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Mardi 4 mai 2010 2 04 /05 /Mai /2010 12:06

 

Lundi 4 Mai 2009. Je rencontrais Zig pour la première fois. Scotché.

Le lendemain j’en faisais un billet. Je n’avais encore rien compris. Je ne comprends jamais rien à temps.

Un an. Bordel, un an !! J’en ai rêvé de cet anniversaire ! J’y ai cru. Ou je me suis acharné à vouloir y croire ?

Une semaine que je lui ai « définitivement » fermé ma porte. Une semaine que je suis seul cloitré dans cette maison, m’abrutissant dans des occupations imbéciles, ménage, repassage et jardinage, et pleurant comme… Comme ? Sans aucune pudeur, sans aucune fierté, sans aucune dignité. Ridicule, et je le sais. Je m’en fous. Je cherche juste à avoir moins mal. A laisser passer le temps. Comme si les larmes huilaient les engrenages de la montre et permettaient de moins ressentir les coups des tic-tacs sur mes tempes.

Je suis sorti hier après-midi pour la première fois depuis une semaine. Il faudra bien que je fasse quelques démarches administratives avant de remonter sur Paris, probablement dès la semaine prochaine. J’ai voulu sorti en coup de vent, et en ville… Il était là, sur le trottoir d’en face, venant dans ma direction. Il m’a vu, j’ai fait semblant de ne pas le voir. Un poignard s’est acharné dans ma poitrine. Je n’ai pas été capable de le regarder en face. Lâche. Le matin, il m’avait envoyé un message me demandant de le rappeler. En un SMS laconique, j’avais refusé, sans explication. Lâche.

J’étais, je suis, je reste convaincu qu’il est préférable pour lui que je cesse de le protéger. Que je le laisse face à ses responsabilités. Seul petit espoir que l’engrenage se bloque. Qu’il ait une possibilité de réagir. De se rebeller contre son addiction. Ce sont  l’égoïsme et la lâcheté qui me font pleurer sur mon sort. Rien d’autre. « Voyez comme je suis malheureux ! »… Et j'ose dire l’aimer ?

En vérité, je n’ai pas été capable d’établir une relation réellement constructive pour lui. Je soutiens être pédagogue, et je me suis vautré dans la mièvrerie, les faiblesses, et la lâcheté. Je dois être plus précis : nul ne saurait prétendre éduquer celle ou celui qu’il aime. La relation amoureuse est diamétralement opposée à la relation éducative. Une relation éminemment égalitaire ne saurait tolérer un dominant et un dominé. Mais accompagner. Mais avancer avec. Mais servir de rambarde de sécurité. Mais la main tendue. Le contraire des compromissions et des petites lâchetés quotidiennes. Je n’ai pas été à la hauteur de la tâche.

Seule une rupture franche pouvait permettre d’espérer, un jour, repartir d’un bon pied.

Mais ai-je été assez franc ?

Pour tous ceux qui m’aiment, je tiens à préciser, nettement, clairement :

Surtout, surtout, ne vous laissez pas aller à de sévères critiques à son encontre. Il n’y a rien à lui reprocher. C’est moi qui n’ai pas su l’aider à épanouir les prodigieuses potentialités que j’ai perçues en lui dès le premier jour. C’est moi qui n’ai pas su être un guide digne de ce nom.

Lui, il m’a offert des instants de bonheur que je n’imaginais même plus possibles. Il m’a donné envie de poursuivre, de continuer un petit bout de chemin. Il m’a fait rire, sourire, rêver. Même mes colères qu’il a si souvent suscitées me faisaient du bien. Même ses injustices et ses cruautés me donnaient envie de me battre, d’exister.

Il n’y a que ce truc, ce putain de truc, l’alcool. Et ma relation à ça. Je ne sais pas pourquoi j’ai un rapport si difficile avec cette drogue et avec ses consommateurs réguliers. Pas nécessairement abusifs. Il suffit qu’ils soient réguliers pour me faire perdre tous mes moyens. Et sa relation à lui avec cette cochonnerie. Je le sais bien, si semblable à celle de beaucoup de jeunes aujourd’hui. Si destructrice. Je m’étais illusionné. J’avais imaginé qu’il n’allait vers ces plaisirs que parce qu’il n’en connaissait pas vraiment d’autres autant ou même plus enivrants. Je croyais pouvoir lui faire découvrir des plaisirs « sains ».

Pauvre prétentieux.

Je supposais qu’il n’avait jamais vraiment souffert à cause de l’alcool. J’espérais perturber la balance. La remise en cause de son permis serait-elle assez douloureuse ? Même pas. Ma prise de distance sera-t-elle plus signifiante ?

Pauvre prétentieux.

ElectrocardioF

Je l’aime, et je hais mon impuissance. Je ne me la pardonne pas.

Il y a un an. C’était un môme en pleine galère que je recevais. L’éducateur était titillé. Le Papy maîtrisait mal ses élans de tendresse. Le pédé était bouleversé. Cul par-dessus tête. Je ne me suis plus jamais reposé sur mes pieds.

Il était en galère, et ne croyait plus en rien. Surtout pas dans les adultes. Son frère l’avait prévenu que j’étais gay. Il n’en avait rien à cirer. Il y avait un peu de confort à prendre. Il le prenait. Sans compromission. Sans haine ni affection. Indifférent et opportuniste.

Le voyage au Maroc a scellé notre complicité. Il a appris à me connaître, je crois à me respecter. J’ai très vite compris que j’étais emporté dans un tourbillon que je ne maîtriserais pas. Je n’ai pas su prendre mes distances. Je n’ai pas su le tirer vers le haut. Je n’ai pas su regarder en face cet amour ridicule et indécent d’un vieux pour un jeune qui avait à peine le tiers de son âge.

Simplement parce que je n’accepte pas d’avoir vieilli. Je n’accepte pas d’être vieux. Je ne l’ai jamais accepté. Je ne l’accepterai jamais.

Cette année est passée, et j’ai peur que Zig se retrouve au point de  départ. Je ne le voudrais pas. Je voudrais au moins lui avoir été utile à quelque chose. Mais le saurai-je jamais ?

Et voilà… Au bout du compte, après quelques hésitations… Monique, c’est moi qui avais raison.

Publié dans : Final
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Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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