur l’écran pendant que le café passait, c’était bien suffisant, il n’y a rien à voir. Et j’ai oublié les oiseaux. Ils ne viennent même plus cogner à la fenêtre. Et j’ai bu vite fait mon café, sur un coin de la table de la cuisine que je n’avais même pas débarrassée de ses miettes de la veille au soir. Le verre était toujours là, bien suffisant pour les quelques médicaments à prendre, pourquoi salir inutilement de la vaisselle ?

J’aurais pu aller mettre un peu d’ordre dans l’appartement du rez-de-chaussée, toujours en attente depuis les dernières visites.

J’aurais pu m’attaquer à la pile de linge à repasser. J’ai eu le courage de faire les lessives juste après leur départ. Et depuis…

J’aurais pu aller arroser toutes les plantes en attente dans l’annexe qui fait office de serre pendant l’hiver. Elles ont soif. Elles me l’ont dit : le citronnier n’a plus que trois ou quatre feuilles, et ses deux gros énormes citrons ridicules. Pourquoi deux ? Il n’y en avait plus besoin que d’un.

 



J’aurais pu aussi ressortir toutes ces plantes qui ne voient le printemps qu’à travers les vitrages. Les nettoyer, les rafraîchir, leur redonner leur place de la belle saison. J’aurais pu.

 

 

 

J’aurais pu tailler mes deux oliviers qui ont poussé démesurément, de façon indécente l’année passée. J’aurais pu. Mais c’était elle qui taillait. Elle avait le style et la main verte. Moi, je tue tout ce que je touche. Tout.

J’aurais pu mettre un peu d’engrais aux lantanas qui peinent à démarrer. L’année dernière, ils dépassaient la balustrade. Mais c’est moi qui ai dû les tailler à l’hiver.

J’aurais pu m’occuper des mauvaises herbes de la plate-bande de devant, des lavandes en train de mourir parce que non traitées, des canas encore étouffés par leurs feuillages de l’année précédente, des lauriers non taillés courbés par les cosses des fleurs de l’année passée, de désherber les allées, la roubine, de tondre le coin de pelouse moribond, de…

J’aurais pu. Mais je n’ai pas.

J’aurais pu m’attaquer aux nombreux bricolages qui devraient être faits avant l’été. Au cas où je serais contraint à envisager une location. J’aurais pu prendre des mesures, aller au magasin de bricolage préparer les devis, mettre de l’ordre dans mon atelier devenu immonde. J’aurais pu. Mais je n’ai pas.

J’ai traîné ma misère, pris ma douche à treize heures, mangé à quinze, et je suis sorti. Sorti pour sortir. Pour fuir le vide et le retrouver, encore pire, encore plus sordide, dans les chemins creux. J’aurais pu rencontrer un brave garçon, donner et recevoir de la tendresse.

J’aurais pu, qui sait. Mais je n’ai pas.

 

J’aurais voulu rentrer à la nuit tombée, mais elle vient bien tard, ici, dans le sud, avec la nouvelle heure. Alors je suis rentré quand il faisait encore jour, comme les autres, comme ceux qui reviennent du travail. J’aurais encore pu faire des choses. Jardiner, ranger, bricoler. Comme ceux qui reviennent du travail. Mais je n’ai pas.

J’ai vu la fin des infos, la météo, de la pub, un téléfilm insipide que j’avais déjà vu, et je viens là, faire un petit bilan en buvant un dernier café, avant de me laisser de nouveau tomber sur le lit.

A part ça, ça va.

 

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Mercredi 26 mars 2008

Je me suis surpris à utiliser trop fréquemment ce terme tellement éloigné de mon vocabulaire habituel. Improbable. Je ne m’étais jamais attardé sur les choses peu vraisemblables, ou douteuses. J’étais plus volontiers un adepte de la chanson de Zanini : « Tu veux ou tu veux pas ? ». L’improbable, je le laissais sur le bord du chemin. J’avais autre chose à faire que de prendre le risque de perdre mon temps…

Je sais. J’ai dû passer à côté de beaucoup de belles choses. Je sais. Je n’arrive pas à le regretter. Ce serait une autre perte de temps.

 



Zanini Tu veux ou tu veux pas


 

 

 

Mais aujourd’hui, choisir de briser le virtuel, c’est aller à la rencontre de l’improbable.

Oh, je commence juste à effleurer cette réalité là. Je tends les bras, allonge désespérément mes membres et mes phalanges, et la pulpe de mes doigts sent le frémissement de cette vérité sans que je puisse encore l’appréhender. J’avance doucement sur le chemin de la patience, j’approche du carrefour de la tolérance…

Hé bien oui, je dois le dire. J’ai été tout, sauf tolérant. Moi, le militant convaincu des droits de l’homme, du droit à la différence, adepte même du principe réfléchi du droit à l’indifférence positive… Porte-drapeau des luttes anti-racistes, des combats identitaires, des droits de toutes les minorités. Intellectuel en diable. Moralisateur imbu de son bien-penser, jargonneur des combats évidents, défenseurs de libertés de moins en moins remises en cause par tous ceux qui ont un minimum d’humanité et de sens républicain…

Mais là, ici, au quotidien, dans les situations les plus banales. Le classé « pilier de bistrot » n’a droit qu’à toutes mes foudres sentencieuses (Nicolas, pardon…), le petit ventre rond ou le crâne dégarni n’ont aucune chance de me séduire, la femme banalement hétérote ne reçoit que mon indifférence polie, le handicapé subit une attention et une amabilité condescendante. J’arrête. La liste serait trop longue.

Merci le virtuel.

Pas n’importe lequel. Les tchats de drague sont trop souvent la négation même des différences. Les annonces sont stéréotypées, les présentations faussées, les photos truquées. Ce n’est pas la quête de l’autre, c’est la chasse aux fantasmes.

Merci les blogs.

Là, qu’importe ce que veut dire et faire passer l’auteur. Qu’importe qu’il se bâtisse un personnage conforme à ses rêves les plus fous. Qu’importe qu’il mente ou qu’il fabule. Qu’importe qu’il soit proche ou dans la schizophrénie. Dans la durée, rien ne résiste au verbe. Il croit balader le lecteur, et à un moment ou à un autre il finit par se livrer nu, dans toute sa fragilité… Ou sa puissance.

Alors, lorsque l’on apprend à connaître ainsi, au fil de l’eau, touche par touche, billet par billet, silence après silence, humeur après humeur, rire après rire, on sait. On prend possession de la vraie profondeur de la personnalité. Ou bien la page est tournée. Depuis longtemps.

Alors les affinités sont des évidences. Alors on ne peut être surpris d’être si bien, si confiant, si sûr du bien-fondé des retrouvailles. Alors les rencontres peuvent être, et deviennent improbables. Car notre regard sera peut-être, sans doute surpris. Mais seulement le regard !

Car la connaissance est venue de l’intérieur. Et qu’importe l’enveloppe !

« On ne connaît bien qu’avec le cœur »… disait le Renard.
Monique, tu avais raison.








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