La blogosphère est un système étrange.
En fait, chaque jour des milliers de blog disparaissent. Nous le savons tous. Nous sommes tellement versatiles ! Ce qui nous passionne dans la minute présente nous lassera et nous indiffèrera quelques instants plus tard. Pourtant, pour beaucoup, y avoir goûté, équivaut à mordre dans une drogue dure. Quelques uns, tourneront, au sens propre, la page : leur bébé renaîtra sous un nouveau titre, avec de nouveaux noms, pseudos, principes… Pour d’autres sans doute la page sera tournée pas la Grande Faucheuse. Parfois dans l’anonymat et la discrétion absolue, mais généralement un ami, un lecteur, un observateur quelconque lancera sur la toile un hommage posthume. Ceci est probablement l’une des sources de mes interrogations actuelles. Un concours de circonstances, un hasard, un signe quelconque peut-être, fait que j’ai ainsi constaté en à peine trois-quatre semaines la disparition de quelques blogueurs de ma connaissance. Ma part de morbidité s’est parfois émue pour beaucoup moins que ça…
D’autres enfin s’accrochent comme la moule au rocher. Difficile de les déloger. Je pense avoir été jusqu’à présent un de ceux là. J’ai interrompu ce blog combien de fois ? Deux ? Trois ? Quatre ? J’y suis toujours revenu. En étant convaincu que c’était vain et ridicule. Alors, par quelle ligne de fond ai-je été ferré ? Quel fil invisible me tient la tête hors de l’eau et m’oblige à lutter et donner de vains coups de queue dans l’eau, malheureuse gesticulation inutile ? (Cette dernière phrase se veut une métaphore poétique. Des coups de queue, je n’en suis pas plus capable dans l’eau que sur terre !)
Écrire. Laisser une trace signifiante. Signifiante ou pas, d’ailleurs ! En me relisant (oui, il y a une part énorme de narcissisme dans l’écriture, en tout cas en ce qui me
concerne !), il m’est fréquemment arrivé de prendre –tardivement– conscience que la plupart des lecteurs avaient probablement lu
tout autre chose que ce que j’avais voulu écrire ! Dans ma bavassitude (état chronique de celui qui « bavasse », expression de ma mère pour désigner le « parler pour ne rien dire »), les
termes équivoques, les faux-amis, les antonymes utilisés à contre sens sont légion. Sachant que le désir originel était bien de laisser une trace. Seulement, voilà : quelle
trace ?
Écrire. Pour donner du sens à ses choix, à sa vie, à son être. Là aussi : sens, ou contre-sens ! Trente-trois ans après, j’ai toujours la brulure vive au fond de mes chairs du jugement sans appel du procureur de la république, lors de mon procès : « De toute façon, les pervers comme vous trouvent toujours à postériori des justifications pour leurs actes immondes ! ». Je venais de passer un long moment à essayer d’expliquer que l’on peut avoir une moralité irréprochable tout en étant différent, en aimant également les femmes et les hommes… Alors, convaincre par l’écriture… Il faudrait être plus que ce que je suis !
Écrire, pour prendre du plaisir. Oui, pourquoi pas ? Peut-être. Non, vraiment pas exactement tout à fait ça. Mais presque ! Écrire, quelle torture ! Écrire, quelle ivresse ! Écrire, quelle illusion d’exister ! En fait, en découvrant que j’étais capable l’aligner deux ou trois ou quatre phrases qui ne soient pas trop bancales, j’ai cru, j’ai vraiment cru qu’un monde nouveau allait s’ouvrir à moi ! J’allais enfin pouvoir « faire passer » mes idées, la pureté de mes sentiments, mon amour des êtres et des choses… J’allais pouvoir passer de l’autre côté du mur qui me maintenait dans les bas-fonds, en quelque sorte rejoindre les élites ! Illusion. Plus dure a été la chute. Je n’étais qu’un gros poisson obèse battant de la queue pour essayer de briser la ligne. Ne comprenant pas que c’était elle qui me tenait la tête hors de l’eau, et que si je la brisais je rejoindrais immédiatement les bas-fonds. Illusion. L’exact contraire de libération.
Écrire. Juste assez pour garder la tête hors de l’eau. Pour survivre jusqu’à le serrer de nouveau dans mes bras. Lui redire que je l’aime. Sentir de nouveau sa peau si douce, si chaude. M’abandonner encore contre ce jeune corps ferme et puissant, sensuel et merveilleusement réactif. Le dévorer encore et encore. Jusqu’à ne plus être que lui.
Alors je trouverai peut-être la force d’écrire la dernière ligne.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 10660
En ligne : Selon OB : 1
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.