Non, vraiment rien ne peut justifier mon acharnement à prétendre confondre ce clavier et une plume d’oie. Rien. Il y a deux jours, je faisais en voiture une promenade creuse et automatique dans les rues d’Arles. Toit ouvert, radio allumée, je m’interdisais de penser. J’essayais simplement d’accélérer la pendule. Comme si…
La radio diffusait une émission culturelle : je suis toujours aussi peu réceptif à la variété.
Un animateur de radio à la voix impeccablement calibrée lisait des textes et des poèmes. J’ai toujours admiré ces types et ces femmes à l’élocution impeccable, aux accents toniques exactement posés, aux intonations pilepoil mesurées. En soulignant par contraste les borborygmes que j’émets habituellement ils encouragent mon écoute. Ce qu’il lisait m’apparaissait d’une limpidité merveilleuse, d’une simplicité lumineuse, d’une justesse apaisante.
« Et pourquoi je ne m’essaierais pas, moi, à écrire des petites choses comme ça, toute simples ? »
J’avais donc oublié ma ridicule tentative avortée « d’écriture » ?…
C’est du négationnisme, ça ! Passible des tribunaux !
Nier ce que l’on est, rêver d’être ce que l’on ne peut être, se mentir, s’illusionner. Je connais : une souffrance me parle, et je refuse de l’entendre. Que viennent fiche ces mécanismes dans la période euphorique que je traverse ? Euphorique ? Euphorique, vraiment ?
Dans les bras de Chérubin j’oubliais la réalité, j’oubliais qui je suis. La distance me rafraîchit la mémoire. La distance me fait mesurer l’inaccessibilité. Y a-t-il vraiment un fossé insurmontable ? Je souffre avec justesse ou bien me complais-je à m’écouter gémir ? Chaque jour, avec une émouvante sincérité, Chérubin me dit combien, pour lui, le temps est également effroyablement long.
Flagrant délit : j’écris pour démêler les choses et mes sentiments !
Écrire. Mettre des mots sur une blessure pour ne pas la traumatiser davantage ?
Écrire. Traduire en poème une blessure pour faire du bien aux autres ?
Écrire. Pour croire que l’on est, puisque l’on dit ?
Écrire. Une hypocrisie ?
Peut-être bien, écrire pour tenir. Tout simplement.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 17232
En ligne : Selon OB : 2
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.