C’était mon rêve. Mon objectif du voyage de cette année. Voir du sable, beaucoup de sable, et des hommes du désert. Occasionnellement aussi, des chameaux et des dromadaires. Mais ils me font moins fantasmer…
Je ne verrai pas le Sahara. Tout se ligue contre moi.
Au grand bonheur de mon Chérubin, qui s’acharne, depuis des jours et des jours à me convaincre que le Sah’ra, ce n’est que du sable et du soleil. Beaucoup de sable, et beaucoup de soleil. Beaucoup trop de sable et beaucoup trop de soleil. Fès, c’est quand même mieux, beaucoup plus civilisé !
Je n’ai pas réussi à comprendre ce qu’il redoute (pour ne pas dire ce dont il a peur…). Il a, ainsi des terreurs inexplicables, que j’ai vainement tenté de décortiquer et de comprendre à l’aide du traducteur en ligne. Lorsque je le pousse dans ses retranchements, il se ferme comme une huître. Et là… Je mets au défi quiconque de lui tirer une explication ! Ainsi, un soir à Casablanca, j’ai voulu entrer dans la vieille Médina de nuit, par un passage peu éclairé… Impossible. Nous nous serions disputés si je m’étais acharné ! Ainsi, à Rabat, un jour de fort orage j’ai voulu sortir. Il a refusé, s’est buté, a allumé la télé et s’est allongé sur son lit. Je suis sorti seul. Une demi-heure après, il m’appelle sur mon portable : « Viens ici maintenant ! ». Phonétiquement, en gros : « Vié ‘ci, méteueueunan ! ».
Je suis revenu, il s’est jeté dans mes bras et nous avons fait l’amour mieux qu’une première fois… Je pleurais, il léchait mes larmes au fur et à mesure en répétant : « pleueu pas ! »…
Je n’ai jamais eu d’explication sur ces phobies…
Là, j’étais bien décidé à ne pas lui céder, d’autant que le blocage ne me semblait pas aussi violent. Tout au plus, m’accusait-il de vouloir rencontrer le cousin de Ab. (qui, comme je l’ai dit, n’a pas pu venir avec nous), parce qu’il était « zoligarzon » et que j’avais en réalité envie de Ab. … Je ne sais pas comment est le cousin, pour le reste, il n’a pas entièrement tord… Mais même sa crise de jalousie me semblait ludique…
Tout simplement, il n’a pas de goût pour les voyages. Il n’est avec moi que pour être avec moi. Le reste, il s’en fout. Dix fois par jour, le pouce en l’air, il me répète : « Fès meilleueu ! »… Je ris, il rit…
Non, non, il n’y est pour rien. C’est moi, je suis malade comme un chien. A mon tour. En fait, il y a des jours et des jours que je traîne cette gastro, et là, elle a pris des proportions gênantes. J’ai passé une nuit très difficile, et j’ai dû m’avouer que je ne me voyais pas faire du tourisme dans ces conditions. Surtout dans une région réputée spartiate… J’ai décidé de rentrer à Fès. Nous sommes revenus à l’appartement.
Je conserverai donc précieusement cette photo d’une tente, croisée à l’entrée de Marrakech. Pour nous dire que la ville est la porte du désert.
Une porte qui se referme devant moi. Irrémédiablement. Obstinément.
Je m’en fous, j’adore Fès ! Et l’un de ses habitants.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 18520
En ligne : Selon OB : 4
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.