Je confirme : Je suis grave. Je suis chtarbé. J’ai l’esprit dérangé. Je dévisse. Je pars du ciboulot. Je suis siphonné. Je suis ouf. Je pédale dans la choucroute. Mes cheveux poussent sur des marais-salants. J’ai la cafetière fêlée. Je confonds ma droite et ma gauche. Je suis plus près de Ste Anne que du Sacré Cœur. Je le dis tout net, j’ai la cervelle en marmelade !
« Ti é fou ! ». Le seul truc qui me fait du bien, c’est que la dernière fois qu’il me l’a dit, il avait des larmes plein les yeux, et il a réfugié son visage dans mon épaule pour ne plus rien dire. Nous venions de rentrer à l’appartement après avoir visité mon futur « chez moi ».
Vous avez bien lu, le premier paragraphe n’est pas une clause de style : j’ai loué un appartement à Fès. Loué, loué. Au mois. Pour un temps indéterminé. Avec un contrat de location en bonne et due forme.
Je suis fou. Mais tellement heureux de l’être !
Je repars en France par le premier bateau, c'est-à-dire très, très bientôt, mardi prochain. Pour laisser le temps au propriétaire de faire les travaux que j’ai demandés. Courant janvier je serai de retour ici. Pour une durée indéterminée. Tant que je pourrai y croire.
Je suis fou. Ou je plane. Ou les deux.
Vers quoi je vais ? Je repousse les limites. Dans les écrits intimes, avant mon départ, je remarquais dubitativement que chaque fois que ma décision d’écourter mon séjour sur terre devenait quasi irrévocable, un événement majeur et imprévisible remettait en cause mes projets. Ainsi de ma rencontre avec Monique, ainsi d’une intense discussion avec mes enfants il y a trois ans, ainsi de ma rencontre avec Zig… Ainsi de … Mais là, tout me semble encore irréel. Cette fois, sans attendre plus, sans rendre responsable qui que ce soit, c’est moi qui décide de surseoir. Parce que je suis obligé de reconnaître que je peux encore vivre des moments intenses de bonheur. Et Bordel, que c’est bon !
Je serais fou de m’en priver.
Quand même, je suis fou !
En prenant le risque de tuer dans l’œuf cette passion enivrante. Je vis tête baissée… Je n’en suis pas fier.
A. est retourné dans sa famille. C’est une évidence. Il ne peut être tout à moi. Qu’il revienne régulièrement est déjà tellement extraordinaire ! Il veut m’accompagner jusqu’au bateau : j’ai par moments l’impression d’être dans un rêve.
Mais ce soir j’étais seul, tout à mon ivresse des décisions prises. La période, la date même ne sont pas pour rien dans cette
accélération. Trois ans. En serais-tu plus heureuse ou moins inquiète, Monique, si tu me voyais ainsi ? En fin de journée, je suis allé boire un café dans l’un de mes estaminets préférés. J’ai
papoté et rit avec le garçon : je ne sais pourquoi, il y avait très peu de monde à la terrasse et dans les rues. Et j’ai vu un mec passer. Un frisson m’a traversé… Il est passé et repassé. Il m’attendait, je l’ai rejoint. Je n’en croyais pas
mes yeux. M. mon jeune sahraoui de l’année dernière ! La rencontre avait été brève mais intensément intense… Alors, il ne disait pas un seul mot de français, et Zig avait été mon interprète,
lui expliquant à ma demande mon refus catégorique des amours tarifés… En fait c’est mon amoureux platonique d’alors qui me mit ce jeune mâle dans le lit… (Entre parenthèse, nous partagions la
même chambre, et, comme il me l’avoua plus tard, mon interprète ne perdit pas une miette de nos ébats, ce qui troubla quelque peu ce jeune hétéro invétéré…). M., aujourd’hui, parle un français
maladroit, mais parfaitement compréhensible. J’étais très ému et très flatté que ce jeune mec se souvienne de moi et ait eu envie de me revoir. Nous avons parlé souvenirs, photos, je lui
proposais de les voir, il en voulait un exemplaire, nous sommes allés à l’appartement… Je ne cessais de me dire que j’étais fou, inconscient, et irresponsable, mais le petit sahraoui (plus petit
que dans mon souvenir, mais quelle plastique !) est toujours aussi troublant de sensualité. Je n’y ai pas résisté. Devrais-je avoir honte ? Ce n’est pas ma rencontre avec A. qui a changé ma conception de la fidélité ! Je serais horriblement malheureux de le faire souffrir, mais tant que je vis, je vis. Sinon,
je ne vis plus.
Maintenant, il ne me reste que peu de jours pour faire tout ce que je voudrais faire : finir les aspects administratifs, faire mes au-revoir à mes relations tant anciennes que récentes, faire les bagages et tout clôturer. Je n’aurai plus trop le temps de ... penser. C’est aussi bien.
Je suis fou. Mais ne le dites à personne : tous croient juste que…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21813
En ligne : Selon OB : 6
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.