J’ai hésité à raconter. Je n’ai pas les cuisses propres. D'un autre côté, je tire fierté d’avoir construit ce blog avec de la franchise et de la transparence. Il faut que cela continue. Même si cet incroyable amour qui m’est tombé sur la tronche fait que je ne sais plus trop qui je suis vraiment. Même si je dois à mon Chérubin une discrétion à la hauteur de sa pudeur.
Vendredi dernier. Seul jour sans travail pour mon amour. Il avait décidé que nous ferions un grand ménage tous les deux. Le matin, je n’en avais plus le courage. Mais lorsqu’il a décidé quelque chose… Nous nous y sommes mis. A la marocaine : vider entièrement, une à une, chacune des pièces pour laver à grande eau, rincer, laver, rincer, laver… Puis réinstaller les meubles après un soigneux toilettage… Ouah !
Lui aussi avait sous estimé la charge de travail. Le couscous familial a été sacrifié. Nous avons fini à une heure avancée de l’après-midi. Pour suivre, à défaut de couscous, un poulet dans une rôtisserie voisine avant de le conduire à son cours de français. Dans la foulée il avait un match de foot. Je suis rentré chez nous finir le rangement. Son match s’est prolongé. Quand il est rentré, je m’étais installé devant une quelconque émission de la télé française. Vous dire son importance : je ne me souviens plus laquelle… Il s’est affalé sur la banquette en gémissant : « J’ai faim »… Une colère sourde, ridicule et foncièrement injuste, m’a submergé. Je me suis levé brutalement et j’ai commencé à préparer le repas. C’est lorsqu’il a voulu passer sur une chaîne arabe que j’ai explosé : « Ah ! Non ! A défaut de voir, je veux au moins écouter la discussion ! » (ce devait être un débat politique, à tous les coups). Il s’est enfermé dans la chambre où je l’ai trouvé effondré, en larmes. J’ai brutalement pris conscience de mon attitude et tardivement culpabilisé. Lorsque blotti dans mes bras j’ai pu lui arracher ses premiers mots, ce fut : « Laisse, laisse ! Ma vie c’est toujours ça : cinq minutes de « smiles » et vingt minutes de pleurer »…
J’ai été bouleversé. Depuis longtemps j’avais perçu son manque de confiance en lui. Sans oser mettre vraiment le doigt dessus, ou enclencher mes habituelles plaisanteries graveleuses sur ces complexés à qui tout sourit et qui ne veulent pas en prendre conscience. Instinctivement, je percevais que c’était trop grave pour en jouer. Mais à ce point ! Il a été long à se calmer. Moi, je ne cessais de dire mes regrets, ma culpabilité d’avoir été injuste au terme d’une journée où je n’avais eu que du bonheur, grâce à lui, en voyant son travail acharné pour moi, pour nous.
Petit à petit, j’apprends des choses sur sa vie. Par bribes. Par confidences échappées. Le charmant « Papé » est charmant avec moi, Chérubin a connu autre chose que du charme. Quoi ? Jusqu’où ? Cette violence familiale qui ici plus qu’ailleurs est plus qu’ordinaire, quelconque. Mais ? L’attachement du garçon à son père et à sa famille est indiscutable, très fort, structurel. Je ne suis pas psy. J’avance sur des œufs. Je ne peux qu’offrir mon amour. Celui-ci me submerge de plus en plus : je dois aussi le gérer pour préserver un minimum d’objectivité. Souffrance enfantine ? Mise au travail à dix ans, avec le sentiment d’être un ignare, un illettré ? Après quelques semaines d’apprentissage, il lit et écrit le français mieux que certains nationaux. Je n’ai plus aucun doute sur ses capacités. Je doute de mes aptitudes à l’aider à dépasser ses handicaps.
Un jour, une commentatrice bienveillante m’a conseillé ici de ne pas m’interroger : si ce garçon restait avec moi, c’est qu’il y trouvait son compte. J’ai été long à l’admettre. Ici, je disais : « Oh… Parce que s’il est réellement, totalement, sincère, la responsabilité qui m’incombe me fait peur ;… » Aujourd’hui, je ne doute plus qu’il soit sincère. Je doute de mon aptitude à assumer toutes les responsabilités qui en découlent. Il ne me donne que du bonheur. Je devrais le lui rendre au centuple et lui ouvrir des horizons qui chantent. En serai-je capable ?
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21857
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.