J’ai de ces questions ! Mis dans une impasse par mon attitude intransigeante, je ne savais que faire. Et bien entendu je me suis replié dans mon cocon habituel : « laissons le temps au temps »…
Zig ne l’entendait pas ainsi. Il n’allait pas voir cette fin de semaine gâchée par mon attitude bougonne ! Samedi matin il m’a informé qu’il avait proposé à H. de venir passer la journée « chez nous », et que ce dernier allait arriver. J’ai bredouillé de façon lamentable des réserves et des réticences, du genre « tu reçois qui tu veux, mais moi, je ne veux pas en entendre parler… »
Oh ! La fessée cul nu que j’ai reçue ! Et que j’avais dit que j’étais passé au dessus de tout ça ; Et que je n’allais pas ensuite prétendre vouloir lui faire plaisir ; et que je me comportais comme un gamin ; Et que H. était son meilleur ami, et que donc je devais l’aimer, puisque je l’aimais, lui ; Et que j’étais ridicule à vouloir jouer le méchant que je n’étais pas ; Et que…
Dis ! C’est qui, qui a soixante-cinq ans et qui qui en a vingt-et-un ? Hein ? Hein ?...
En disant la dernière phrase il est venu m’enlacer et poser sa tête sur mon épaule. Il sait que je craque toujours quand il se blotti ainsi dans mes bras.
H. est arrivé. Journée agréable. Comme si rien ne s’était passé.
Trente centimètres de neige dans les rues, et visiblement la municipalité est moins habituée à gérer ces intempéries que la canicule ! Je n’osais pas sortir la voiture, et nous ne pouvions pas renvoyer H. chez lui, à pied, dans la nuit. Il a dormi ici.
Dimanche sous la neige. Impressionnant. Jamais vu depuis que je suis ici. Mais ciel bleue, soleil radieux, envies de balades. Nous sommes allés récupérer K., le cousin, et en route pour les Alpilles : le village des Baux de Provence devait être magnifique.
Il l’était.
(Je regarde K. et H. jouer comme des gamins. Je suis plus heureux qu’eux !)
Nous y sommes restés jusqu’à la nuit.

J’avais trois ados qui semblaient voir la neige pour la première fois ! Qui croirait que K. est papa d’un gamin de deux ans ? Il n’est pas seulement beau : quelle
puissance ! Pour quelques minutes, je prendrais bien la place du bloc de neige…
Que du bonheur jusqu’à ce que je les raccompagne chacun chez lui. Zig,
épuisé, s’était couché.
C’est alors que m’est revenu l’intense discussion que nous avions eue, Monique et moi, et dont j’avais parlé dans ce billet là.
J’avais tellement peur de la solitude ! L’avenir me semblait tellement noir et bouché ! « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. » Vivre seul, sans Monique, était
inconcevable. Etre aimé de nouveau, impensable. J’étais convaincu que c’était le lot inévitable des vieux gays incapables de frémir à la vue d’une chair tant soit peu flétrie. Être pédé, c’est
dur à vivre. N’être attiré que par de jeunes hommes, c’est l’enfer sur terre. Nous ne devrions pas vieillir. Mon antique conviction que je ne dépasserais pas la cinquantaine n’était pas
raisonnée, mais elle était pleine de sens. Simplement, je ne savais pas me lire.
Seulement, voilà. Je n’avais pas prévu que moi, je puisse tomber amoureux. Et que l’objet de cet amour accepterait de se laisser aimer, pourvu que je sache garder un minimum de distance. Je n’avais pas prévu que mes désirs physiques puissent être aussi facilement sublimés : dans ce sens, la vieillesse a du bon !
Il y a bien des choses que je n’accepterais pas, seul.
Mais je ne suis pas seul. Hier, nous étions quatre. Un vieux, et trois éphèbes.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21813
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.