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Dimanche 13 novembre 2011 7 13 /11 /Nov /2011 12:29

 

Il n’y a plus ici grand-chose du carnet de route. A la trappe la merveilleuse balade dans la montagne du Moyen Atlas ! Un peu de vrac.

 

Ici, au Maroc, « Boby » est le nom d’un chien. Équivalent  à « Médor » chez nous. En l’affublant d’un sens beaucoup plus péjoratif qu’en Europe. Je le sais depuis 2009. Ceci m’a toujours laissé indifférent. Sourire en coin. Suffisant. Encore une fois. Un pincement aujourd’hui en réalisant que Chérubin a très tôt privilégié mon véritable prénom. Jusqu’au « R » qu’il porte en pendentif.

 

Le voyage continu, différemment. Mais saurai-je parler du chemin intérieur et sinueux que je gravis péniblement ?

 

Il y a quelques jours, c’est Lui qui m’a conseillé d’écrire : j’en ai perdu le goût.  

 

-          « Allez, parle ! … … Tu vois, tu aimes pas parler avec moi ! Tu es pas bien, et tu dis rien… …  Allez, parle !... … … Ou alors, écris… Quand des choses tournent dans ta tête, tu préfères écrire ton blog et pas me parler… Alors, écris… Tu me diras après… » 

 

Comment verbaliser ce que j’éprouve ? Parler de ce cheminement intérieur que je débroussaille péniblement ! Rationaliser les causes de ces déprimes et autres sautes d’humeur ! Je sais, il y a de quoi faire grincer les dents des plus stoïques.

 

Le bonheur a ceci de pénible qu’ il braque les projecteurs sur les manques criants. Il y en a quelques uns dans ma vie.

 

Personne. Hors mes proches et Lui, je n’ai personne. Et alors ? Serais-je le seul à être seul ?

 

Ne pas avoir d’amis ne me donnerait pas le vertige. Le fait que tous ont fui, si. Tous. Vertige effroyable. Précipice sans fond.

 

Tous.

 

Et le pire, c’est que je ne comprends pas. Je suis convaincu d’être l’entier responsable de ces rejets. Ils ont toujours été. Je l’ai écrit ici, maintes et maintes fois. Mais je suis incapable d’en faire l’analyse objective. Je subis. De plus en plus difficilement.

 

A la mort de Monique, les défections, notamment celle de Bob, auraient été insoutenables sans ces « nouveaux amis » que ce blog semblait m’avoir apporté. Cahin-caha, j’ai tenu, je l’avais promis à mes enfants. Tout doucement, subrepticement, insidieusement, le vide a regagné son espace. J’ai parfois touché du doigt des raisons objectives. J’ai parfois choisi le clash moi-même : je ne parviens pas à accepter la médiocrité. Le plus souvent je courbais le dos sans chercher à comprendre : j’en suis probablement incapable.

 

Anecdote récente. Une blogueuse parisienne ayant il y a quelques mois choisi de prendre ses distances pour des raisons que j’ignore, vient à passer dans les environs. Ici. « Chez moi ». Il m’arrive encore de la lire. Je découvre sa balade et, après maintes hésitations, je lui fais un coucou. La balle rebondit et se perd en fond de court. Incompréhension.

 

La leçon fut bonne. J’ai regardé en face le sentimentalisme mièvre qui me faisait conserver dans mon Netvibes des liens qui s’étaient distendus ou rompus depuis bien longtemps. J’ai fait le grand nettoyage. Taillé dans la masse. Fait le vide. Vertige effroyable. Précipice sans fond. Mais au final, soulagement.

 

Que m’importe toutes ces petites contingences, somme toute bien mesquines. Je ne vis que par et pour Lui. Ma vie si médiocre n’aura pas été vaine puisqu’elle m’a permis de l’attendre. Mon écriture d’aujourd’hui est relativement stérile. Constatation faite de ces prises de distance, la vie continue. Un constat ne guérit pas. Il anesthésie un petit peu. Un peu de clavier vaut une piqûre. En attendant le grand sommeil.

 

Je ne deviens pas connement romantique ! Je SUIS cucul-la-praline.

 

La dernière fois que j’ai souligné ma solitude, des proches me sont tombés dessus à bras raccourcis. C’était aller vite en besogne, et les tenir pour quantité négligeable ? Oh que non. Oh que mais, c’est tout autre chose. Bien entendu, j’ai trois enfants adorables que je fais plus qu’adorer. Mais ce ne sont pas eux qui rempliront ma solitude : je m’y refuse. Je n’accepterai jamais cette image que le monde actuel cherche à valoriser à tout prix : la descendance prenant « en charge » les ascendants… Je me refuse catégoriquement à être, à quelque moment que ce soit, une charge pour qui que ce soit. Et surtout pas pour mes enfants. Neveux, nièces, proches divers et variés sont dans le même bateau. Ils peuvent ensoleiller nos moments de rencontre. Ils ne pourront jamais remplir mon vide abyssal. Et que dire de mes frère et sœur ? Ils sont. Et ils sont bien loin de moi et de mes préoccupations. Je suis le petit dernier : c’est moi qui devrais m’offrir en béquille. Mais mon égoïsme est trop grandiose.

 

Avoir jeté en vrac un peu de ma souffrance aura-t-il été utile ? Sincèrement, pour la première fois depuis que j’ai créé cet outil, j’en doute. Tout à l’heure, Chérubin déchiffrait par-dessus mon épaule au fur et à mesure que j’écrivais :

 

P1070360-          Pourquoi tu écris ça ? C’est pour le blog ?

 

-          Je ne sais pas encore. Pour le moment, j’écris, c’est tout…

 

-          Mais pourquoi ? (Je le sais, il ne lâche jamais avant d’avoir sa réponse…)

 

-          Tu vois bien, je dis ce qui me fait mal, ça me soulage un peu.

 

-          Ah… C’est pour le cœur ! Tssssss…

 

Il ne dit rien de plus. Mais j’ai compris à quoi il pensait. J’ai quitté le clavier pour m’abandonner à ses caresses. J’aime qu’il me rappelle qu’il est là. Et que c’est tout ce qui compte.

Publié dans : Temps mort
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Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
  • Homme
  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.

Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.

Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.

Et alors ?

Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.

Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.

C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?

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