Racine s’est juste trompé de jours…
Le Boby, l’a été heureux et rieur jusqu’à mercredi inclus.
Et depuis jeudi, le Boby, l’est plutôt dans les larmes…
Je m’en souviendrai de la traversée de l’Algérie !
Pour être honnête, j’étais encore en Tunisie lorsque les problèmes ont brutalement surgit. Etant parfaitement dans les temps, je roulais tranquillement en direction de la frontière. J’étais simplement mi-amusé, mi-inquiet par l’état de la route. Au point qu’à deux reprises je me suis arrêté pour me faire confirmer le chemin : je n’arrivais pas à croire que ce chemin à demi défoncé était l’accès à l’Algérie… Je roulais d’autant prudemment que la plupart du temps j’empruntais la voie opposée, la mienne ayant aux trois quarts été emportée par les eaux… Et brutalement, l’imprévu : un fou au volant d’un camion brinqueballant me fonce droit dessus. Je me rabats brusquement sur ma voie, ne peux éviter un énorme nid de poule… Deux gros « plocs »… Les deux pneus droits ont explosé, cisaillés comme avec un couteau par un lambeau de goudron.
J’avais joué l’homme organisé en prévoyant une roue de secours en plus du système de compresseur prévu sur ce modèle de véhicule. Sur un pneu éclaté, le compresseur n’a pas pu faire grand-chose. Et une roue de secours, dans ce cas, c’était un peu juste… Les bras ballants, je restais comme un con en pleine nuit sur le bord de la route. Que faire ? Je ne connais même pas les numéros d’urgence dans le bled ! (S’il y en a ?). Je faisais signe aux rares véhicules, mais tous accéléraient ! Enfin un vieux clou habité par trois jeunes algériens s’est rangé sur le bas côté. Ni une, ni deux. Je n’ai pas eu le temps de faire ouf ! Ils ont vidé ma malle, mis la roue de secours à l’avant droit, et pendant dix bonnes minutes ont essayé de remonter le moral du pneu arrière en lui soufflant dans les bronches. Impassible qu’il est resté, le pneu. L’était trop crevé, le pauvre !
En deux temps, trois mouvements, ils ont tout remis dans la malle, en me disant que la frontière n’était qu’à environ 1km, 1km5. Je devais rouler avec le pneu crevé. Au point où il en était, le pauvre… Et ils m’ont quitté tout aussi brutalement qu’ils s’étaient occupés de mon cas. Au point que j’ai commencé à paniquer en me disant qu’ils avaient dû me voler quelque chose ! De toute façon, il était trop tard pour que je fasse quoi que ce soit, et ceux qui me connaissent savent que c’est dans ces moments délicats que je reste le plus philosophe et impassible. J’ai rejoint la frontière à 2km/h. Avec mon magnifique bolide ! La honte ! Et la déception : quelques heures plus tôt je vivais un rêve avec Nizar. Brutal, le rappel à l’ordre ! (Pour les inquiets je précise tout de suite que j’ai fait l’inventaire le lendemain à l’hôtel et qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre. Honte à moi d’avoir douté, contrairement à tous mes principes.)
Je ne rentrerai pas dans les détails, ce n’est que de la petite mésaventure minable. Arrivé à 17h30 à la frontière, je n’en suis reparti qu’à 23h00, mon véhicule chargé sur un plateau de dépannage qu’un chef douanier m’a dégotté en pleine nuit, et qui nous a emmenés, mon véhicule et moi jusque sur le parking de l’hôtel d’Annaba qui m’attendait et m’a vu arriver dans cet équipage à 1h00 du matin.
Tenez-vous bien : le chargement du véhicule, son transport de nuit sur environ 90 kms, le chauffeur qui tenait lieu de guide et qui m’expliquait tout ce que je voyais et ne voyais pas sur les bas-côtés, la cuisse chaude et musclée du jeune apprenti mécano plaquée avec complaisance contre la mienne pendant les deux heures du trajet, le déchargement du véhicule, tout ça négocié pour quatre-vingt-dix €uros ! Révoltant. La misère me révolte, et que fais-je d’autre qu’en profiter, en venant ici ?
Mais ceci n’est que l’anecdote, très chers !
Pendant les longues heures d’attente à la douane j’ai eu le temps de causer. Avec de charmantes jeunes filles douanières. Et que croyez-vous que j’apprise à cette occasion ? Hein ? Hein ?
Ben, oui, c’est ça. Que je n’avais rien à fiche là. Que l’on s’était fichu de moi depuis le début, car le transit par l’Algérie pour aller de la Tunisie au Maroc… Rigolez. Rigolez bien braves gens : LA FRONTIERE TERRESTRE ENTRE L’ALGERIE ET LE MAROC EST FERMEE DEPUIS 1996 !!!
Personne ne passe. Pas plus les français que les algériens ! Moi je croyais que… Quand ils me verraient… C’est le Consulat algérien de Marseille qui n’a pas fait son job et m’a laissé de faux espoirs. Voila, c’est fait : je suis en Algérie, et je ne peux pas en sortir, sauf à prendre un bateau pour la France…
Dans un premier temps, j’ai envisagé de faire demi-tour tout de suite. Encore fallait-il que mes roues roulent…Puis j’ai envisagé d’aller à Alger et d’essayer de faire quelque chose dans la capitale. Puis j’ai accepté de reconnaître que personne ne m’attendait le petit doigt sur la couture du pantalon. En plus, comme un ignare j'ai mal planifié mon voyage : ici le vendredi et le samedi, c'est le WE, personne ne travaille ! Les hôtels étaient payés. J’ai poussé jusqu’à Oran.
Demain, dimanche, premier jour de la semaine, au calme, je vais étudier la question sérieusement. Une piste est peut-être envisageable : prendre un bateau pour le sud de l’Espagne, puis revenir au Maroc via Tanger. Mais à quel prix ?
Changer deux pneus m’a déjà coûté une petite fortune. La cagnotte de secours n’y a pas résisté. Alors, deux traversées en ferries… Bon, je reste optimiste : c’était le principe de base, initial : quand y aura plus de sous, je rentrerai…
Désolé, je n’ai pas eu le cœur de prendre des photos !
Ah, si, tiens : une petite vue d’Alger depuis ma chambre d’hôtel, prise avec mon téléphone.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21813
En ligne : Selon OB : 6
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.