Il est là. Il est toujours là. Dans la chambre. Après le petit déjeuner il s’est ré allongé. Il souffre de la gorge, une nouvelle fois. Il semble qu’il soit un peu fragile de ce côté-là. C’est bien le seul (de côté)… Pour le reste, dur comme un roc. Filiforme mais dur. Genre aiguille, si vous voulez. Enfin, aiguille… Vraiment, je choisis bien mal mes images !
Il est là. Il est toujours là. J’en suis bouleversé, et j’ai peur. Ça y est ! Je commence à couper les cheveux en quatre dans le sens de la longueur !
Il est là, après tout rien de plus normal puisqu’il semble bien avec moi. Son travail est terminé. Il faut qu’il en cherche un autre. Et moi, égoïstement, j’ai envie d’en profiter un peu. J’ai un peu envie d’en profiter. J’en profite au maximum que je peux. Bref, je plane.
Je n’ai pas tout à fait fini d’équiper l’appartement. Le fabriquant du salon marocain, l’ancien propriétaire, se fait tirer les oreilles. Des promesses jamais suivies d’effet. Je ne parviens pas à dénicher quelques posters pour égayer les murs. Encore quelques étagères à mettre en place. Des broutilles, quoi.
Il est là, et je ne comprends pas. Il suit assidûment ses cours de français, je le fais un peu travailler, il progresse
de façon impressionnante. Mais pas suffisamment pour avoir des discussions approfondies. Ou alors joue-t-il soigneusement à les éviter ? Depuis plus de quinze jours maintenant il ne m’a
quitté que pour aller au travail et aux cours. Un entraînement de foot,
occasionnellement. Entre deux, il passe par chez lui, évidemment. Je le vois revenir avec des vêtements propres et fraichement repassés. Parfois le midi, me dit-il. Parfois entre
le travail et les cours. Mais ses parents ne s’interrogeraient donc pas sur comment et où il vit ? Il est de plus en plus inquiet et cherche puérilement à cacher notre relation. Il voudrait
descendre de voiture quand nous approchons de la maison, pour que nous arrivions chacun de notre côté. Quand un visiteur quelconque frappe, il se précipite pour s’enfermer dans la chambre, la
tête sous la couette… J’ai beau essayer de lui expliquer qu’il ne fait que mettre l’accent sur « l’anomalie » de notre relation, il ne semble rien entendre. Il a peur. Peur de
quoi ? Nous sommes loin de son quartier. Il ne connait personne ici. Alors ? Putain de pression sociale !
(Lors d'un entraînement de foot, il pose fièrement
avec le cadeau ramené de France)
Il est là, de plus en plus tendre dans l’intimité de notre vie. De plus en plus passionné dans le secret de notre alcôve. La nuit je me réveille quand il cherche à me prendre dans ses bras ou à se blottir dans les miens. Ça me fait peur. Ce trop-plein de bonheur est menaçant. Selon la chronologie de mes projets à l’origine de ce grand voyage au Maghreb, à cette heure, je ne devrais plus être de ce monde. Ce sursis prend par moment des aspects hideux. Je n’y comprends plus rien. Je voulais vivre une dernière fois avant de mourir quelque chose d’intense, de très fort. Je suis servi. Bien plus que je n’avais été capable de l’imaginer. Cette nuit, je me suis consolé en me disant qu’une mort maintenant serait une belle mort. Je l’ai violemment serré contre moi en murmurant : « Je voudrais mourir dans tes bras ! ». Je fus immédiatement honteux d’une telle pensée, et me réjouis qu’il ne comprenne pas bien le français. Dans la pénombre je l’ai vu sourire, me donner un bécot et souffler dans mon oreille sa phrase fétiche : « I love you, too »…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 21921
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.