Mardi 9 novembre 2010 2 09 /11 /Nov /2010 12:58

dimanche 7 novembre 2010

Je vous ai dit que je m’en souviendrai, de ce passage en Algérie ! J’ai beau savoir et me redire que c’est la dernière grande virée, dix fois par jour je me jure que l’on ne m’y reprendra plus…

J’en suis malheureux ! J’aime le Maghreb, j’aime ces gens du sud, j’ai eu et ai de nombreux amis algériens ou d’origine algérienne. Je déteste les jugements à l’emporte-pièce,  je n’ai pas visité le pays, je n’avais pas l’intention de le visiter mais seulement de le traverser, je ne le visite pas. Mais le peu que j’ai vu et le peu que je vois fait un contraste tellement saisissant avec la Tunisie ou le Maroc ! Les stigmates de la colonisation sont partout, visibles et pesants. Seules les personnes de plus de cinquante ans ont connu l’occupation de la France et la guerre. Et pourtant, à chaque geste, à chaque instant, dans chaque regard, je me sens comme « l’occupant dont il faut se méfier ». Je ne pourrais pas être adopté comme je l’ai été l’an passé  au Maroc: le contentieux est trop lourd.

Visiblement le pays n’envisage pas le tourisme. Tout au plus supporte-t-il (me semble-t-il) ceux qui s’obstinent à venir malgré toutes les barrières jetées en travers de la route… Oui, tiens, à propos de barrières, ou plus exactement de barrages : Chaque entrée de ville, chaque fin d’autoroute, chaque grande artère d’une agglomération, mais aussi en pleine campagne, nuit comme jour, des barrages de police, équipés de herses, réduisent la circulation à une seule voie. Il faut ralentir, la nuit éteindre ses feux de croisement et allumer le plafonnier, marquer le stop devant le militaire… Ceux qui me connaissent n’ont pas besoin de précisions supplémentaires.

Sûr, si j’en avais la possibilité, je serais déjà parti.

Et que dire de l’absence de signalisation routière, de la quasi-totale absence de nom de voies, hors quelques rares plaques écrites en arabe ?… Des hôtels soi-disant de luxe qui peineraient en France pour obtenir une deuxième étoile. Le « palace » où j’étais la nuit passée, à cent €uros la nuit, quand même, avait sa chaudière en panne, je ne n’ai pu faire qu’une toilette de chat, la chasse d’eau qui ne fonctionnait pas, et un lit de 70cm (en fait des lits jumeaux) à la stabilité équivoque… Pour être honnête, je dois compléter ce tableau en soulignant la gentillesse et la serviabilité de l’ensemble du personnel, du directeur propriétaire à la fille de salle. Quand même, le bilan…

Et par-dessus tout ça… Les malheureux algériens n’y sont pour rien, les emmerdes se rajoutent, les emmerdes continuent. Question bateau pour l’Espagne, c’est possible, oui, tous les mercredis seulement, pour la modique somme (calculée au plus juste) de 680,00 €uros… Je me suis étranglé. Presque 700,00€ pour 8 heures de traversée, alors que le voyage Marseille-Tunis qui dure 22 heures ne m’a coûté que 400,00€! Et je devrais patienter ici trois jours ! Demain, je consulte la société concurrente. Et d’un.

Et de deux : Je me suis aperçu aujourd’hui que le serviable chauffeur de l’hôtel d’Annaba avait provoqué une nette déformation de la carrosserie du côté droit en plaçant mal son cric. J’avais bien entendu un « cloc »… Maintenant la porte passager frotte à l’ouverture ! Etant seul, je ne m’en suis rendu compte qu’en embarquant un membre de l’équipe du premier hôtel qui venait me montrer le chemin pour le deuxième où je suis ce soir. Oui, c’est vrai, je ne vous l’ai pas dit : l’hôtel premier était complet et ne pouvait me garder un jour de plus…

Quand je vous dis…

mardi 9 novembre 2010

Je vous dis ça, et je ne vous dis rien…

Après avoir frisé les quatorzièmes dessous, hier, lundi, tout s’est débloqué d’un seul coup. Je cherchais la deuxième compagnie maritime située en centre ville pour comparer les prix. Comme dans tout le Maghreb, chaque bordure de trottoir est  le domaine d’un « gardien de parking » qui, officiellement, ou officieusement, ou au noir, vous trouve une place, vous la réserve, vous guide dans les manœuvres, et surveille votre voiture pendant votre absence. Se préserver les bonnes grâces de ces gardiens est vital pour sa tranquillité d’esprit.

GardParkPotesLà, hier, je suis tombé par hasard sur un gentil garçon, pas particulièrement privilégié par la nature, mais au regard doux et franc. Surtout il était entouré par une bande de copains tout aussi sympathiques, dont un ou deux parlaient assez bien français. J’ai discuté, plaisanté, j’ai écouté. Ils m’ont indiqué les banques, l’emplacement de la compagnie de ferries. Grâce à leurs indications, j’ai rencontré un guichetier de banque aimable et parlant parfaitement français. J’ai enfin pu comprendre mes difficultés à retirer de l’argent ! Sur Oran, il n’y a que trois guichets ou distributeurs acceptant les cartes internationales !... Ouf, j’allais pouvoir manger… Parallèlement, j’ai reçu les subsides de dépannage envoyés par mes enfants. J’ai pu acheter le billet pour la traversée vers l’Espagne, sensiblement moins cher qu’avec la compagnie concurrente. Et le bateau part d’Oran ! Je vais pouvoir patienter ici. Je dis bien patienter : le départ est déjà reporté d’une journée pour cause de tempête…

Du coup, j’étais dispo et de bonne humeur. J’ai retrouvé les jeunes autour de ma voiture, et j’ai proposé à celui qui baragouinait le mieux le français de me servir de guide pour la journée. Le jeune gardien de parking GuideGardParka fait une tête de 10 mètres de long !... Visiblement ils étaient très copains tous les deux. J’ai décapoté et embarqué le couple… Je ne vous décrirai pas les yeux brillants de jubilation ! Grâce à « mes guides », j’ai pu rejoindre rapidement l’hôtel pour y déposer billets de bateau et d’espèces (minimum de prudence quand même…), puis aller voir le concessionnaire Peugeot (vers l’aéroport, j’aurais mis 3 jours pour le trouver seul !), dont le service carrosserie a pu régler provisoirement mon problème de porte grinçante…

Je jubilais !

VueOranNous avions le temps, j’ai demandé à mes guides de me balader… J’ai enfin vu Oran comme il faut la voir : de haut, belle et grandiose loin des détails. « Santa Cruz » est un pic rocheux qui la surplombe. Des paysages à couper le souffle. L’amour de ces jeunes pour leur ville. Je commence à être réconcilié avec l’Algérie… Avant d’aller dîner ensemble pour clôturer cette, enfin, première journée agréable, je les ai emmenés à l’hôtel où nous avons imprimé quelques photos. Cela devient trop facile de jouer le magicien. Mais j’ai tellement de plaisir à voir leurs yeux briller de plaisir ! Et qu’importe qu’ils n’aient pas le charme charismatique d’un Nizar : le but final n’est pas le même, ce sont « mes guides ». Point.

OranSantaCruz   MoiOran

Aujourd’hui, ils devraient me concocter une belle virée. Je les attends d’une minute à l’autre.

Publié dans : Carnets de route
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La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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