.
Je n’avance pas trop… Aujourd’hui je suis grave malade, comme disent les jeunes, infection alimentaire ou « tourista », va savoir… je pencherai plutôt pour les troubles alimentaires : le repas d’hier midi m’est resté sur l’estomac… Je vous en reparlerai. Chaque mal a son bien : au lieu de me balader, je vais alimenter ce blog de quelques notes. Il faut que les « Carnets » tiennent la route !
Vendredi : visite protocolaire.
J’étais invité à manger le couscous du vendredi chez les propriétaires de mon petit appartement. Je n’avais pas très bien vu comment refuser, et moi qui tiens à voir le pays de l’intérieur… J’ai vu ! J’ai vu l’incommensurable distance entre les brochettes mangées sur le pouce chez Oussama et l’accueil dans une famille –disons- aisée.
Je ne les crois pas très riches. Plusieurs membres de la famille, dont le père, semblent avoir fait leur carrière professionnelle en Italie. L’aîné est actuellement installé en Suisse. Une sœur et un frère encore en Italie. Akim, mon interlocuteur dans la négociation y a vécu plus de dix ans. Le cadet pense devenir ingénieur informaticien. Un autre monde, même si j’ai découvert qu’Oussama, que j’ai connu alors qu’il était gardien sur les Allées, a son baccalauréat.
En tout cas, accueil chaleureux au sein de la famille, très civil, plein de petites attentions : la télé, presque toujours allumée dans toutes les familles que j’ai eu l’occasion de visiter, a aussitôt été mise sur une chaîne en langue française, par exemple.
Repas excellent. La bru, qui visiblement avait fait le couscous avec sa belle-mère, s’est rengorgée en entendant mes félicitations…
Et quelle baraque ! Akim s’est offert à me faire visiter. Des pièces immenses, sur trois niveaux, plus la terrasse entièrement recouverte comme une serre. Dans tous les
salons (j’en ai compté six), bien entendu des banquettes marocaines luxueusement habillées.
Tous les plafonds et murs savamment ouvragés par des artisans en sculptures de plâtre. Il m’a autorisé à prendre des photos : je crois qu’il est fier de la demeure de sa famille. Il me fit remarquer qu’il y avait
suffisammentd’espace, et me dît souhaiter que « la prochaine fois je vienne ici »… Je ne suis pas sûr d’y trouver ma
place et d’y être plus à l’aise que dans mon recoin à moitié vide !
Vendredi soir : je sors mon guide.
Lorsque j’ai retrouvé Oussama, il était trop tard pour mettre en route notre projet, visiter la vieille Médina. Reporté au lendemain. Nous nous sommes contentés d’une balade nostalgique sur les Allées. C’est vraiment un coin qui m’a totalement séduit, dès l’an passé. Des Champs Elysées inversés : le terre-plein est central, avec beaucoup de verdure, de cascades et de jeux d’eau, en fin d’après-midi il devient le lieu privilégié des promenades en famille, des groupes de jeunes, des garçons et des filles qui se provoquent et se cherchent… J’adore.
La portion des Allées que surveillait Oussama l’année dernière, quand je l’ai dévergondé…
Les fontaines sont prétextes à photos, bien entendu ! Ne tirez pas de conclusions hâtives du bras du garçon qui enserre la taille de son copain : j’en avais fait un billet l’année dernière, les marocains sont très « tactiles », ils ont besoin du contact pour faire passer leur affection, il est fréquent ici que deux garçons se tiennent par le bras. J’adore.
J’ai voulu faire plaisir à mon guide. Je l’ai emmené dans un restaurant un peu chic des Allées qu’il n’avait jusque là vu que de loin… Je ne suis pas sûr d’avoir eu une bonne idée. Oussama n’était pas très à l’aise, surpris, lui le petit serveur d’un bar de quartier, d’être servi comme un Prince… Sa tête, quand le Maître d’Hôtel a couvert son cendrier d’un autre pour le retirer de la table et le changer !
Il est resté les yeux pétillants devant le petit orchestre qui nous accompagnait de chants locaux. (Il s’essaye à la musique…). Tiens, une petite vidéo, pas fameuse, pour les amateurs un peu curieux.
Et tout ça pour le prix d’un repas au bistrot en face du boulot…
Samedi, visite de la Vieille Médina.
La Vieille Médina de Fès a été photographiée et filmée sur toutes les coutures. Je n’avais pas très envie de faire de pâles copies de ce que des maîtres ont si génialement figé sur la pellicule. Je me souviens d’avoir vu, il y a quelques mois, un remarquable reportage à la télé, qui montrait des dessous que même mon gamin né dans ces ruelles ne saurait me montrer. Il faut tout relativiser.
Et j’ai horreur d’être touriste !
Deux-trois fois, nous sommes partis en courant –au sens propre-, parce que je me retrouvais entouré d’un chargement de car de touristes ! N’empêche.
Je suis toujours ému par le travail modestement artistique des artisans d’une autre époque. Travail de la pierre et du plâtre qui, vous le remarquerez je suppose, a traversé les siècles pour se retrouver dans la maison récente d’un petit bourgeois de la Ville Nouvelle de Fès.
Je suis aussi interpellé par ces ruelles étroites où l’on peut trouver des échoppes vendant tout, n’importe quoi, et le reste. Car n’allez pas imaginer… Regardez les personnes qui déambulent entre les étalages : il y a peut-être des touristes, mais essentiellement et surtout à cette époque, mais pas que, des Fasiyen. J’y ai vu de tout, du neuf, du vieux, du matériel de bricolage, des objets artisanaux, traditionnels ou non… On trouve tout… Oussama a acheté une brosse à dents…
Je lui ai demandé de me conduire dans « sa » Médina. J’ai vu son école, les ruelles où gamin il a fait mille bêtises. Approcher. Juste un peu approcher.
A midi, il a voulu m’emmener dans un restaurant d’où la vue depuis la terrasse est prodigieuse. Je l’ai suivi.
Les yeux fermés, si j’ose. Oussama en avait beaucoup entendu parler, avec émerveillement. Sûr, il n’y était jamais allé… « Le Palais de la Médina ». Le nom aurait
dû m’inquiéter. Tout était mort, ils ont allumé les lumières pour moi. Nous avons grimpé jusqu’à la terrasse. Le souffle coupé. J’ai vu la carte. Le souffle coupé.
A tord peut-être, je ne fais jamais marche arrière. Nous nous sommes installés. Une heure à régaler mes yeux d’un paysage oriental, émouvant, époustouflant, tout ce que vous
voulez rajouter comme qualificatifs. Une heure à manger du bout des lèvres un repas, peut-être typique, mais…. Aujourd’hui, je suis malade.
Ça me permet de vous raconter tout ça. Au lieu de faire mes courses. Renvoyées à demain. Ou plus tard.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21660
En ligne : Selon OB : 6
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.