J’ai beaucoup de mal à le croire moi-même : depuis quelques jours ma vie est pourrie par des interrogations sur l’écriture. Ridicule ? Sans doute, mais bien réel. Sensation désagréable d’être revenu au point de départ de ce blog.
Monique n’est plus là, je ne vis plus dans l’urgence et dans la douleur, je n’ai plus à proprement parler besoin d’une béquille. Même si une passion si violente, au soir de ma vie, me fait peur. Ok. Il est donc normal cette fois que je pose la question de la signification de ce blog.
Oui, ce serait normal que je m’interroge sur l’opportunité de me torturer publiquement la cervelle.
Oui, ce serait normal que je sois gêné par l’exhibitionnisme, à la limite malsain, qui me pousse à étaler sur la place publique une relation hors norme. (Enfin… Minuscule et intimiste place publique ! Hormis mes proches, trois à quatre dizaines de visiteurs qui traversent le pont de mes états d’âme, les doigts d’une seule main suffisant à compter chaque semaine ceux qui s’attardent pour observer avec curiosité les remous de ces flots boueux qui ballottent quelques misérables fleurs bleues défraîchies…)
Oui, bien sûr. Rien de plus normal que ce malaise diffus. D’aucuns diront qu’il prouve qu’il y a peut-être quelque chose de récupérable en déblayant ce fatras narcissique.
Oui, bien sûr.
Mais j’ai pris conscience que ces interrogations portent sur le contenant, et non sur le contenu !
Sur l’écriture. Sur mon écriture. Il y a si peu d’années, convaincu que rédiger un paragraphe lisible et compréhensible était hors de ma portée, je ne me risquais pas à entreprendre de remplir une page blanche. Il a fallu l’insupportable souffrance de voir partir la femme de ma vie, associée à ma farouche volonté de l’accompagner au Royaume d’Hadès, pour que je me violente suffisamment et passe outre toutes mes peurs et blocages. Puissance du désir de laisser une trace. Narcissisme exacerbé.
A la naissance de ce site, je parlais seul, face à moi-même. Je n’avais pas de question métaphysique sur la lisibilité de mon écriture. Puis sont venus les lecteurs, quelques uns m’ont encouragé à continuer à aligner des mots, parfois avec insistance et conviction. Je n’ai pas été capable de trier dans leurs émotions ce qui relevait de la thématique –je parlais quand même du cancer, de la mort et de la vie–, et ce qui découlait d’un art épistolaire ou littéraire. Quand on a envie de croire…
Au point d’oser me lancer dans l’écriture d’un roman. Dans la rédaction d’un écrit serait plus juste : l’enchaînement des pages relevait davantage du devoir de vacances que du tricotage subtil d’une intrigue. Ma lucidité n’a pas suffit pour m’éviter le ridicule d’envoyer le « manuscrit » à un éditeur. Verbaliser un constat sans concession m’a ensuite valu d’être violemment rejeté par quelques lecteurs, probablement plus à l’écoute d’eux-mêmes que de mes états d’âme.
Les « Carnets de Route » m’ont réconcilié avec le principe du blog : encore une fois je tenais à laisser une trace, au cas où le voyage serait brutalement interrompu. Je me moquais totalement du style, totalement de mes aptitudes à l’écriture. J’avais l’intention de donner la part belle aux photos. Chérubin a perturbé cette mécanique impersonnelle. J’ai eu besoin et plaisir à crier mon bonheur sur le Net. Pourquoi ? Ya un psy dans la salle ? Oh… Quoi que c’est simple et évident : l’orgueil. Avec une part réelle, sincère, obsédante, d’incrédulité ; L’écrire m’aidait à mieux y croire. Aujourd’hui, je ne sais pas, je ne sais plus : je n’ai plus envie de vous parler de nous. C’est MON bonheur. C’est MON histoire. C’est à MOI.
Oui, mais l’écriture ? Et c’est là, que je me pourrie la vie. Je pourrais tourner la page, et cesser d’écrire sur ce support. Oui, mais l’écriture ? Ce sentiment que je ne suis pas allé jusqu’au bout, jusqu’aux confins de moi-même.
Besoin d’écrire, ou désœuvrement ? Le mois du Ramadan est commencé. Chérubin ne voulait pas rester seul « chez nous », et il est allé s’installer dans sa famille. Nous avons plus de difficultés à faire de longues séances de visiophonie. Lui voudrait. Je le pousse à plus de discrétion. Je souffrirais trop si lui ou moi, ou lui et moi, étions rejetés par sa famille. Alors les journées redeviennent longues. Je suis seul. Ici rien ne m’intéresse. Je n’ai plus de raison de draguer. Je n’ai pas envie de sortir. Je ne peux ni partir, ni m’éloigner, des raisons uniquement médicales, mais incontournables, me retiennent ici.
Écrire. Peut-être. Quoi, pour quoi ?
Exister. Pourquoi ? Jusqu’où ? Je veux le revoir.
Chérubin. L’objectif et la raison d’être.
L'écriture n'est qu'un pâle support. Tellement vain !
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22054
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.