Quand un Homo se marie

Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 13:28
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Tu le sais, c'est mon avenir professionnel qui me fait le plus peur. Même si je ne suis pas entièrement satisfait de ce que j'ai fait jusqu'à présent, toute ma vie a été orientée vers cette action en faveur des jeunes, et particulièrement des jeunes les plus défavorisés. A part toi et les enfants, rien ne comptait plus au monde.

Si on me prive de la possibilité d'exercer mon métier, je serai plus perdu, plus handicapé que si l'on me coupait une main ou si je perdais la vue. C'est atroce et injuste.

Mais surtout, je risque de n'être plus qu'une épave. En dehors de l'éducation, je ne suis rien, rien ! Je ne sais rien, je ne connais rien. Je ne suis bon qu'à être manœuvre ou chômeur. Pourtant, quelle que soit la suite donnée à cette affaire, il faudra que je vous aide à vivre, que je survive moi-même.

C'est pour cette raison que je veux à tout prix garder encore l'espoir. La vie ne peut pas être aussi cruelle. Les juges ne pourront pas ne pas tenir compte du fait que l'on n'a rien à me reprocher sur le plan de mon travail. Je ne peux pas douter du fait que toute équivoque sera levée. Oui, je garde encore un certain espoir.

 

Si, finalement, les juges n'inscrivent rien à mon casier judiciaire, l'administration ne me rayera peut-être pas de ses effectifs malgré la dureté de la détention préventive. Mais quelle décision prendront-ils alors ?

Mutation d'office ? Certainement. Mais où ? Je ne me sens pas prêt à accepter de partir n'importe où, et surtout dans le Nord. Tu le sais, je suis attaché à cette Région parisienne où se trouvent tous ceux pour qui j'ai quelque sympathie. Et ce n'est qu'ici que nous pourrons trouver facilement les intervenants extérieurs qui puissent nous aider à faire surface.

J'ai aussi imaginé qu'ils pourraient me muter dans un emploi où je ne serais pas en contact avec les jeunes : les écoles d'éducateurs, l'Administration Centrale ou le Centre de Recherches, où ils m'affecteraient à un emploi administratif. Je serais prêt à l'accepter, trop heureux de rester dans un service public.

Car, si les circonstances m'écartaient du Ministère tout en me permettant d'être éducateur dans le privé, certes, je serais heureux de continuer à travailler pour les jeunes, mais j'en aurais gros sur le cœur d'entrer dans le privé, après avoir passé une bonne partie de mon existence à lutter contre et à défendre les services publics. Comme les choses sont compliquées, j'étais loin de seulement imaginer qu'un jour un tel dilemme puisse me déchirer.

Je ne bâti pas des rêves irréalistes. J'essaye d'imaginer toutes les solutions possibles afin d'être prêt à y répondre, tout en sachant que finalement cela risque d'être, comme souvent, encore une autre possibilité qui sera retenue.

 

Pourtant, vu la tournure des événements, je suis obligé d'envisager également que les sanctions qui seront prises contre moi pourraient m'interdire d'exercer ma profession. Il faudra bien alors que je me recycle. Si une telle chose arrive, ma chérie, tu comprendras que je ne puis supporter l'idée de faire le restant de ma vie, un travail qui me déplaise. Il faudra pourtant que je subvienne du mieux possible aux charges qui nous incombent.

 

 

 

Dès ma sortie de prison, je compte me rendre à l'Agence Nationale pour l'Emploi (sans attendre le jugement) afin d'étudier avec un conseiller les possibilités qui me seront offertes. Je pense entre autre à des stages pour adultes qui me rouvriraient les portes de l'industrie. Tout ce que j'ai pu apprendre en technique est loin, loin... Mais je pense que je pourrai reconstituer un bagage qui me permette d'occuper un emploi raisonnable.

 

Si, pour gagner notre vie, je suis prêt à accepter provisoirement de travailler dans une entreprise, je ne peux me résoudre à m'en contenter. Parallèlement j'entreprendrai d'autres choses. Je pense entre autre à des études. Je pense aussi tenter ma chance vers des voies artistiques qui, adolescent m'avaient beaucoup attiré, et que je n'ai jamais oubliées.

J'ai compris, pendant ces longues semaines, combien il était difficile de traduire par des phrases les choses que l'on éprouve, et encore, je parlais de ce que je connais le mieux. Point positif, pour la première fois je parviens à mener au bout l'une de mes entreprises. Le résultat ne me satisfait pas, mais il existe. Et je voudrais ne pas m'arrêter là. Ma vie ne mérite pas de publicité, mais à partir de cet écrit j'ai envie d'essayer de produire quelque chose. Il me faudra des mois, peut-être plus d'un an. Je dois apprendre à écrire. Peut-être le jeu en vaut-il la chandelle. Peut-être n'est-ce qu'une utopie. Peut-être... Je ne le saurai qu'en essayant. Et je ressens profondément le besoin d'essayer.

Il y a aussi la photo, que j'ai laissé tomber depuis des années. J'obtenais quelques résultats. Pourquoi ne pas les exploiter ? Le cinéma aussi a également été toute une partie de ma vie...

Suis-je destiné à ne connaître que la malchance ?

Surtout, ne va pas penser que je suis repris par mon orgueil immodéré, et que je construis là des châteaux en Espagne. Je ne veux pas me faire d'illusion. Mais si je dois abandonner mes activités pédagogiques, si je dois me rabattre vers un emploi routinier et inintéressant, j'aurai besoin de ces activités parallèles pour tenir le coup. Toujours pour survivre.

 

Tu le vois, notre vie promet de ne pas être facile, et nous n'avons pas fini de courir. Car dans tous les cas, je ne serai plus le maître de mes horaires. Je partirai sans doute tôt le matin, pour me remettre à un autre travail en rentrant à la maison. Aurons-nous la force et le courage de tenir jusqu'au bout ?

 

Tout ceci suppose également que j'abandonne tous mes autres chevaux de bataille, y compris ceux qui ne me seraient pas interdits. Fini de militer tous azimuts. Les associations, les Centres, la municipalité, la politique, les parents d'élèves, fini.

Maintenant il ne reste plus qu'une priorité vitale : reconstruire notre foyer, nous refaire une vie possible qui permette à nos enfants de continuer à s'épanouir comme avant. Pour cela je dois penser à nous, à moi. Le reste, au Diable !

J'écarte tout ce qui avant comptait énormément pour moi, sans regret, d'autant plus que loin de m'aider dans le drame actuel, j'ai l'impression au contraire que tout se retourne contre moi. Je rêvais de changer le monde. Maintenant je dois être plus modeste, je ne rêve plus que de changer ce qui n'allait pas dans notre foyer. Je ne pense plus qu'à sauvegarder et épanouir notre bonheur.

Dans le rythme infernal qui nous attend dans les prochains mois, si je peux arracher quelques instants pour militer, ce sera en faveur de la cause homosexuelle. Nous ne pouvons pas assister indifférents à de telles injustices.

 

Pendant ces longues semaines, j'ai aussi pensé à ma famille, tu t'en doutes. Mais comme te l'a dit Papa, nous nous sommes tout dit. Alors, si je n'ai aucune raison de leur en vouloir, je n'ai nous plus aucun désir de me raccrocher à eux à tout prix. Je ne compte pas retourner là-bas pour le plaisir. A la mort de Maman, j'ai senti les ponts se couper. Dans Sylvette, je ne reconnais plus la Sophie de mon enfance. Papa n'est qu'un vieux lubrique égoïste. C'est le souvenir que je garde d'eux que j'aime, non eux. Comme je ne reconnaissais rien de Maman, en dehors de ses cheveux argentés, dans la grabataire que j'allais voir à l'hôpital.

Je sais que je pleurerai à l'enterrement de Papa, comme j'ai pleuré à celui de Maman. Mais je ne désire pas engager avec eux des discussions inutiles et stériles. Si Papa monte à Paris, nous le recevrons. Nous ne descendrons pas chez nous. Et j'en ressens comme un soulagement.

Ma détention doit être pour beaucoup dans la coupure de ces ponts branlants. Depuis des semaines je pense presque exclusivement à vous, aux enfants. Eux seuls comptent, car ils sont la vie. Je suis prêt à tout sacrifier pour réussir à ce qu'ils vivent une vie épanouissante. Non pour qu'ils vivent ce que nous n'avons pu être. Je ne tombe pas dans ce travers qui étouffe les personnalités au lieu de les développer. Je crois que je les aime assez pour les aimer pour eux et non pour moi.

Nous avions réussi dans cette entreprise jusqu'au 6 octobre. Nous devons pouvoir la poursuivre avec succès. Je suis prêt pour cela.

 

Voila le chemin plein d'embûches que je te propose. Voila la vie sans grand idéal qui nous attend.

Tu as le droit de la craindre, de la refuser. Nul ne pourra t'en vouloir, et certainement pas moi. Tu peux choisir de tenter une autre bataille seule. Je ferai tout mon possible pour que tu réussisses.

Voila, je mets le choix dans tes mains, celui que tu feras sera le bon.

Tout ce que je peux dire, en conclusion ou en préambule, c'est : je t'aime, je vous aime tous les quatre à en mourir. Et c'est pour cela que, quoi qu'il arrive, je survivrai. Pour vous.

 

 

 

 

Voilà. Tous ces rêves et fantasmes sont en grande partie tombés à l’eau. Je ne devais sortir de prison que six mois plus tard, complètement détruit, ne croyant plus à rien.

Je n’avais plus le droit d’exercer mon métier, où j’avais pourtant été irréprochable.

J’ai pu rebondir. Grâce à la patience et à l’attention de Monique. Nous avons ramé. Nous avons réussi à rester fidèles à nous-mêmes et à nos principes.

J’ai toujours douté de ma puissance sexuelle. Avec ma femme comme avec mes jeunes amants. Je suis resté ce que l’on appelle un " mauvais coup "... Mais j’ai continué à avancer. Tête baissée. En bon taureau... En essayant de ne jamais être lâche. Je n’ai jamais pu mener à bien un travail sérieux d’analyse, malgré de longues années avec un ou deux rendez-vous par semaine avec un psychanalyste...

Certains jugeront. Plus ou moins bien. Mais je pense que je n’ai pas à rougir de ces trente années. J’espère surtout que ce sera l’opinion de mes enfants.

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Vendredi 23 novembre 2007 5 23 /11 /Nov /2007 13:01

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Je pourrais te promettre que tout est fini, que maintenant, après ce coup de semonce, nous allons pouvoir construire un vrai bonheur, et être heureux sans craindre une "rechute". Je pourrais également t'affirmer qu'à part quelques incartades sans conséquence nous allons bâtir une vie riche où nous pourrons concilier mon désir de justice, ma volonté de prendre en compte le problème homosexuel, notre amour, et le bonheur de nos enfants. La société n'est pas prête à accepter ce genre de situation. Je ne peux te laisser croire à la possibilité d'un pareil bonheur.

Ce serait faux. Ce serait lâche et égoïste.

 

Voila tout ce que je ne t'avais pas dit, tu n'ignores plus rien. Cette centaine de feuillets n'a certainement pas été toujours facile à lire. Tu as découvert un monde, un homme que tu ignorais. Ta vision s'est transformée aussi. Il y avait des choses que tu amplifiais, que tu dramatisais, alors qu'elles n'en valaient pas la peine. Il y avait celle que tu ne soupçonnais même pas et qui conditionnaient notre vie de couple. Qui étaient cause des difficultés qui se mettaient en travers de notre route.

 

 

 

 

 

Voila. Je suis soulagé de m'être ainsi mis nu devant toi. Enfin débarrassé des oripeaux qui nous maintenaient éloignés l'un de l'autre.

Voila tout ce qu'il fallait que tu saches pour qu'après ce drame nous puissions essayer de reconstruire quelque chose. Si tu le désires. Pour qu'après mûre réflexion, tu puisses enfin et en toute liberté choisir ton avenir.

En laissant reposer sur toi seule la décision, je ne veux plus être lâche et égoïste. Je suis prêt à assumer mes responsabilités dans tous les cas. Nos enfants sont trop petits pour choisir, mais je veux que toi, tu puisses être libre de choisir la route qui sera pour toi la moins douloureuse. La moins douloureuse, car je sais bien que je ne peux plus te proposer que malheur et chagrin ou chagrin et malheur.

Si tu acceptes mon amour malgré les craintes justifiées que notre avenir peut t'inspirer, alors je ne veux pas repartir sur des bases fausses qui voueraient notre tentative à l'échec, de façon plus ou moins rapprochée. Maintenant que tu sais tout sur moi, nous pouvons réfléchir à ce qu'il nous reste à faire, c'est à dire tout.

 

Je t'aime. Oui, je peux prononcer sereinement ces mots. Je t'aime toujours autant. Je t'aime même davantage. Chacune des rides que mon inconscience et mon inconstance ont gravées sur ton front te rendent plus chère. J'aime ton corps resté si ferme et si gracieux malgré les souffrances qu'il a subies. J'aime ton cœur si entier, si absolu. Je t'aime et depuis plus de deux mois je te cherche, je t'espère. J'attends de pouvoir te serrer dans mes bras, de pouvoir sentir sous mes lèvres ta douceur et ta chaleur. Oh, je ne m'illusionne pas ! En revenant auprès de toi, j'entraînerai toujours mes fantasmes, mes appréhensions, mes terreurs.

J'essaye parfois d'imaginer ce que seront ces premiers instants. Mais je fuis aussitôt ces rêves que je sais immatériels, et qui ne tiennent pas compte de la réalité de mon corps. Je suis l'esclave de celui-ci, et malgré tous mes désirs et toutes mes volontés, c'est lui qui commandera.

Il est le maître, mais je ne puis tolérer que ceci dure encore longtemps. Je suis prêt à tout pour retrouver mon entité, pour que plus rien ne s'interpose entre nous et notre amour. Et maintenant je le sais, tu ne peux pas ne pas en être convaincue, nous ne parviendrons à rien sans une aide extérieure.

 

Quels que soient les problèmes financiers que cela entraînera, quelles que soient les contraintes matérielles que de telles démarches nous imposeront, je désire dès que possible affronter le problème par deux côtés à la fois :

- D'abord, tenter de prendre conseil auprès d'un médecin sexologue. Le docteur B. doit pouvoir nous en indiquer un sérieux et compétent. Je n'espère pas de miracle, mais maintenant je ne puis accepter de ne rien tenter. Ces consultations auront l'avantage de concilier ma demande propre, la tentative de guérison de ma relative "impuissance", et la tienne, c'est à dire entreprendre quelque chose au niveau du couple. Car je crois savoir qu'il est possible et même souhaité que les deux partenaires participent au travail de réflexion.

- Conjointement, je crois maintenant indispensable de commencer une thérapie personnelle. Dans quel sens ? Je ne sais pas encore.

 

 

 

L'analyse continue à me faire peur, surtout par le temps nécessaire pour la mener au bout. Six-huit ans. Ne sera-t-il pas trop tard alors ? J'ai vaguement entendu parler d'autres techniques, et je pense poser la question à Dominique M. qui, en tant que psychologue, m'avait semblé au courant de pas mal de méthodes.

Une chose est certaine, je ne dois plus repousser à toujours plus tard, la prise à bras le corps de mes, de nos difficultés. Quel que soit mon avenir professionnel, je devrai réagir tout de suite, et j'espère que tu m'y aideras.

Comprends bien quelle est ma démarche. Il ne s'agit pas pour moi de nier ce que je suis et d'espérer me transformer en homme "normal". Je ne désire pas rentrer à tout prix dans le "moule". Je veux rester convaincu que notre amour ne souffrirait pas d'une liberté librement acceptée par chacun de nous. Je ne crois toujours pas à la notion judéo-chrétienne du couple. Une aventure belle et saine, passagère, occasionnelle, n'aurait rien d'extraordinaire dans le cadre de la libération des mœurs que nous connaissons.

Voila. Je t'aime, tu le sais, mais je ne veux plus te raconter d'histoire (pour autant que je l'aie jamais fait), je ne veux plus me raconter d'histoire. Je sais bien que, plus ou moins, quoi qu'il arrive, je resterai toujours attiré par les beaux garçons, et que de les rencontrer de temps en temps me restera indispensable. Pour un relatif épanouissement, sans lequel je ne parviendrais pas à vous rendre heureux, toi et les enfants.

C'est dur, tu sais, de dire ça, ne crois pas que je trace ces mots avec indifférence, mais nous ne pouvons plus fermer les yeux. Il faudra vivre avec "ça", hélas.

 

Cette aide extérieure nous permettra aussi, je l'espère, d'affronter mieux toutes les autres difficultés que nous rencontrions journellement. Cette course incessante après le temps ; cette lassitude, cette fatigue qui nous empêchait tout épanouissement ; notre incapacité à parler, à avoir des amis. Je ne peux supporter l'idée de vivre de façon misérable et terne.

Souvent, je pensais que nous avions trop d'ambitions et que nous gâchions des moments paisibles par un excès d'exigences. Mais en même temps, cette volonté de ne pas céder à la facilité faisait la valeur de notre amour. Elle a sans doute permis qu'il résiste aux coups si cruels qui viennent de lui être portés, comme il a résisté aux multiples petits drames quotidiens.

Alors, je voudrais que nous parvenions à trouver l'équilibre entre une modestie qui nous faisait sans doute défaut, et le refus d'un ronron quotidien que nous ne supporterions pas et qui ruinerait tous nos efforts.

Ce que nous traversons nous a fait découvrir qu'autour de nous il y avait des gens plus que valables, et pour moi tout au moins, qu'il était indispensable que je révise mes échelles de valeur et mes principes trop figés. Pour beaucoup de mes connaissances et de mes relations professionnelles, j'affichais une relative indifférence. Ils ne partageaient pas suffisamment mes idées, ils avaient quelque travers que je critiquais. Je ne pourrai plus les considérer de la même façon. Qu'importe qu'ils croient ou qu'ils ne croient pas en Dieu, que leurs plaisanteries soient plus ou moins raffinées, qu'ils aient ou non nos conceptions pédagogiques. Confrontés à notre malheur, ils ont su montrer leur grandeur d'âme, et maintenant je crois que c'est ce qui compte le plus.

(à suivre...) 

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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