Pris dans le délire de mon imaginaire, j’allais écrire : « Ceux qui suivent doivent avoir compris que… » ! Et puis une parcelle de lucidité m’a envoyé un direct au menton. « Lucide, mec, lucide ! Tu sais très bien que presque plus personne ne te lit ! Reviens à un peu plus de modestie ! »
Oui, parce que quand même, mon imaginaire ne me rend pas tout à fait aveugle ! Avec les copains, j’ai appris à faire la différence entre le « Trafic » et les « Visites » ! Mon trafic, il se maintient depuis le début à peu près au même niveau. Les requêtes ont changé. Au départ, ceux qui ont en mémoire mes premiers bilans s’en souviendront, je souffrais de trop d’accès sur la thématique « p*d*phile ». ces accès se font plus rares, tout en n’ayant pas vraiment disparus. Mais le pompon, avec bien 80% je pense, est maintenant aux recherches autour de « VDM »… Tout ça parce qu’un certain soir de l’hiver dernier j’avais voulu faire un billet humoristique, tout en dérision sur mes fiascos à répétition. J’ai cessé de m’insurger. De toute façon, ce trafic accède à une seule page, et ne se montre jamais plus curieux. Autant dire qu’ils ne doivent pas comprendre grand-chose avec le nouveau design que j’ai choisi pour mes « Carnets de Route »… Je suis incapable d’analyser méthodiquement les vraies visites. Je sais qu’elles sont très rares, qu’elles accèdent toujours avec le même type de mots clés. Mais, à mon grand regret, je suis incapable de mettre un visage derrière chacun de ces gestes d’attention. Même mes proches, enfants et famille… Après tout, quelle importance ?
Bref. Je fais de plus en plus souvent des digressions. Ça cache quoi, à votre avis ? Bref…
Je dirai donc simplement qu’un lecteur ou une lectrice plus bienveillant (e) que la moyenne aurait pu comprendre que non seulement A. est revenu après son invitation à un mariage, mais qu’il est revenu avec de généreuses intentions et une valise bien pleine. Nous sommes partis depuis trois jours pour une virée plus au sud du Maroc. Pas le voyage initialement prévu, le copain qui devait nous servir de guide s’étant désisté au tout dernier moment. « Ma mère ne veut pas »… La veille du départ je croyais avoir passé avec succès l’examen d’admission : nous étions allé boire un café avec le grand frère, le cousin parlant impeccablement le français et le papa. Quelque chose à gêné. La présence de A., peut-être bien : « Qui c’est celui-là ? » aurait été demandé en arabe… On est un peu piégé quand on ne connait pas la langue du pays… Bref…
Nous descendons en suivant la côte, puis nous bifurquerons vers le Sahara. Evitant ainsi la traversée du Haut Atlas, qui pourrait être piégeant en cette saison. D’autant que le temps n’est pas des plus sympathiques. On ne sait pas trop ce qu’il veut, ce temps. Souvent menaçant, grondant, envoyant quelques éclairs et quelques petites ondées, surtout la nuit. Et le jour, une douceur extraordinaire, un soleil radieux, des paysages verdoyants après les intempéries de la semaine précédente.
Un temps à décapoter mon cabriolet. Comme si j’allais me gêner !
Hier, nous avons voyagé toute la journée tête au vent, et du bonheur plein les galoches. Décapoter, c’est interdire aux idées noires de s’accrocher à nos cheveux : le vent de l’insouciance les emporte.
J’ose à peine l’écrire, j’ai été heureux. Pleinement heureux.
Le mariage s’était prolongé : en fait, A. n’est rentré à l’appartement que le lendemain, le jour du départ. Je n’avais pas douté. Juste trouvé le temps long. Et quand il a été là…
En moment donné, il me disait qu’il n’avait pas dormi, mais beaucoup dansé, je lui demandais de me montrer comment il danse. Pour le décoincer, je faisais le clown. Et puis j’ai mis une musique orientale, de celles qu’il aime, et il a commencé… Mélange de transe, de rythme à fleur de peau, de sensualité, pire : de sexualité ! Dire qu’ils sont si prudes ! Ce que nous, occidentaux, connaissons de la danse du ventre, souvent interprétée par des femmes plantureuses et électriques, existe aussi pour les hommes semble-t-il ! Ce n’est pas le même déhanchement. Les femmes balancent, les hommes attaquent d’avant en arrière. Simulation évidente et troublante de l’acte sexuel. A. danse merveilleusement bien. J’en suis tombé à genoux…
Mon cœur aussi est décapotable. Il est trop facile d’y entrer par effraction.
Hier, nous avons fait halte dans une petite station balnéaire adorable : « El Jadida ». Encore peu connue des touristes étrangers, d’après le Guide du
Routard. J’ai beaucoup aimé. Il a voulu me faire marcher : nous avons longé le front de mer. Absolument adorable, au soleil couchant. Tout était parfait. J’étais même heureux de ses
réactions jalouses : il ne supporte pas que je regarde avec trop d’insistance les jolis garçons : « Toi, pas regarder, tu as dit que m’aimer, moi. Alors un seul ! Toi plus
regarder les ‘’zolisgarzons’’ »… Ses yeux lancent vraiment des flammes ! Et moi j’éclate de rire : « Ça, je ne pourrai jamais m’en empêcher ! J’aime regarder tout ce qui
est beau ! »
Dire qu’il y a huit jours, il ne parlait pour ainsi dire pas un seul mot de français !
A-t-il été vraiment jaloux ? Quelle nuit ! Quelle nuit ! Il m’a tué, certes ! Mais quelle adorable torture ! Quelle puissance ! Quelle santé ! Quelle attention à l’autre de tous les instants ! Nous avons parlé jusqu’à une heure impossible. Sans traducteur ! Les éclats de rire, lorsqu’il employait un mot à contre-sens ou lorsqu’il essayait avec acharnement de me faire comprendre en arabe, une idée qu’il ne savait pas traduire ! Car en plus, il s’acharne à m’apprendre sa langue.
Difficilement. Mon cerveau aussi est décapotable : les mots y entrent, mais s’envolent et n’y restent pas.
Dans la nuit, avec ses dents, il m’arrachait un à un mes poils de barbe. Au matin j’ai cédé à sa demande insistante : j’ai abandonné cette barbe que je voulais définitive, et repris mon visage d’avant. Celui qu’il me réclamait depuis qu’il avait vu les photos de l’année dernière.
Aujourd’hui, nous avons longé l’océan à une allure touristique. Tout au long de cette côte le paysage a un aspect sauvage qui m’émeut profondément, même s’il ne fait pas
partie des plus beaux vus ici. Au hasard de la route, même dans les endroits les plus désertiques, nous avons croisé quantité de petits mecs, bergers, pêcheurs à la ligne en mer vendant leurs
produits du jour, maraîchers, adolescents désœuvrés. Tous plus beaux les uns que les autres. Vraiment. Les jardins maraîchers, très
bien entretenus donnent des produits magnifiques que des femmes ou des enfants vendent sur le bord de la route. Des grossistes ou ceux qui ont les moyens viennent là faire
un marché particulièrement frais. Je me suis arrêté pour prendre quelques photos, et je n’ai pu m’empêcher de laisser une pièce à ces modèles dont je volais l’intimité sans leur demander leur
avis. Ce qui me valut un regard noir de la part de A. ! Il bataille toujours sur les pièces que je laisse aux gardiens de parking ou aux serveurs…
Ayant repris la route, l’ensemble de ces émotions, toute cette beauté, toute cette pureté sauvage de l’environnement, toute cette misère digne, tout ce soleil, cette voiture trop belle, trop voyante, tout ça m’a sauté à la gueule et je me suis mis à pleurer. A. s’est dressé sur ses étriers : « Pourquoi ? Pourquoi ? C’est Zig ? C’est à cause de Zig ? » Ses yeux flamboyaient. J’ai pensé que je lui avais peut-être raconté trop de choses, et qu’il ne vaudrait mieux pas que je les mette en présence… J’ai ri au travers de mes larmes. « Non, non ! Pas Zig ! Quand je suis avec toi, je ne pense pas à lui ! C’est tout ça : c’est trop beau ! ».. Il m’a pris la main droite et l’a portée à ses lèvres, puis il l’a calée sur sa cuisse. Là où j’aime sentir frémir ses muscles, comme je le faisais avec Zig…
Mon âme aussi est décapotable : là, ici, maintenant, elle est ouverte à tous les vents.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22187
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.