Quelle honte ! Ils ne veulent pas me laisser repartir ! J’ai été refoulé à la frontière ! Retour à Fès !
Je plaisante, bien entendu. « Smiley », comme me dit Chérubin lorsque je fais semblant de me fâcher à l’une de ses vannes…
Tout est de ma faute, bien entendu. J’avais bien vu le « nota bene » sur ma fiche d’admission lors de mon entrée au Maroc : le visa est de trois mois. Mais rien, ni personne ne me l’a rappelé ou dit ce qu’il fallait faire. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir rencontré des autorités !
Alors, lorsque je me suis présenté à l’enregistrement au départ du bateau, la police marocaine a refusé de me laisser passer : j’avais quelque peu dépassé la durée du visa… Six mois au lieu de trois ! Comme me l’ont dit les autorités, ce n’est pas une broutille ! Pour quelques jours, voire une semaine ou deux, ils auraient fermé les yeux. Mais là ! Qu’avais-je pu faire pendant cette si longue période ? Du tourisme ? Peu crédible, selon eux !...
Il ne me restait plus qu’à faire demi-tour et aller me présenter aux autorités de Fès, comme j’aurais dû le faire il y a trois mois. Mais c’est le week-end ! Ce sera difficile le prendre un bateau lundi !
Après moult courbettes, mea culpa, excuses multiples et contrites auprès des « autorités » de permanence, je vais peut-être avoir le laissez-passer à temps, cette après-midi. Ceci m’a quand même valu d’attendre près de trois heures dans la canicule d’un bureau sans climatisation, en compagnie de « sans papiers »… Si, si, il y en a aussi, ici, au cœur du Maroc…
J’aurais dû me douter, être alerté par certains signes…
Lorsque je suis allé à la teinturerie rechercher ma dernière série de draps, j’ai annoncé mon départ pour la France, et la patronne m’a dit « Inch’Allah » ! J’ai joué mon mécréant cabotin : « Laa ! Inch’ana »
Soit dans mon mauvais arabe : « Noon ! Si moi, je le veux ! »
Elle a rit : « Et si vous tombez malade ? Et si votre voiture tombe en panne ? Et si le bateau est annulé ? »
Et moi, toujours autant prétentieux : « Je partirai avec 41° de fièvre ! J’irai à pied ! Je rentrerai à la nage ! »
Inch’Allah !
La veille du départ, le vendredi, nous devions manger un dernier couscous en famille, au jardin. Vers 10h00, coup de téléphone autoritaire du « Papé » : « Venez tout de suite ! J’ai besoin d’un interprète ! »
(Soit dit en passant, je me marre : Chérubin s’accroche à l’idée que ses parents ne pensent pas qu’il vit avec moi… Mais le Papé l’appelle le matin pour « nous » demander de venir immédiatement… Lol !)
Nous nous sommes donc précipités au jardin, pour trouver le Papé en compagnie d’un jeune couple charmant, lui originaire de Nouvelle Zélande (Vingt Dieux, ces yeux
verts !), elle anglaise, adorable. Ils se promenaient à pied, un peu perdus, autour du jardin. Le Papé les a invités à venir se désaltérer. Mais leur baragouinage réciproque était limité.
Boby, au secours ! Absolument charmants ces jeunes, mais ne prononçant pas dix mots de français ! Et l’anglais et moi… Enfin, bref !
Ceci ne ressemblait pas à une fin de séjour…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 35765
En ligne : Selon OB : 4
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.