De retour en France. Et c’est douloureux.
Ne me demandez pas comment je vais, ni où je vais. Je suis incapable de faire un embryon d’analyse. J’ai ré ouvert la maison. J’ai retrouvé mes marques, mes habitudes et mes manies. J’ai mangé, je vais dormir. Après ?
Qué sera, sera… Qui vivra, verra…
Tant que je vivrai, je serai.
J’ai récupéré ma voiture au dépôt des Douanes marocaines. Ils avaient juste oublié de me prévenir que vingt €uros me seraient facturés par nuit de squat… Et, incapable de repartir, je suis resté un mois auprès de mon Chérubin. Six cents €uros que j’ai dû trouver en espèces, pour libérer mon mustang… Alors que j’avais déjà dépassé le plafond des retraits en carte bleue… Bref. Comme dit l’autre.
J’ai pu, puisque me voici en Provence. Seul. Immensément, gigantesquement, seul. Mais avec ma voiture.
Parce que je suis, moi, immatriculé au Maroc, je n’ai plus le droit d’y faire entrer ma voiture actuelle, sous peine de payer un dédouanement prohibitif. Il faudrait donc que j’achète une voiture dans le Royaume. Mais, me renseignant à l’arrivée dans le port français, j’ai appris que, étant quand même toujours français, je n’aurai pas le droit d’importer mon véhicule marocain, à moins de payer la TVA dès l’entrée sur le territoire !! Quadrature du cercle que je dois résoudre au plus vite. Ou pas.
Quelle solution, après avoir vécu deux ans au dessus de mes moyens ? Plaie d’argent n’est point mortelle, dit-on. On verra.
Pendant le voyage, j’ai entrepris la lecture d’un bouquin d’Abdellah Taïa : « Lettres à un jeune marocain ». Ce n’est pas la lecture-détente que j’avais imaginée.
Dès les premières lettres de ce recueil, j’ai été assailli par un feu d’artifice de références, de beaux mots, de traits d’esprit, de finesse et d’intelligence. Je retrouve le Maroc que je
commence à connaître, et simultanément, une violente et déstabilisante sensation de passer à côté. Tous les auteur(e)s, jeunes et moins jeunes sont des intellectuels plutôt engagés. Plutôt très
intellectuels, plutôt plutôt engagés. Bref. Comme dit l’autre.
Et pourtant, continuellement, en filigrane, je sens, je vois mon Chérubin qui a quitté l’école à dix ans. Sa finesse d’observation, la subtilité de ses analyses, les proverbes et les dictons toujours cités avec une pertinence qui m’assoie. Farouchement moderne, et naturellement attaché aux traditions.
Je dois le dire, tout simplement : je suis dépassé. Je souffre de n’avoir pas la distance, la hauteur, la générosité qui me seraient nécessaires pour appréhender cette richesse.
Tout simplement : bien souvent je me sens con. C’est aussi pour ça que j’ai cessé d’écrire.
Je rectifie : je ne « me sens » pas. Je sais que je suis con. Ou pour le moins limité. Inutile.
Et je m’insurge ! Je m’insurge toujours, orgueil oblige. Et c’est plus que ça. Je voudrais tant grandir, être davantage à la hauteur, pouvoir lui
être utile !
Parce que le pire, dans tout ça, c’est que lui, il espère en moi. Il voudrait tant que je puisse lui faire la courte-échelle ! Sociale.
Bref, voila. Donc. Je ne sais pas combien de temps je vais rester bloqué ici pour trouver une solution à ce p***** de problème de véhicule. J’ai pris la décision d’écrire, moi aussi, une lettre. Une lettre à mon Chérubin. Une lettre où je dirai tout. Ce que je comprends de lui, ce que je ne comprends pas. Dans la mesure où ceci pourrait être pour lui d’un quelconque intérêt. Ce que je suis en vérité. Ce que je me suis toujours caché. Mes négations institutionnelles. Ce que j’ai cru être. Ce que je ne serai jamais. Dans la mesure où cela pourrait être pour lui d’un quelconque intérêt. En imaginant qu’un jour, le tout pourrait lui être utile. Véritablement utile. Pour que puisse éclore l’être magnifique que j’ai vu en lui.
Ici, je m’y engage publiquement. Pour valoir ce que de droit…
Cette lettre, vous ne la lirez probablement pas. Je vous le souhaite.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 13665
En ligne : Selon OB : 1
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.