Je la redoutais. J’avais choisi de quitter la France pour ne pas être à la maison le jour de ce troisième anniversaire. Mélange de douleur encore très vive, de culpabilité de vivre et de rire encore, sans elle, de culpabilité de ne l’avoir pas écoutée, car que me disait-elle d’autre, dans ses derniers jours ?
« Tu pourras enfin vivre ce que tu n’as pas pu vivre à cause de moi… »
Ce « à cause » m’avait mis dans une rage folle ! Je vivais grâce à elle ! Je n’étais privé de rien « à cause » d’elle ! Je croyais… C’était moins douloureux de me mettre un bon paquet de m… sur les yeux pour ne rien voir. Le nez dans le guidon. Aveugle par lâcheté. Je ne sais.
Je la redoutais, cette date, et j’ai réalisé qu’ici, dans les conditions actuelles ce n’était pas mieux qu’en Arles. J’ai pleuré. Connement. J’ai pris des décisions peut-être intempestives. Connement. Je suis peut-être en train de me remettre de la m… dans les yeux. Connement. Je suis plus vulnérable qu’un petit enfant. Connement ou non : la volonté n’est en rien là-dedans.
J’avais écarté A. pour pleurer tout mon saoul, seul. Mais je ne le commande pas. Il fait ce qu’il veut. Le téléphone a sonné. J’ai cru qu’il venait aux nouvelles.
- « Tu es où ? »
- « Divan la vooooturrre. Ouv’ ! »
La voiture étant devant la maison, il était devant ma porte. Je ne me suis pas fait prier. J’ai ouvert.
J’ai aussi ouvert mes bras. Il a pris la direction des opérations. Il sait ce qu’il veut ! Il a les moyens de ses intentions ! La nuit redoutée est devenue une nuit
d’ivresse. Dix fois, cent fois, je me suis dit que ce n’était pas moi qui gémissais ainsi de façon incontrôlée pendant qu’il dévorait mon cou. Dix fois, cent fois, j’ai voulu reprendre la
maîtrise de la situation en prenant possession de ce cou adoré. Mais le satiné de sa peau me rend fou. Je m’abandonne, heureux vaincu, à ses exigences…
Pourquoi a-t-il fallu que j’attende soixante-cinq ans pour découvrir ça ? Une relation aussi intense entre deux mâles ? Jusque là, j’avais toujours joué le protecteur, le paternaliste. Avec lui, l’égalité est de rigueur. Mes épaules deviennent belles lorsqu’il les caresse et les embrasse. Ses doigts, si fins et si longilignes, jouent avec mes rondeurs comme si c’était des œuvres d’art. Troublant. Très troublant.
Ce n’est certainement pas de l’amour… Mais putain, ça le vaut largement !
La date redoutée est devenue une date-repère dans une sorte de retour à la vie.
A. est décidé à venir avec moi jusqu’au bateau. Nous partirons un ou deux jours avant pour avoir le temps de visiter Tanger. Dimanche je quitte Fès. Mais pas pour longtemps, je vous le garantie !
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22187
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.