Une bouffée d’orgueil imbécile manque de m’étouffer, et je ne peux empêcher quelques satanées larmes de couler. Comme à chaque fois qu’il me voit ému, il cesse de jouer et vient me faire un câlin. J’enlace sa taille nerveuse et pose ma tête sur ce ventre si ferme et si plat qui me bouleverse tant. Je laisse couler mes larmes, elles m’apaisent. Il caresse mes cheveux, sans rien dire, et me laisse glisser ma main sous cette chemise, peut-être sensuelle, mais dans l’immédiat plutôt trouble-fête… Je pose enfin mes lèvres sur ces abdos tant convoités. Nous restons un moment ainsi. J’apprécie. Je sais qu’il prend sur lui pour me permettre ce câlin exceptionnellement osé.
D’une ou deux remarques bourrues, je brise l’équivoque insupportable et essaye de cacher le mélange de chagrin, de désespoir et d’ivresse qui m’étouffe chaque fois que je passe trop près de ce bonheur impossible.
Je ne peux réussir mon amour, mais je réussirai mon œuvre : LUI. En faire un homme, un vrai.
Il change de tenue, essaye maintenant l’équipement « Djeun », style « racaille de classe », si vous voyez ce que je veux dire… Et toujours aussi beau ! De quoi me mettre en rogne, là ! Non… Fier. Fier comme un pou ! Comme si j’y étais pour quelque chose ! Je sais qu’il va garder cet équipement, et qu’après le repas il rejoindra cousin et copains. J’en suis jaloux et triste, mais bon…
Il y a quelques jours je me suis fâché avec son meilleur ami. Et j’en suis encore malade. Je suis le dernier des cons. Mais le meilleur, il n’y a aucun doute.
La journée s’était particulièrement bien passée, et le soir j’invitais K. et H., le cousin et l’ami d’enfance, à venir avec nous faire une balade dans Nîmes. Zig aime bien manger au KFC, et je savais que ça lui ferait plaisir d’avoir ses compères avec lui. Repas sympa. (Et encore une preuve que Zig plaît à la gente féminine, et que les jeunes aujourd’hui ne s’encombrent pas de manières et de simagrées. Zig ne dormira pas à la maison cette nuit là. Après avoir déposé ses potes chez eux, un appel téléphonique et il me demande de le raccompagner à Nîmes ! Il avait glissé son numéro de téléphone à la belle qui le regardait avec trop d’insistance…)
Finie notre collation de bouts d’ailes de poulet épicés à vous emporter la gueule, comme il fait un temps de chien, après une courte balade en centre ville nous échouons dans un bistro encore ouvert. Comment la discussion à bâtons rompus, plutôt sympa, a-t-elle dégénéré ? La religion. L’Islam et le respect des autres. La tentative d’assassinat du dessinateur danois. Des positions carrées et exagérées. Ma connerie. Mon orgueil. Mon incapacité à formuler des émotions que j’éprouve pourtant très violemment.
J’ai ressenti comme une insulte que H. justifie la légitimité de cette tentative d’assassinat. Par principe, par respect de la vie humaine et de la liberté d’opinion. Parce que de telles positions jusqu’auboutistes donnent du grain à moudre aux extrémistes de tous poils. Mais aussi vis-à-vis de moi, parce que me renvoyer de telles idées intolérantes, alors que depuis des mois j’essaye de façon vitale, de façon prioritaire, de façon inconditionnelle, de faire passer auprès de ces jeunes exactement le contraire, c’était, ou n’avoir rien compris, ou rejeter avec violence et mépris ce que je suis, ce que je pense.
Qu’importe d’ailleurs ce que j’ai perçu, qu’importe la violence de ce que j’ai vécu comme une agression. A soixante-cinq ans je n’ai pas été capable de communiquer avec des jeunes de vingt ans.
Depuis pas mal de temps je ressens comme une souffrance de plus en plus insupportable le fait de ne pas, ou de ne plus, savoir argumenter, expliciter, écouter, contrôler la discussion. Je lis toujours les quelques blogs politiques que j’aime bien (pas de lien, n’est-ce pas ?) et cette lecture ne fait que me culpabiliser davantage. Analyse, synthèse, argumentaire, contre-exemples, me deviennent étrangers.
Ce soir là, mon impuissance est devenue insupportable. Tout ce que j’ai réussi à répondre, dépassant par là mon niveau de connitude habituel, c’est : « Hé bien ton Prophète, tu sais ce que je lui dis, moi ?... » En faisant un doigt d’honneur.
Silence glacial. J’ai réglé les consommations, j’ai embarqué tout le monde, et sans un mot, sans un seul mot pendant la demi-heure du trajet, j’ai raccompagné chacun chez soi. De retour à la maison, Zig m’a exprimé son désaccord avec sévérité. Dans ce genre de situation, face à lui je me sens comme un gamin merdeux. Nous avons réussi quand même à nous comprendre, et un coup de téléphone… J’ai dit la suite. Je n’ai pas revu K. et H. Je n’ose pas les revoir. J’ai eu très mal, je sais que je leur ai fait mal. Qui fera un premier pas ?
Moi, je ne peux pas. Je suis trop con.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22187
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.