Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 17:05

 

Cyclique. Nouvelle et forte rupture conflictuelle entre Zig et moi. Il ne comprend pas quelles nouvelles raisons j’ai trouvé pour « faire la gueule », je ne comprends pas qu’il ne comprenne pas.

Je suis ridicule, c’est évident, et je n’ose en parler, même ici, qu’à mots voilés.

N’ayant toujours pas d’employeur, il a choisi de travailler comme manœuvre dans la petite entreprise du bâtiment de l’un de ses frères. Il est de moins en moins là, et couche le plus souvent chez ce frère ou chez ses parents. Messages.

LUI : « Bnne apéti. tu dwa tsentir seul mé sa dwa tfair du bien dte retrouvé t vieille zabitud o kalme mwa chwi mé paren jdwa travaillé avk A.  2min jkrwa kjvé kouché ici. Bne swaré é bnne nui te sen pa obligé drepondr je c kté tjr faché ... »

MOI : « Faché, non. Tu as tout cassé. Je tourne la page. Point. »

Le lendemain :

LUI : « Bjr boby chwi dan la merde grav jvé avwar bezoin dtn soutien »

« Pa financieremen tkt pa mé moralmen é inteligemmen g enkor fé lkon pendan tn absence g une chance dmen sortir mé ke si tu me kouvr jpaseré ce swar avk A.  pr en parlé si tu ve bien. »

MOI : « Te couvrir ? Ne rêve pas. Tu peux tjours venir me voir, mais je ne ferai rien d'illégal. »

LUI : « Nan c rien dillégal tenfépa »

Je ne savais pas précisément ce qu’il attendait de moi, mais j’avais une petite idée : mon réseau d’informateurs avait fonctionné… Pendant la Féria il s’est payé un contrôle d’alcoolémie positif alors qu’il conduisait  la voiture d’un copain.

Il est venu, j’ai refusé le faux témoignage qu’il sollicitait, je lui ai demandé de se comporter en adulte et d’assumer sa faute. Il risquait de perdre son beau permis tout neuf si difficilement acquis ? Hé bien il devait faire face. Nous l’avions tous prévenu, j’avais maintes fois parlé de ce risque.

Je n’avais pas encore vu son visage aussi défait. Les mâchoires crispées, il est parti sans un mot.

Je me suis enfermé dans le bureau pour pleurer. Je ne m’étais jamais imaginé aussi faible.

Quand je suis descendu parler avec son frère, il était en train de faire ses bagages. Il me quittait ?

Le lendemain, j’essayais de mettre noir sur blanc dans une lettre l’amoncellement de manquements, de conneries, d’incommunicabilité, de bitures, depuis ces dernières semaines. Je lui ai redit que je croyais en lui, mais que rien ne pouvait changer tant qu’il ne déciderait pas, lui, de changer radicalement de mode de vie. Avec ou sans aide.

Samedi, il reprenait contact : « Je peux passer te voir ? »

P’tit con.

1004160004.JPGLe mignon, nouveau, petit salon qui était sensé être devenu sa chambre.

Le vieil obèse affalé, avachi dans le fauteuil. Rasé de frais pour essayer de masquer le visage défait qu’il se trimballe depuis plusieurs jours.

Un jeune fin et racé, (amaigri, je suis certain qu’il a maigri !), assis sur la pointe de ses fesses dans le canapé, plongé dans la lecture des trois feuillets tenant lieu de cahier de doléances. De temps en temps un regard furtif sur le vieux qui l’observe.

Silence douloureux.

Le vieux est fier : il réussit à rester calme. Sur un ton doctoral il énumère ses amertumes. Il fait œuvre de pédagogie. Il est le Maître. Surtout ne pas tancer l’élève. Juste le sermonner, lui apprendre à vivre.

Le jeune muet, qui écoute. Parfois les yeux baissés. Parfois les yeux qui pétillent comme des pépites. Parfois les yeux qui deviennent tranchants comme de l’acier. L’élève. Il attend que l’orage passe. Il attend l’accalmie pour essayer d’en placer une… En toute révérence, bien entendu…

Enfin l’élève prend la parole. Il ne cherche pas de faux-fuyants. Il a des choses à dire, et il les dit. Calme, tranquille. Sans animosité. Sans remord confus.

« Tu ne supportes pas de me partager. Tu me voudrais pour toi tout seul ; »

« Il faudrait que je te demande avant de les recevoir si ces mecs vont te plaire ; »

« Je n’ai pas exagéré ! Regarde combien sont restés avec moi ? Trois ? Quatre maximum ! »

« S’agit pas de nombre ! Et tu le sais très bien. Quand tu étais dans une démarche constructive, je ne disais rien. C’est quand je te voyais riper et que j’étais impuissant que je poussais un coup de gueule ! »

« A chaque incident, ya une histoire d’alcool. Reconnais-le bordel ! »

« J’en ai avalé, des couleuvres, tu ne crois pas ? »

« Je l’ai bien vu, tu fais pareil avec tes enfants, tu ne dis rien, tu ne dis rien, tu fais la gueule, tu ne dis rien, et brusquement tu éclates ! Et là, sur un presque rien, tu fais une colère énorme !

« Tu dois prendre tes responsabilités et assumer ta connerie. Toujours fuir, ça te retombe à un moment ou à un autre sur le coin de la gueule ; »

« Ce serait trop dur de tout recommencer ! J’ai assez eu de mal à l’avoir ce permis ! »

« Si tu assumes, je t’aiderai. S’il le faut, nous le repasserons, ce permis ! »

« Tu es imprévisible, tu passes de la bonne humeur à des colères effroyables ; »

« Un soir tu prépares à manger pour tout le monde, ça baigne, et à la fin de la soirée tu les vires tous avec pertes et fracas. On n’y comprend rien ! »

 « Merde, tu es injuste ! Ma porte a toujours été ouverte ! Ce que je n’accepte pas, c’est que l’on passe outre les règles que j’ai posées. Je n’ai pas envie de recommencer comme avec ton frère ! »

«  Tu t’es très mal comporté vis-à-vis de S. quand il a été arrêté. Tu ne pensais qu’à récupérer mon téléphone, tu t’en foutais de lui ! »

« Ne nies pas ! Si ça avait été moi à sa place, tu aurais remué ciel et terre ! »

« Quand on ne sait pas, on se tait, on ne dit pas des conneries plus grosses que toi ! »

« Mais je ne savais rien parce que tu ne me disais plus rien ! »

« Il ne s’agit pas de faire simplement une cure.  Ça ne sert à rien une cure si c’est juste pour faire plaisir à ta sœur et à moi. Il s’agit de changer de comportement du tout au tout. Changer de relations. Changer d’intérêts. Voire changer d’amis… »

« Parce que tu crois que je ferais une cure d’un mois pour vous faire plaisir ? Que ça me ferait plaisir ? Mais j’aimerais mieux prendre une cuite tous les soirs pendant un mois ! »

« Tu vois ? »

« Tu justifies tes coups de gueule après coup, alors que tu n’as simplement pas su rester maître de toi… »

 

Je digère. Va falloir du temps pour savoir qui était le Maître, et qui était l’Elève.

Et pour savoir quoi faire.

Publié dans : Un amour improbable
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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