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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 15:31

 

Initialement, j’avais envisagé de titrer ce billet : « Un amour à Tanger ». Trop prétentieux. Trop blabla. Ici, j’avais consacré plusieurs pages à m’interroger sur le sens du mot « Amour ». A propos de Zig. Et soudainement, là, je prétendrais avoir trouvé et savoir ? Tsssss…. Et puis Tanger… Si lourd de mythes et de symboles ! D’autant que je n’ai rien vu de la ville à part de l’eau, de l’eau, et des plaques de rues absentes ! Galère pour retrouver l’hôtel, à chaque fois. Plusieurs fois par jour… Temps de chien. Temps pourri. Rien de romantique, là-dedans !

« En pleine mer », ça sonne plutôt juste je trouve. Surtout avec ce qui est tombé hier au soir. Pour pleine, elle est pleine ! Je suppose même qu’il doit y avoir quelque part un système de trop plein ! Doit être équipée, elle ! Ici, au milieu de nulle part, que de l’eau, que de l’eau ! Sous la forme compacte, pas aspergée. Par mon hublot j’aperçois quelques silhouettes de bateaux au loin… « Pas de connexion ! » Z’arrêtent pas de le dire. Alors, autant écrire. Et réfléchir.

Dans le billet précédent, je disais : « Ce n’est certainement pas de l’amour… » ; Je ne me raconte pas d’histoires. Je sais qu’un hasard heureux a fait se rencontrer deux solitudes, celle d’un vieux pédé romantique, veuf deux fois, de l’amour de sa vie d’abord, d’une ridicule passion platonique pour une petite racaille hétéro ensuite, et la solitude, sans doute plus effroyable encore, d’un jeune gay marocain de vingt-deux ans qui ne peut pas s’assumer face à des pressions culturelles trop fortes…

ArcEnCiel01

Pendant ces trois semaines de bonheur, (de bonheur, vraiment !), je n’ai cessé de relativiser. De m’obliger à prendre mes distances. Oui, c’est évident, il aime les hommes. Il est des tendresses, des caresses intimes qui ne peuvent tromper. Et oui, c’est vrai, il est continuellement sur ses gardes. Dans la voiture il cache en permanence nos deux mains aux doigts entrelacés par une inutile carte routière et il se réfugie dans son coin dès qu’un regard (improbable) serait susceptible de deviner une intimité anormale… Dans l’ascenseur il me vole un baiser en s’écartant aussitôt à la recherche d’une menaçante caméra de surveillance… Dans la rue, il marche à deux mètres de moi, redoutant l’un de mes gestes affectif autant qu’intempestif qui serait susceptible de crier à la foule : « Regardez ! Des pédés ! » Oui, des pédés ! Car je suis convaincu qu’il serait beaucoup moins gêné d’être pris pour un gigolo que  d’être trahi par un geste de tendresse équivoque. Ou sans équivoque, plus exactement.

Il jubile du mensonge qu’il a trouvé pour faire face à la curiosité inévitable (et oh combien inquisitrice !) provoquée par notre couple dépareillé : je suis « l’employeur français de son frère en France » ! Tout redevient possible, voire flatteur : l’hospitalité marocaine n’a pas de limite !

Ce ne sont là que de petits points d'interrogation. Mais…

Pourquoi donc ai-je plaisir à me gargariser de « Je t’aime », ces trois mots que j’ai toujours eu beaucoup de mal à prononcer ? Au début, je me suis dit « Tu essayes de te mentir à toi-même. De croire à l’invraisemblable. Tu essayes de rendre probable l’improbable. » A. est un amant exceptionnel, un garçon d’une gentillesse et d’une douceur qui dépassent toutes mes attentes. Mais A. ne parle pour ainsi dire pas le français, et, à l’observer attentivement, je pense de plus en plus qu’il a, même en arabe, un niveau très faible. Où est l’intelligence bluffante d’un Zig ? Je sais bien que je ne pourrais réellement aimer dans la durée qu’un garçon que je considère, en tout point, au moins comme mon égal.

Zig m’éblouit par son intelligence et son sens acéré de l’observation, mais il m’a toujours refusé le plus petit geste de tendresse. A. est un amant d’exception, mais j’ai peur qu’en lui donnant le langage je mette à jour ses limites. Quoique. Pourrait-il être un Dieu au lit sans un minimum de finesse et de perspicacité ?

ArcEnCiel02

Je n’exprime ici que bien médiocrement le bouillonnement de mon cerveau ces derniers jours. J’ai été bouleversé lorsque A. a décidé qu’il m’accompagnerait jusqu’au port. Il ne me l’a pas demandé. Il a décidé. Et croyez-moi, ce ne fut pas pour lui une simple formalité !

Deux jours avant, pendant mes « au revoir », je visitais la famille de Zig avec Oussama. (Histoire d’adoucir le sentiment d’abandon qui torture le malheureux garçon…). A cette occasion, ce que je redoutais est arrivé, j’ai rencontré le père et la mère de Zig, que je croyais ailleurs, et j’ai eu des nouvelles fraîches… Un direct à l’estomac ! J’ai écourté la visite et une fois éloignés, j’ai éclaté en sanglots. Guéri, moi ? Oussama n’a rien compris, heureusement il a su se montrer discret. Combien j’aurais alors eu besoin des bras de A. ! Guéri, moi ? Oublié ? Zig effacé par A. ? Tsssss…

Alors ? Du cul, ou du cœur ? Du cœur ou du cul ? Pourquoi pas du cul ET du cœur ??

J’ai retrouvé A., il a bu toutes mes larmes, et m’a fait l’amour comme jamais. Je lui ai dit « Je t’aime », et je me suis fâché lorsqu’il m’a répondu « I love you too »… Il m’a mordu, et aussitôt étouffé mes cris de ses lèvres pulpeuses… Je suis trop facilement vaincu.

Tanger. Lundi soir, la tension est palpable. A couper au couteau. Les orages nous ont confinés dans notre chambre d’hôtel une bonne partie de la journée, nous en avons profité. Je l’ai taquiné parce qu’enfin, il rendait les armes… Sans insister : vexé, le soldat relevait dangereusement  la tête ! S’en est suivi un long câlin tendre. J’étais bien, le tenant emprisonné dans mes bras, nos jambes entremêlées, mes doigts jouant du soyeux de son dos musculeux, sa tête enfouie dans mon épaule. J’ai senti l’humidité dans le creux de ma clavicule. J’ai pris et relevé sa tête de mes deux mains. Ses beaux yeux noirs étaient remplis de larmes. « Non, pas toi ! Je ne veux pas ! ». Sans peine il a bloqué mes bras. Nous sommes restés longtemps ainsi, son visage enfoui comme l’eut fait une autruche.

J’ai bien failli envoyer promener le bateau et la France.

Autruche ? Qui parle d’autruche ?

 ArcEnCiel04

(La route de Tanger que nous avions découverte avec Oussama la veille de mon départ, en allant voir la famille de Zig... Le ciel me dit "Pars !" puis "Reste !"... L'Arc en Ciel est un signe, non ?...)

 

 

Jeudi 23 en arrivant en Arles... Trouvé sur le téléphone français :

"Love mon amur !! t'aime bie ! Je bisous"

... ...

Je, heureux ! Me faut pas grand chose !

Publié dans : Carnets de route
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!

1011170025m

Clin d'oeil !

 

Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
  • Homme
  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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