Personne ne peut comprendre ou même imaginer ce que je peux ressentir en écrivant ces deux mots. Ce n’est pas une énormité. Ce n’est pas une incongruité. Ce n’est pas un aveu de lâcheté. Ce n’est surtout pas une fanfaronnade. C’est purement inconcevable.
Le plus dur dans tout ça, est bien que je me sens pris dans un piège dont je me sens incapable de m’échapper. Peut-être pas. Non. Il y a plus dur encore : prendre conscience de l’énorme gâchis qu’a été ma vie. J’ai toujours eu les certitudes de l’auto satisfait chronique. Je choisissais une marche à suivre, et ensuite je m’y tenais coûte que coûte. Quoi qu’il en coûte. Pour moi ou pour mon entourage.
Fierté imbécile de l’engagement tenu.
A l’approche de la date anniversaire, d’innombrables exemples m’assaillent depuis quelques jours. Il ne servirait à rien de les étaler ici. L’auto flagellation après l’auto satisfaction serait, à mes yeux, particulièrement inconvenant.
Je ne retiendrai que deux choses en ce jour :
- J’ai fait plus de mal que de bien à la femme que je croyais aimer. En étant effroyablement convaincu qu’elle était, seule, ma raison de vivre.
- J’ai toujours dit que je ne vivrais pas vieux. Que je m’y refusais. Et maintenant ?
J’ai aimé mon épouse. Ça, oui, je l’ai aimée !
Lorsqu’elle m’a quitté il y a quatre ans aujourd’hui, j’ai sincèrement pensé que je ne pourrais pas lui survivre. Ah, il eut été plus simple que nous partions ensemble. Au bout du compte, bien des états d’âme m’auraient été épargnés. Je serais parti avec mes certitudes. Elle s’y est refusée.
Moins d’états d’âme, moins de souffrances aussi. Et pas de bonheur tardif. Rien n’est parfait.
Monique m’aimait de façon absolue à sa façon. En se niant. En se sacrifiant. En se donnant corps et âme pour construire notre famille et mon bonheur. J’ai baigné dans la facilité. Lorsque nous nous sommes retrouvés seuls tous les deux je n’ai pas su voir le moment où elle a manifesté le désir d’autre chose. C’est Chérubin qui aujourd’hui m’amène à ces prises de conscience, en lisant mon blog (traduit en arabe via Google, ce qui semble aléatoire !), en me faisant parler pour améliorer sa compréhension, et en m'obligeant à toucher du doigt les souffrances passées de mon épouse.
Chérubin m’aime. Enfin, il me dit m’aimer. Ça y est, je me refuse à accepter que l’on puisse m’aimer. Ce bonheur a son revers de médaille. L’homme qui ensoleille le moindre de mes instants m’a fait prendre conscience, en faisant le parallèle avec ses propres interrogations, à quel point je n’avais pas su aimer ma femme. Il ne rate pas une occasion de toucher du doigt mon égocentrisme, de mettre à bas ces argumentaires fallacieux qui justifiaient mes innombrables accrocs à ma vie de couple. Lui, se montre sans concession. Il a soif d’absolu. Il met une intelligence incisive et une mémoire implacable à traquer les moindres velléités de concession. C’est tout, ou rien. Pas d’autre choix.
Il ne me passe rien. N’accepte aucun écart. Aucun regard rêveur sur la croupe de quelque bellâtre qui nous croise, Aucun sourire même fugace vers le minois d’un éphèbe sensuel. Il a conscience d’être en force : il se sait joli garçon, il connait son charme. A moi de voir si je pense pouvoir trouver mieux ailleurs… J’ai beau dire que lui seul compte…
Monique devait me partager avec les fantasmes d’une libido à deux facettes. Je crois l’avoir dit quelque part : Occulter l’une eut été me nier en bloc… Peut-être… Mais aujourd’hui ? Je vis l’inespéré. Que pourrais-je espérer d’autre ?
Je suis
allé au cimetière. Sans la moindre morbidité, je voulais être sûr en ce jour qu’un quelconque visiteur ne trouverait rien à redire. Quatre ans, c’est quelque chose quand même ! L’inscription
dorée est moins lisible… Quatre ans. Mais c’est quoi, ces prolongations saugrenues ?
Pendant trois ans j’ai vécu avec la tranquille assurance d’un sursis assumé. La mort a été ma compagne régulière et bienveillante. Je respectais la promesse faite à mes enfants de survivre à mon deuil. Je savais pourtant la fin imminente. Tout n’était qu’une question d’ordonnancement. Chaque chose en son temps. J’en ai écrit, des scénarios possibles ! Avec toujours la même obsession : déculpabiliser un éventuel suicide. Je n’aime d’ailleurs pas ce mot : je préfère la notion de choix final de vie.
Cette dernière année, je n’ai pas changé. Avec la même détermination, je me refuse à envisager la vieillesse et ses multiples handicaps. Je n’aime pas souffrir. Je ne souffrirai pas l’insoutenable. Je refuse le handicap. Je ne survivrai pas handicapé. Je refuse l’acharnement thérapeutique, je n’attendrai pas de ne plus être maître de mes choix.
Je. Je. Je. J’assume tous ces « Je ». Car c’est bien de ma vie qu’il s’agit. Seulement voila. Ma quête du bonheur hors du commun avant de… m’a embringué dans une relation où il n’y a pas qu’un seul « Je ». Il y a Lui. Et il attend beaucoup de moi. Et je lui dois tant. Et il ne s’agit pas d'une question de fric solutionnable d'un geste désinvolte et dédaigneux. Et il sait que, au mieux, nous ne ferons qu’un petit bout de chemin ensemble. Mais je n’ai pas le droit de le lâcher au milieu du gué…
La réflexion continue.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21813
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.