Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 17:00

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Même pas triste. Même pas en colère. Même pas de coup de gueule à la Boby-mord-moi-le nœud.

Impassible.

Le lendemain midi, messages sibyllins :

Moi : Tu ne montes pas ? Je mange

Lui : Boby g honte 2 montè chwi dzl je nsé pa komen jpe ratrapé sa di mwa ske jdwa fair jle fré mm stu ve plu mvwar jkomprendré

Moi : Viens

Lui : Jarriv tu mengeul pa

Moi : J’essaye…

La machine est cassée. Pas la voiture. La machine.

Il a fait le con. C’est évident. Il m’a suffit de voir et de sentir l’intérieur de la voiture : il pue la bière, tout l’habitacle est maculé. D’évidence il avait une canette ouverte à la main au moment de l’accident. Putain d’alcool !

Le choc n’a pas dû être violent : si c’était le cas, il ne resterait plus rien de la voiture, la carrosserie est en feuilles de papier à cigarette. J’exagère ! Disons en bouteilles d’eau plastiques recyclées. Et les airbags auraient amoché sa belle petite gueule. Ce n’est pas non plus la vulgaire perte de contrôle dans un virage qu’il m’a donnée comme explication. Je ne serais pas étonné d’apprendre qu’il jouait au gymkhana sur quelque parking désert pour bluffer quelque belle. Putain d’alcool.

Il ne pouvait pas se contenter de la baiser ? Elle n’attendait que ça.

L’un n’a pas empêché l’autre, si j’en crois la pochette vide de quelque accessoire utile retrouvée en faisant un minimum de ménage avant d’amener la voiture chez le carrossier. C’était pour ça que je lui avais prêté la voiture Nom de Dieu ! L’engueuler ? Pourquoi donc ? Je suis tout autant responsable, et je le resterai tant que je serai heureux de le savoir en train de performer dans des galipettes…

Malsain, oui, de vivre par procuration.

P1010144x.jpgLa machine est cassée.

En fait, ce voyage à Paris a été le tournant. Avant, je me laissais emporter par la tornade Djeun. Je me laissais éblouir, ce qui me permettait de ne plus penser. Un signe : je n’avais plus le goût d’entreprendre. Je me laissais porter par la facilité, de baises en câlins polissons. Superficiels. Creux et superficiels.

Au retour, je me suis étonné de ne plus avoir envie de renouer avec mes jeunes amants occasionnels. Le factice de la situation me sautait aux yeux. Je m’imaginais dédouané en refusant catégoriquement les plaisirs tarifés. En fait, s’il n’y a pas de billet de banque en jeu, je paye, d’une façon ou d’une autre. Ces jeunes trouvent ici ce qu’ils ne trouvent pas ailleurs, ne serait-ce qu’un adulte qui s’intéresse à eux. Je me montre vulgaire et médiocre en en profitant.

Je refusais les visites de Fl., et j’étais vaguement blessé par le silence d’Ad. . Ce qui m’a permis de m’interroger sur mes incohérences. Et puis j’ai fait une rencontre. Inattendue, violente, bouleversante. Je l’ai vécue comme un point final. Etrange ? Non, pas vraiment.

J’étais allé m’aérer l’esprit sur les bords du Rhône. J’étouffais un peu ici. Sans analyser vraiment ce que je ressentais. Ceci juste pour dire que je n’étais pas à proprement parler en chasse. En fait je n’avais envie de rien, si ce n’est de silence. Et je l’ai vu. Il faisait les cent pas en parlant (à une femme m’a-t-il semblé…) dans son kit mains-libres. Sculptural, viril et sensuel à la fois, avec une barbe drue de deux jours. Bien loin de l’éphèbe éthéré sur lequel je fantasme volontiers. Une sympathique caricature de l’hétéro dragueur et tombeur. J’étais dans l’état d’esprit de celui qui n’a rien à perdre. J’ai foncé dans le tas. Bien agréable, le tas.

Sc. S’est laissé cueillir avec une facilité déconcertante. Il m’a suivi sans la moindre hésitation pour faire « un tour » en voiture. Le temps de trouver le chemin creux qui pouvait abriter nos moments intimes. Moments d’une intensité inattendue. Le beau brun viril aux yeux verts s’avéra être… Ce qu’il était. Corps sublime d’athlète accompli. Abdos et pectoraux impressionnants, couverts d’une épaisse toison râpeuse. Virilité épanouie et agressive. Sensualité exacerbée au bord des lèvres et au bout des doigts. Il m’a rendu fou. L’inconfort de la situation m’a sauvé. Je dois le dire : ici, dans mon lit, je me serais donné à lui. Sans hésiter j’aurais répondu à sa demande insistante. J’avais envie de lui, de me soumettre à la fougue de sa jeunesse. Je me contentais de finir par des plaisirs intenses qui ne m’ont semblé que le pâle reflet de ce qui aurait pu être.

Il m’a fallu de longues, longues minutes pour reprendre mes esprits.

Les rêves que j’avais pu échafauder pendant ces minutes exaltantes se sont brisés en quelques secondes face à son insistance à savoir mon âge. Annoncer le triple de ses dizaines à lui m’a brutalement fait prendre conscience de l’aberration de cette aventure. J’ai immédiatement su que je ne le croiserai plus jamais. Il a eu beau mettre la même insistance pour réclamer le numéro de mon portable, son ton avait changé, et j’ai su que ce n’était que politesse conventionnelle.

J’ai parlé de point final. Pourquoi cette aventure incomplète m’a-t-elle semblé avoir plus d’impact que les nombreuses rencontres de ces derniers mois ? J’ai effleuré le possible en prenant conscience de l’impossible. Je suis vieux et je les aime jeunes. Rien n’ira en s’améliorant sous ce soleil. Le pire est à venir.

Et puis, ces violentes émotions physiques ont outrageusement souligné la connerie crasse de mon amour platonique pour Zig. Platonique ? Moi ? Et si j’arrêtais de me mentir ?

La machine est en train de se briser. C’est normal qu’il casse la voiture.

Publié dans : Un amour improbable
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La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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