Non, vraiment rien ne peut justifier mon acharnement à prétendre confondre ce clavier et une plume d’oie. Rien. Il y a deux jours, je faisais en voiture une promenade creuse et automatique dans les rues d’Arles. Toit ouvert, radio allumée, je m’interdisais de penser. J’essayais simplement d’accélérer la pendule. Comme si…
La radio diffusait une émission culturelle : je suis toujours aussi peu réceptif à la variété.
Un animateur de radio à la voix impeccablement calibrée lisait des textes et des poèmes. J’ai toujours admiré ces types et ces femmes à l’élocution impeccable, aux accents toniques exactement posés, aux intonations pilepoil mesurées. En soulignant par contraste les borborygmes que j’émets habituellement ils encouragent mon écoute. Ce qu’il lisait m’apparaissait d’une limpidité merveilleuse, d’une simplicité lumineuse, d’une justesse apaisante.
« Et pourquoi je ne m’essaierais pas, moi, à écrire des petites choses comme ça, toute simples ? »
J’avais donc oublié ma ridicule tentative avortée « d’écriture » ?…
C’est du négationnisme, ça ! Passible des tribunaux !
Nier ce que l’on est, rêver d’être ce que l’on ne peut être, se mentir, s’illusionner. Je connais : une souffrance me parle, et je refuse de l’entendre. Que viennent fiche ces mécanismes dans la période euphorique que je traverse ? Euphorique ? Euphorique, vraiment ?
Dans les bras de Chérubin j’oubliais la réalité, j’oubliais qui je suis. La distance me rafraîchit la mémoire. La distance me fait mesurer l’inaccessibilité. Y a-t-il vraiment un fossé insurmontable ? Je souffre avec justesse ou bien me complais-je à m’écouter gémir ? Chaque jour, avec une émouvante sincérité, Chérubin me dit combien, pour lui, le temps est également effroyablement long.
Flagrant délit : j’écris pour démêler les choses et mes sentiments !
Écrire. Mettre des mots sur une blessure pour ne pas la traumatiser davantage ?
Écrire. Traduire en poème une blessure pour faire du bien aux autres ?
Écrire. Pour croire que l’on est, puisque l’on dit ?
Écrire. Une hypocrisie ?
Peut-être bien, écrire pour tenir. Tout simplement.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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En ligne : Selon OB : 2
Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.
Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.
Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.
Et alors ?
Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.
Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.
C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?