Vendredi 26 novembre 2010 5 26 /11 /Nov /2010 01:00

 

Enfin, presque… J’exagère toujours… « Monsieur Plus » comme m’appelait ma femme…

N’empêche, les larmes étaient bien là, au bord des paupières, et j’ai dû me moucher plus d’une fois !

Une anecdote fleur bleue, comme ce n’est pas permis…

Journée pause. Tiens, j’avais prévu un billet « Pause », et il est passé à l’as ! Essentiellement pour m’occuper de mon bolide qui me donnait quelques soucis. Ce n’a pas été très sérieux de partir pour une telle virée dans le Bled avec une voiture qui n’avait pas 1500 kms ! Je serais resté à la maison, au bout de 4 ou 5 000 kms, j’aurais demandé au garage de jeter un œil. Bref… Je voulais voir le concessionnaire Peugeot, et ici, il faut savoir donner le temps au temps : il y a trois jours j’avais pété un câble quand, au bout de quarante cinq minutes, personne ne m’avait encore dit « Bonjour », l’agent de l’accueil garage m’ayant juste lancé par-dessus son épaule : On s’occupe des rendez-vous… Bref… Jeudi nous nous sommes expliqués, et ils ont regardé mes petits soucis… Semblerait que j’ai fait le plein avec un « mauvais carburant »… Le voisin algérien en ligne de mire… Pourtant, zont le Sahara faisais-je remarquer… Va savoir… Je n’ai pas su dire depuis quand j’entendais ce cliquetis. Et puis, qu’importe ! Ils ont prescrit un additif avec le plein suivant. Je crois avoir déjà ressenti une amélioration… Bref… La journée y est passée. La nuit tombait quand je revenais vers le centre ville.

Bref… Alors j’ai eu envie d’aller vers les Allées, particulièrement le coin qui… Je comptais me poser à la terrasse d’un café pour envoyer quelques messages et passer quelques coups de fils. Mais il y avait un match de foot à la télé ! Toutes les terrasses sans exception hurlaient les vociférations du commentateur ! Bref… J’ai marché dans les Allées.

 

Nous nous sommes croisés, surtout, nos regards se sont croisés. Tout est dans la discrétion. Au milieu des familles qui déambulent, les gays dragottes, et les prostituées tapinent. Elles, beaucoup plus ouvertement. D’une drôle de façon, d’ailleurs, pas comme « chez nous ». Elles se promènent par deux ou trois, et les clients potentiels leur prennent le bras et engagent la négociation tout en se promenant. Au premier coup d’œil, on dirait des groupes d’amis. La discrétion, disais-je. Les familles avec gamins batifolent tout autour. Etrange. Bref…

Nos regards se sont croisés, mon sang a quitté ma tête pour se précipiter dans mes pieds. Je me suis assis sur un banc, le souffle coupé. Il s’est assis près de moi. Pendant quelques minutes, je n’ai plus su qui j’étais. Je n’avais jamais vu un garçon, un jeune homme aussi beau. Des traits d’une finesse exceptionnelle qui ne faisaient que souligner une mâle virilité. Surprenant. Un corps bien bâti, mince, souple, félin. J’ai dit que je ne parvenais plus à respirer ?

Après quelques petites expériences pas très heureuses, je m’étais juré de ne rentrer en contact qu’avec un mec parlant français, un français même rudimentaire, mais étant capable de communiquer. Lorsque j’ai repris mon souffle et retrouvé ma voix, je lui ai donc demandé s’il parlait français. Un « NON » de la tête fut la sentence. J’étais complètement déstabilisé. Incapable de m’éloigner en haussant les épaules. Incapable de rien faire, d’ailleurs. Enfin j’ai réussi à prendre sur moi, et à lui faire signe de me suivre. Il a acquiescé. Mon cœur battait la chamade. Madeleine fleur bleue, disais-je. Et aucun doute n’était permis : cette fois, j’embarquais bien un jeune prostitué !

Je n’ai plus de honte. Je l’ai toute bue, depuis longtemps.

C’est dans la voiture que j’ai réalisé. Lorsque j’ai pris conscience qu’il ne réagissait à mes paroles que lorsqu’il me regardait. Je m’évertuais vainement à essayer de savoir son âge. Il est sourd. Sourd et muet. Non seulement il ne parle pas français, mais il ne parle pas du tout. J’ai parfois fait allusion à ma relation difficile avec le handicap. J’étais bouleversé, des larmes troublaient ma vue. Gênant lorsque l’on conduit. J’ai en même temps réalisé qu’il était extrêmement inquiet. Non, ce n’est pas possible ! Des mecs le rejetteraient lorsqu’ils prendraient conscience de son infirmité ? Non ! J’arrachais son premier vrai sourire lorsque je lui caressais la joue pour lui faire comprendre que j’acceptais.

Dans l’intimité de l’appartement il m’a permis de découvrir ce que ses vêtements me volaient. C’est au-delà de tout ce que j’avais pu imaginer. Un corps parfait. Digne du mannequinat, d’autant qu’il est grand et élancé. Un corps d’éphèbe, ni trop, ni trop peu musclé. Un harmonieux équilibre.

Nous nous sommes glissés sous les draps, mais je voyais bien que je ne parvenais pas à accrocher son regard. Il me fuyait. Il était mal à l’aise. Il aurait voulu être ailleurs. C’était insupportable. J’ai pleuré. En silence, en essayant qu’il ne le voit pas. Je me suis haï. J’ai haï mon homosexualité, j’ai haï mon âge, j’ai haï mon comportement égoïste.

Je lui ai fait signe de se rhabiller. Je le voyais hésiter, et j’ai cru deviner. J’avais remarqué son regard vers la salle de bain en sortant des toilettes. Je lui ai demandé s’il voulait prendre une douche… Finalement, je communique mieux qu’avec un entendant ! Ses yeux sont devenus brillants en acceptant. Douche, shampoing… Je vais en faire un métier si ça continue !

Une fois revêtu, je l’ai entraîné devant l’ordi. L’idée m’était venue d’utiliser un traducteur ! Merveille de la technologie ! Ainsi, nous avons pu communiquer vraiment. J’ai pu enfin savoir qu’il avait traversé vingt printemps, son prénom, qu’il n’avait pas pu faire l’amour avec moi parce que je suis trop vieux. Qu’il faisait ça parce que sa famille est pauvre, et qu’il voudrait l’aider…

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Je ne vais pas tout raconter dans les détails. Ni quand j’ai enfin eu droit à un regard franc avec un grand sourire éblouissant. Nous avons préparé à manger ensemble, nous avons mangé, Après l’avoir pris en photo et avoir tiré son portrait, il s’est prêté avec confiance et plaisir à une séance de  poses. Il est reparti avec ses quelques photos de format A4, et un vrai, vrai, sourire.

Il est reparti… Je l’ai raccompagné, bien entendu. Il voudrait me revoir. Et je n’ai pas su dire non.

Publié dans : Carnets de route
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La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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