Nota :

Ils s'aiment...


C'était un an avant ma naissance...
Un an seulement...
Les jeunes (et les autres...)...
Secouez-vous nom d'un bordel !!!
.

Pour être un peu moins sérieux...
J'ai aimé aussi !
...
Mettre un petit sourire dans ce blog par trop morose...

 

Ici aussi j'ai bien ri...
Mais une autre forme de rire, voyez-vous...

 


 

Bonjour...

 
Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.


Quand même, pour une meilleure compréhension,

pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.

(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)

 

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Qui je suis

  • : Boby
  • homoavecepouse
  • : Homme
  • : 29/04/1945
  • : ARLES
  • : Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours.
Vendredi 4 avril 2008


Et dire que j’aimais plaisanter en disant à Monique que lorsqu’elle avait un sécateur en main elle coupait tout ce qui dépassait…

En référence à une anecdote d’adolescent qu’elle ne connaissait que trop…

Je devais avoir treize ou quatorze ans. Chaque jour, nous devions prendre un « car » pour aller au cours complémentaire. La toute nouvelle « Ville Nouvelle » n’avait pas encore d’établissement du secondaire. Nous étions toute une bande de copains, bien sûr. Et quelques filles. Dont une grande qui, quelques courtes années plus tard, allait devenir Miss France. C’est dire si sa compagnie était fort recherchée…

Un jour, je ne sais plus pourquoi, j’étais particulièrement en retard et j’attrapais le bus au vol. Presque toutes les places étaient prises. Notamment mon habituelle, près de Momo, mon amour platonique du moment. Une fille avait, bien entendu, sauté sur l’opportunité de mon absence. Troublé, me sentant ridicule, gauche, je tournais sur moi-même dans l’allée sans savoir où me poser.

C’est la très belle, la « super canon », qui m’appela : « Boby, viens, je t’ai gardé une place ! » Et d’autorité elle prit mon cartable qu’elle lança dans le filet au dessus d’elle. Pendant que je m’installais maladroitement dans la place ainsi imposée, totalement tétanisé, ne comprenant pas trop dans quel scénario on me faisait jouer, elle sourit, malicieuse, et en brandissant une paire de ciseaux…

-         «  Et tu restes bien sage, parce que je te préviens, je coupe tout ce qui dépasse ! »

 

Et elle explosa de rire avec la moitié du car qui avait pu entendre…

Pire qu’une pivoine. Rouge, honteux, je me tassais dans mon siège, et ne bronchais pas du voyage…

Je n’ai jamais eu d’explication. Peut-être n’était-ce qu’une simple plaisanterie, elle-même se trouvant par un quelconque hasard avec des ciseaux à la main à ce moment. Mais le non-dit fait des ravages. Pendant longtemps j’ai pensé que quelqu’un ou quelqu’une avait remarqué qu’il m’arrivait d’avoir de violentes érections incontrôlées, notamment quand j’étais près de Momo. Et que dans mon dos, tous se moquaient de moi.

Je n’en saurai jamais rien. N’empêche. Elle serait peut-être bien pour quelque chose, la Belle, dans ce maudit complexe de castration qui trop souvent me pourrit la vie…

 

Mais là, mes pauvres oliviers… J’ai fait fort…

publié dans : La vie continue
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Mercredi 28 novembre 2007

Mon dernier article a provoqué des remous. Je m’y attendais. Ce ne sont pas toujours des commentaires virulents. Parfois les silences sont encore plus explicites. J’ai reçu un mail d’un fidèle lecteur de Wajdi.

J’ai voulu prendre un peu de temps avant de répondre. Ne pas réagir à chaud. Je ne pouvais pas être objectif. Au moins que j’essaye d’être honnête... 

" Aujourd'hui ce sera sur le ton de l'aîné qui parle à son petit frère. En tout cas c'est ce que j'aurais fait si j'avais eu un petit frère. " 


... ... Quel ressenti de recevoir en pleine poire (c’est la première fois de ma vie...) ce paternalisme condescendant que, je le sais bien, je ne pratique que trop. Oublier que l’autre est un adulte responsable de ses actes, et qu’il a vraisemblablement longuement réfléchi avant de donner à voir une part si sensible de son intimité.

... Pardon. Pardon à tous ces jeunes que j’ai dû étouffer d’une feinte supériorité qui prétend apporter des baumes aux plaies et qui ne fait qu’exacerber des frustrations insupportables.

... ... Tristesse parce que ce que tu racontes est poignant, tristesse parce que tu le racontes. Je me suis vu un peu dans la peau du voyeur, parce que tu donnes à voir.


Oui, je place l’éventuel lecteur en position de voyeurisme. Mais n’est-ce pas un des fondements même du concept des blogs ? Comme c’est l’une des conséquences inévitables des journaux intimes lorsqu’ils sont publiés ? J’étale impudiquement ma souffrance à longueur de billets. Qu’y a-t-il de plus indécent ? Que ce soit la culpabilité sourde de ne pas avoir fait ce qu’il faut, ou d’en avoir trop fait, dans l’éducation de mes enfants. Que ce soit la douleur d’avoir un corps qui n’est pas à la hauteur de ce que mon âme espérait, d’avoir une sexualité si mesquine par rapport à d’une libido qui ne s’apaise jamais. Que ce soit la simple souffrance face à la maladie...

Serait-ce qu’une photo est plus insupportable qu’un texte ? Oui, sans doute. La parole laisse libre cours à l’imagination, qui d’elle-même se limite à ce que nous sommes capables d’accepter ou de supporter. Une photo oblige à voir. A regarder. Une photo agresse. Je le sais. J’ai voulu dire quelque chose par ces deux dernières photos. Quelque chose qui, me semblait-il, n’était pas entendu.

... ... ... N'est-ce pas un peu inhumain ce qui leur arrive (à mes enfants) et ce que tu leur imposes en supplément ? Parce que j'ai cru comprendre qu'ils connaissent l'existence de ton blog.


Il ne s’agit plus de les protéger, mais de continuer à les aider à grandir. A affronter la vie. En faisant face à la mort, qui fait partie de la vie.
Je le sais. Je vais être prétentieux dans les quelques phrases qui suivent. Prétentieux au delà du raisonnable. Mais j’ai beau réfléchir, je pense vraiment profondément ce que je vais dire... Vois-tu, cher lecteur, je suis profondément convaincu que, s’il y avait des choses à faire pour mes enfants, il est trop tard, elles auraient dû déjà être faites depuis longtemps. Et j'ai l’orgueil de croire que ma femme et moi nous avons fait tout ce qu’il était nécessaire sur ce plan. Nos enfants savent ce qu’est la mort. Ils savent que nous ne sommes pas éternels, et qu’il est dans la nature des choses que nous partions alors qu’ils sont dans la pleine force de l’âge. Ils savent, et me l’ont dit, que je n’attendrai pas les prémices d’une déchéance pour me retirer discrètement. Ils savent que leur mère a fait ses choix, ils les respectent, comme ils nous respectent. Ils ne sont pas ici dans une démarche égoïste, mais dans une volonté d’accompagnement. Ils sont bouleversants d’attentions...

... ... ... Boby je t'en conjure, n'en ajoute pas plus, pour Monique d'abord qui je suppose ne sait pas ce que tu fais de ses photos et qui sans doute, telle que tu la décris, n'aimerait pas se voir ainsi exposée sur ton blog dans la déchéance où l'a placée la maladie.


 Effectivement, Monique ne sait pas, et je souhaite qu’elle ne le sache pas. Comme je ne souhaitais pas étaler devant ses yeux mes aventures sexuelles et mon avilissement progressif... C’est la raison pour laquelle je n’ai pas voulu qu’elle connaisse le contenu de ce blog. Avec les risques que le mystère impliquait. Comme toujours, elle a imaginé le pire pour le contenu de ces écrits interdits. Le pire pour elle. Et le pire n’était pas que je m’envoie en l’air dans les fourrés. Le pire était que j’écrive mon testament.

Pour tes enfants ensuite qui souhaitent la plus grande sérénité dans ces durs moments.

 
Laissez à mes enfants la liberté de décider ce qu’ils souhaitent. Je les aime trop pour penser à leur place. Et, au point de vue perturbation de leur sérénité... Qu’y a-t-il de plus horrible ? Le fait que j’ose montrer une image de leur mère en fin de vie, au bas d’un article qui crie mon admiration et mon respect, ou le fait de la voir quotidiennement sombrer dans une déchéance qu’elle n’accepte pas, ils le savent bien ?

Car là est la base de la polémique et de la provocation que j’ai voulue. Je dis, depuis de longues semaines que nous refusons tout ce qui s’apparente à un avilissement. Subi ou imposé. Je m’étais juré de lui éviter de vivre cela. J’ai échoué. Chaque jour m’oblige à la voir sombrer un peu plus. Le dire ne parlait pas. Le voir semble plus explicite.

Et vois-tu cher lecteur, la voir ainsi ne diminue en rien mon amour. Ça décuple ma culpabilité de n’avoir pu tenir parole. La voir la bouche ouverte n’est pas choquant. Etre obligé de s’approcher et d’attendre la fin de son apnée pour être certain qu’elle respire encore, est bien plus douloureux. Et mes enfants le vivent. Autant que moi.

... ... ... et au contraire rassemble autour de toi. Tu en auras besoin et eux aussi.


Ils sont là, autour de moi, attentifs. Les proches sont là, très souvent. Ce ne peut être en permanence. Attentifs. Non à moi, mais attentifs à elle. Et d’ailleurs, qu’importe. En montrant leur amour ou leur affection pour ma femme, ils me prouvent que ma vie a eu un sens...
publié dans : La vie continue
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