Deux mois que j’ai fermé ce blog, avec l’intention de ne jamais le ré ouvrir. Si par hasard quelque ancien lecteur passe par là, il ne sera guère surpris. Mes intentions en la matière ne valent guère plus longtemps que le temps de ma colère.
Dire pourtant que je suis un têtu de chez têtu ! Un fidèle, têtu, borné, cabochard, pire encore. Je préfèrerais me laisser trancher une main plutôt que de revenir sur une décision. Même si je sais que je n’avais pas tout à fait raison. Ou un petit peu tord. Seulement, voilà, ce blog. Ce blog là, il y a comme quelque chose qui… Deuxième fois que j’essaye de m’en défaire. Et je ne peux pas. Je n’y arrive pas. Et je me fous des ricanements. Je me fous de tout, d’ailleurs. Il n’y a que moi et ce blog. Que ce blog et moi. Toute ma vie se concentre là dedans, depuis deux ans. Deux ans. Effroyable.
Je l’ai fermé par une trop grande souffrance. Une incompréhension incompréhensible. Un reproche de l’un de mes enfants qui m’a fauché comme une rafale de mitraillette. En ne me laissant aucune chance. En cause les photos de ce billet. Ils souffriraient donc du paraître ? Mais comment n’ont-ils pas compris Que c’étaient là mes tripes que je mettais à nu ? Comment n’ont-ils pas perçu mes moments de terreur et de désespoir lorsque je tombais à genoux à la tête du lit pour écouter si elle respirait encore ? Ce n’était pas son lit de mort comme il me l’a été reproché. C’était le lit où elle s’accrochait à la vie avec opiniâtreté pour m’interdire de partir avec elle. Il lui restait presque deux mois à vivre.
Moi, je ne vivais déjà plus.
Deux ans. Certains peut-être tireront gloriole de ces « deux ans de gagnés ». Certainement pas moi.
Elle voulait que je reste « pour » les enfants. Je suis resté « à cause » des enfants. Et d’une parole donnée à une mourante. Elle imaginait qu’ils avaient encore « besoin de moi ». Ils ne voulaient surtout pas s’encombrer d’une culpabilité inutile. Et je les approuve ! Je ne leur ai été utile en rien, mais j’ai laissé leur conscience en paix. C’est déjà ça.
C’est drôle cette idée que beaucoup de gens ont : chaque jour de vie gagnée est une victoire contre… Contre quoi, au juste ? Pour quoi exactement ? Et je retrouve le même état d’esprit chez beaucoup d’individus qui se disent ou se croient… Croyants ! Ils devraient pourtant se réjouir d’être au plus tôt auprès de leur Seigneur ! Je ne suis pas croyant. Et comme tous les matérialistes je pense qu’un jour, un mois, un an de plus ou de moins ne change rien. Au final, tout se retrouvera dans le même tas de poussière sous la petite dalle.
Je me suis demandé, dans ce que j’ai vécu ces derniers mois, ce que j’aurais pu regretter si j’étais parti en même temps que Monique. Rien. A question idiote, réponse idiote. Un mort n’a aucun regret. Arrogante prétention de donner une valeur à une chose vécue ! Je pourrais être satisfait d’une trace laissée. D’une œuvre accomplie. De l’orientation donnée à une vie. Fier d’avoir semé une graine, une vie, une idée. Mais « avoir vécu quelque chose » ! Moi seul en garde le souvenir, et les cendres n’ont pas de souvenir.
Bien entendu, je pensais en premier à cet amour qui m’est tombé sur
le coin de la gueule sans prévenir. J’imaginais mes contradicteurs me disant : « Ça, quand même ça valait le coup de le vivre, non ? ». Connerie ! Que je l’ai rencontré ou pas, cet amour, ça change
quoi ? De toute façon les mauvaises herbes pousseront quand même et toujours autour de la tombe. « Peut-être, mais lui, il vit quelque chose qu’il n’est pas près d’oublier ! »
Tu parles, Charles ! Il m’utilise, tant que je suis là. Il gèrera l’après, d’une manière ou d’une autre. C’est moi qui suis tombé amoureux, pas lui. Il a changé ma vie, je n’ai pas la
prétention de changer la sienne.
Et puis, ça veut dire quoi, cette confusion entre « ce que l’on vit » et sa « raison de vivre » ? Je n’ai pas le choix, puisque je continue de vivre, je vis : je ne suis pas du genre à m’étioler en lamentations. Zig m’aide à supporter le quotidien. Je compte moins les heures. J’ai dit moins : je les compte encore.
Et puis, je vais essayer d’être un tout petit peu honnête dans ce billet de reprise : Si je retire les enluminures inévitables dès que l’on essaye d’écrire (-j’ai dit « essaye » non d’un bordel de merde ! les donneurs de leçons de la toile n’ont qu’à aller voir ailleurs s’ils n’aiment pas ce que je dis ou la façon dont je le dis ! Dès qu’il y a un petit espace de liberté, il y en a toujours quelques uns qui veulent le régenter et dire ce qui est daube et ce qui est bon !-). Donc, si j’enlève les enluminures, il reste un vieux con de pédé de 65 ans amoureux gâteux d’une racaille de 21 ans, beau, ça ok, très beau, tendre, je vous l’accorde, assez tendre, qui profite d’une rente de situation, sans concéder la plus petite parcelle… Car je dois le dire crûment : non seulement je ne baise pas, non seulement je ne le touche pas, mais en plus je n’ai même plus le goût d’aller sur les lieux de rencontre : je n’ai jamais été autant en manque !
J’y reviendrai peut-être : le « Têtu » du mois consacre un dossier sur les « escorts » et sur la prostitution masculine. Je l’ai feuilleté et en suis sorti profondément troublé-outré, outré-troublé : il semble acquis qu’à mon âge il ne saurait être question de tenir un jeune corps dans mes bras sans allonger la monnaie ! Et puis ce serait sain et satisfaisant. Il y aurait d’excellents professionnels avec lesquels l’illusion serait absolument parfaite ! Enfin quoi ! On va bien acheter son pain chez un boulanger, son faux-filet chez le boucher ! Alors son pied, on le prend chez son gigolo du coin. Voila bien une preuve que je n’ai plus ma place ici.
Deux ans se sont écoulés, et mes douleurs sont toujours aussi vives. Je me demande ce que je fous ici. Je n’ai pas voulu monter auprès des enfants pour cette période redoutée. Cela n’aurait pas arrangé les choses. J’avais pensé partir en voyage, loin. Mais l’idée de fuite m’est également devenue insupportable. Et puis Zig était là, en demande. Je ne trouvais pas la force de le laisser. Bien des choses se sont passées en deux mois et demi. Des hauts et des bas. Peut-être aurai-je un jour envie de rapatrier ici mes notes secrètes confinées dans un obscur blog anonyme ? Pour le moment, disons qu’il est là. Près de moi.
Je suis resté. Ce soir, j’ai envie d’hurler à la mort.
Il vient de rentrer à la seconde. Les yeux troubles. Je lui en voulais de m’avoir laissé seul un soir comme ce soir. Et puis je me suis rendu compte du ridicule : un môme de vingt ans n’en a rien à braire de la mort de ma femme il y a deux ans ! Il vit, lui. Ou il croit vivre.
Je ré ouvre ce blog. Comme on se jette à l’eau. Sans vraiment y croire. Mais j’ai de nouveau envie de réfléchir à haute voix.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22054
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.