Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 00:48

 

C’est un aveu que je n’ai fait que très, très rarement. Sans forfanterie, je crois ne pas avoir peur de grand-chose. Surtout pas de la mort. J’ai ai parlé ici, maintes et maintes fois. Beaucoup trop sans doute : certains de mes proches m’en tiennent rigueur. Satanée transparence !

Même ma crainte obsessionnelle du handicap, de l’accident handicapant, voire pire, n’est pas à proprement parler une peur : dans la mesure où je ramènerais la problématique au cas précédent. Oui, bien sûr, parfois je frémis, à l’idée que quelque membre du corps médical ferait tout, connement tout, pour m’empêcher d’écourter ce qui ne serait plus une vie.

Mais je frémis, sans être vraiment terrorisé : dans ce domaine au moins, les cons se font de plus en plus rares.

 

Là, j’ai peur. Peur de la machine incontrôlable de nos administrations. Kafkaïenne, disais-je tout à l’heure au préposé –enfin un d’agréable- que j’ai rencontré au Consulat.

J’ai écrit. Du mieux que j’ai pu. La seule chose que je ne fasse pas trop mal. Maintenant,… le sort en est jeté, s’pas…

(D’aucuns trouveront ma prose trop longue, trop grandiloquente, trop prétentieuse. Je crois avoir soupesé le pour et le contre du mieux possible. Suggéré la souffrance et la révolte contre le rouleau compresseur des formalités, tout en donnant à sentir une certaine fragilité qui donne davantage envie de rassurer plutôt que de mettre en avant sa toute-puissance de fonctionnaire…)

J’ai écrit. J’ai peur. J’attends. En cas d’échec, je me battrai encore, autant que je le peux. Je ne parviens pas à comprendre ces discriminations, ces insultes faites à la nature humaine…

 

 

Boby

30060  F E S

+2126 99 xx xx xx

 

                                                                              Consulat de France

                                                                              Service des Visas

                                                                              30000  F E S

 

                                                                              Fès,  le 17 mai 2011

Objet : Engagement à se porter garant pour un visa de court séjour d’un ressortissant marocain.

Références : Dossier de demande de visa de Monsieur Chérubin.

 

Madame, Monsieur,

 

Ce présent courrier vient en appui de la demande de visa de :

 

                        Chérubin

                        Passeport N° OY2700000

                        CI N° CD123456

 

Je connais la famille de Chérubin depuis 2009. Lorsque j’ai envisagé de m’installer partiellement à Fès, ils m’ont accueilli avec la générosité remarquable des marocains.

Vis-à-vis d’eux, afin de limiter les fantasmes vains, je me suis moralement engagé à faire découvrir la France à l’un de leurs plus jeunes fils. Les aînés ont des obligations sociales et familiales, le plus jeune est encore mineur.

 

Je dois me rendre en France très prochainement, (obligations médicales et contraintes de mon véhicule qui ne peut rester plus de six mois sur le sol marocain.) Je compte emmener le jeune Chérubin avec moi pour ce court séjour qui ne doit pas dépasser 2 ou 3 mois maximum.

 

Nous avons longuement parlé, tant avec la famille qu’avec le garçon lui-même,  des réticences des autorités françaises à accorder un visa à un jeune non marié et ne pouvant justifier de ressources sur le sol marocain. Le jeune homme s’est solennellement engagé devant moi à ne pas profiter de ce voyage pour tenter d’immigrer clandestinement dans l’un des pays Européen.

 

Rien n’autorise quiconque à mettre en doute cet engagement dont je me porte garant. Plusieurs raisons viennent conforter cette certitude :

 

-       J’ai un logement sur Fès avec bail renouvelable, je ne vais donc faire qu’un aller-retour. Lors de ma venue au Maroc, le garçon ne restera pas sans moi en France.

-       La famille de Chérubin n’a aucune famille ni amis en Europe. Le jeune homme y serait donc complètement perdu et sans ressources. D’autant qu’il a compris depuis longtemps que rien n’est possible en France pour un jeune non diplômé, à part travailler comme saisonnier dans les champs, dans des conditions souvent sordides.

-       Comme beaucoup de jeunes travaillant « non officiellement » dans la Vieille Médina, Chérubin ne peut pas justifier officiellement d’un revenu régulier. Mais il a débuté son apprentissage vers l’âge de dix ans, et a depuis travaillé régulièrement sans interruption significative. Je ne pense pas qu’il nous appartienne à nous, français, je juger ce système d’économie parallèle. D’autant qu’il a ses avantages : l’employeur accepte une absence de 2 ou 3 mois sans doute plus facilement que s’il y avait la contrainte d’un contrat de travail !

-       Chérubin est un couturier expérimenté, apprécié, qui retrouvera donc sans problème son emploi dès son retour à Fès.

 

 

Voulant mettre toutes les chances de son côté, après un entretien au Consulat, j’ai fait en sorte que sa situation soit davantage normalisée :

 

-       Il a fallu lui faire-faire un passeport ;

-       Prendre une assurance « Shengen » ;

-       Ouvrir un compte en banque… Jusque là il gérait informellement ses revenus, d’autant que son salaire ne lui permet que de vivre décemment, et il confiait ses économies à ses aînés, qui eux, sont mieux installés. Depuis l’ouverture de ce compte, il s’est attaché à réunir aux mieux ces petites économies dispersées un peu partout…

-       Les sommes réunies sont modestes. Quoique non négligeables pour un jeune ici. Mais afin de conformer sa situation aux exigences administratives, je verserai moi-même sur son compte  la somme nécessaire au respect de la règle des 31,00 €uros par jour de disponibles, soit 31 x 90 =  environ 3 000,00 €uros.

 

A noter, sur ce plan financier, que je prends totalement en charge le coût du séjour du jeune Chérubin :

 

-       Le voyage aller, bateau jusqu’à Barcelone (surcoût négligeable d’une personne en plus dans le véhicule) ;

-       L’hébergement et la restauration sont assurés, que ce soit chez moi, en Arles, ou dans ma famille (à Paris et dans les Landes) qui se réjouit de l’accueillir.

-       Le voyage retour, dans les mêmes conditions.

 

Je vous remercie d’aborder l’étude de ce dossier avec la plus grande bienveillance.

 

Veuillez agréer, Madame ou Monsieur, mes cordiales salutations.

 

 

 

 

J’ai peur. Ou j'aime. Allez savoir…

Publié dans : Carnets de route
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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