C’est ça, en quelque sorte. Je débute une grosse parenthèse.
Depuis quelques mois je suis dans les préparatifs du très Grand Voyage. Je m’étais imposé des objectifs précis et rigoureux. Ils sont en passe d’être réalisés. J’ai écrit tout ce que je voulais écrire. J’ai fait les travaux dans la maison que je voulais faire. J’ai réglé les problèmes administratifs que je voulais régler. Je suis content. Paisible. Je pense laisser une situation propre.
Il ne pouvait être question pour moi d’attendre passivement l’heure du Grand Départ. Ma phrase fétiche : puisque je vis, je vis. Vis-à-vis de moi-même et de mon entourage, il ne me semblait pas acceptable de laisser pressentir un quelconque flottement. J’ai donc continué à bâtir des projets. Les plus fous possibles. Les plus invraisemblables. Ils sont en train de se réaliser. Avant le Grand Voyage, je vais faire une Grande Virée. Grande. Ambitieuse. Jusqu’auboutiste.
Je pars.
La maison était insupportablement vide après que je l’eusse vidée. Mes larmes ne parvenaient pas à la remplir comme elles l’auraient facilement fait d’une baignoire. Ou d’une piscine. Elle restait sèche, creuse.
Je me suis jeté à corps perdu dans les travaux que je pouvais, que je devais, réaliser. Mais je suis vieux, et plus autant efficace. Après de nombreux états d’âme sans grand intérêt, j’ai accepté la proposition d’aide de Momo. C’est le garçon dont je parle, là ou à d'autres occasions, parfois le nommant « T. » (initiale de son pseudo), parfois « M. » pour Mohamed. Seul tunisien de la bande, grand ami d'Aziz, le frère de Zig. Aussi beau garçon qu’il soit, pas un instant il n’a concurrencé Zig dans mon esprit. Pour quoi faire d’ailleurs ? Ils sont identiquement hétéros exclusifs l’un comme l’autre… Bref… Il s’est installé dans la chambre laissée vide par son copain…
Par sa gentillesse et ses attentions, Momo a ensoleillé mes semaines de travaux. Je me suis attaché à lui. Mais ce con, qui était en situation irrégulière depuis quelques mois (difficultés à obtenir le renouvellement de sa carte de séjour malgré de nombreuses démarches), a trouvé le moyen, un week-end, de se faire cueillir par les flics et de se retrouver en Centre de Rétention. Putain d’alcool, encore une fois. Malgré tous nos efforts et après avoir usé tous les recours possibles, il a eu droit à une « reconduite à la frontière », autrement dit, ils l’ont conduit à Marseille et mis dans un bateau pour Tunis… Pendant nos innombrables bagarres procédurières, je lui avais juré que si cela arrivait, j’irais chez lui, là-bas, l'accompagner dans toutes les démarches possibles pour hâter son retour.
Je pars pour Tunis.
Mais quitte à partir… J’ai construit cette grande virée délirante :
Une petite découverte de la Tunisie, avec Momo , quand même.
Puis une traversée rapide de l’Algérie : au vu des difficultés pour obtenir les visas, je ne me suis senti ni accueilli, ni accepté par les responsables de ces contrées… Pourtant ce blog a souvent des visites de là-bas !
Anecdote : Pendant les démarches, une responsable m'expliquait une enième fois que je ne pouvais entrer en Algérie sans justifier d'un lieu de résidence et de la durée du séjour. Nerveusement, connement, j'éclatais de rire en m'exclamant : "Hé ben ! Si nous faisions pareil en France pour tous les visiteurs !". Sèchement, durement, cette personne a sifflé sans desserrer les dents : "Parce que vous croyez que c'est plus facile pour les algériens de venir en France ?". La baffe. Honteux, penaud, la queue entre les jambes, je ne savais plus comment m'excuser... J'ai demandé pardon. Pour la France.
En fait, je crois qu'ils redoutent les risques pris par les quelques rares touristes, et les conséquences qui découleraient d'un incident.
Enfin séjour indéterminé au Maroc. Grande virée pour découvrir un peu plus ce pays, après être allé saluer ceux que j’ai connus l’année dernière et qui m’attendent et me relancent avec acharnement ( !!). Seulement, cette année, je serai seul. Pas de compagnon, pas d’interprète, pas de moteur pour me booster. Alors, j’irai au rythme que j’irai. Je vivrai ce que je vivrai. Aucun objectif. Aucun interdit. Je sais quand je pars. Je ne sais pas quand je reviendrai. Si je reviens.
C’est pour cette raison que je réactive ce blog. Il va devenir utilitaire.
« Carnets de route » que je vais l’appeler. Ce sera le lien avec ceux que se demanderont où j’en suis. J’ai constaté l’année dernière que l’usage du téléphone depuis ces contrées lointaines pouvait entraîner des charges prohibitives… Pas de téléphone, donc. Quand j’aurai accès à internet, je mettrai un petit mot. Sans fioritures.
A l’usage des qui se demandent si je vis encore. S’il en existe, ils seront peu nombreux.
Si je reste trop longtemps silencieux, ceux-là pourront effectivement s’interroger. Sans s’affoler : du côté du Sahara l’accès à internet pourrait être très limité. Et pour peu que je suive un jeune Touareg sur son chameau…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21857
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.