<
L’âne, c’est moi. Mais là, je précise, je ne m’auto flagelle pas : je suis désespérément objectif. Résigné. En fait, j’ai l’impression qu’à soixante six ans, je découvre la vie. Aussi gaffeur qu’un ado de quinze ans. Chérubin devait me téléphoner à la fin de la journée de travail, pour nous retrouver en centre ville
et rentrer ensemble. Je savais que le soir un match de foot était programmé. J’attends, j’attends : pas d’appel. Messages. J’appelle. Pas de réponse. Je commence à bouillir. Comme d’hab. Le
lait sur le feu. Je rentre, la mauvaise humeur grandissante. Des traces de son passage. Grandissante la mauvaise humeur. Messages. J’appelle. Pas de réponse. J’attends. Et je craque : je
mange, n’importe quoi de préférence, et me couche, lamentablement boudeur. Je fais semblant de dormir lorsqu’il rentre. Il se déshabille et se jette sur moi en larmes… « Pardon, pardon,
pardon ! J’ai oublié mon téléphone à l’atelier. J’ai pas pu t’appeler… »
Incapable d’envisager qu’il avait égaré son téléphone… Je vous jure !
Hier, c’était hier. Un temps, j’ai pensé que j’allais réussir à oublier la date. Je n’ai pas vu passer le mois d’avril, contrairement aux années précédentes. Mais Chérubin
travaille le dimanche. L’ordi en rade. Le moral en charpie. L’anniversaire m’a obsédé toute la journée. Les larmes au bord des paupières. J’avais beau me dire que Monique serait heureuse de me
savoir heureux. De pouvoir connaître « ça » avant de disparaître à mon tour. J’avais beau… J’ai tant aimé ma femme ! Je l’aime tant encore ! Malgré Chérubin. Grâce à Chérubin
je sais maintenant que l’on peut aimer deux personnes. L’amour ne se partage pas. Il s’additionne.
J’ai en permanence les larmes prêtes à jaillir. C’en est handicapant. Hier, je suivais la manifestation. (Je vais y revenir). A un moment, je reste scotché à la vue d’un gamin
d’une dizaine d’années, à la beauté véritablement angélique. Des traits du visage d’une parfaite pureté, d’immenses yeux noirs, des boucles brunes sauvageonnes, un corps à la fois gracile et
puissant. Mes yeux ne le quittait pas, et je le vois sortir le sachet plastique et le porter à son nez : il snifait de la colle ! Bouillant de colère j’ai bondi et je l’ai violemment
grondé… Le malheureux ne devait pas comprendre un seul mot ! Sans se démonter, il s’est mis à me harceler pour m’arracher un dirham « pou mangé »… J’ai refusé catégoriquement, en
lui disant que ce n’était pas pour manger mais acheter de la colle… Il s’accrochait : « Non ! Non ! Moi manger ! » J’ai fui. Et éclaté en sanglot.
Le soir, en racontant l’anecdote à Chérubin, j’ai de nouveau fondu en larmes. Handicapant.
Le dimanche 24 avril était donc jour de grève et de manifestation au Maroc. J’ai un peu filmé et pris quelques photos. Mais je ne les publierai pas : bien que sur les
trottoirs il y avait un policier en civil pour une dizaine de manifestants sur la chaussée, je ne veux pas donner du grain à moudre à une éventuelle répression. Je dois être sincère : je ne
crois pas du tout à une répression aveugle comme dans le reste du Maghreb. La manif était bon enfant, extraordinairement ordonnée. Les manifestants
étaient alignés comme à la parade, reprenaient d’une seule voix les slogans lancés par les mégaphones.
Après traduction par Chérubin, il semble que les revendications essentielles portent sur le manque de travail et davantage de démocratie. J’y ai vu des drapeaux à la gloire du « Che » et un drapeau communiste. Avec de nombreuses références aux manifestations du 20 février, ayant compté les premières victimes.
Le Maroc n’est pas la Lybie : Malgré le chancre de la corruption, le Roi est respecté. Et majoritairement aimé, tout au moins dans le peuple –modeste- que je fréquente.
Le coq ? Je ne m’attarderai pas. Vous voyez qui lui correspond. Certainement pas moi. Sans pour autant sombrer dans la « poule mouillée ». Il trouve qu’il n’est
pas assez beau. Alors, depuis quelques semaines, il a débuté des « entraînements ». Après enquête, en fait, de la musculation… Comme s’il avait besoin de ça… Quoique les résultats
s’avèrent plutôt… Bref, il me gâte. Et j’aime quand il se dresse sur ses ergots, la crête gonflée et la queue… En panache orgueilleux !
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22054
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.