Vous ne voyez rien ? Là-bas, au loin, juste après l’horizon. Mon port d’attache. Mon espoir. Ma raison de vivre. Ma terreur, mon cauchemar…
Ce n’est pas mon « chez moi » qui me terrorise. Ni le trésor que je vais y retrouver. Oh ! Non !
C’est à l’accostage. Ce sont les contrôles douaniers et policiers. Vont-ils me chercher des poux dans la tête ? Lors de mes premiers séjours, j’ai cru que les portes du Maroc m’étaient grandes ouvertes. Ce qui d’ailleurs ne faisait qu’augmenter ma colère et ma hargne face à l’attitude de l’administration française pour la délivrance des visas, administration devenue largement sarkozienne, (il est de bon ton de montrer les dents pour faire plaisir au maître…). Et puis, à l’occasion de mon retour en France j’ai découvert que je pouvais, moi aussi, rencontrer des difficultés pour revenir sur le territoire du royaume. D’ailleurs, pourquoi seraient-ils totalement accueillants et ouverts, alors que la République des Droits de l’Homme traite les ressortissants du Maghreb comme des pestiférés pervers polymorphes ? Les contrôles à mon arrivée pourraient être stricts et sévères. La fois précédente j’ai largement dépassé la durée de validité du visa touristique. Les véhicules étrangers ont également une durée de séjour limitée dans ce pays, sous couvert de l’amélioration du parc automobile national. (J’ai reconnu ici que les progrès dans ce sens sont impressionnants).
J’ai fait tout mon possible pour me positionner dans une situation administrative irréprochable. Mais je ne sais que trop que ce sont les administrations, elles, qui peuvent être perverses polymorphes. Il suffirait que je tombe sur un douanier ou un policier qui s’est disputé avec son compagnon ou sa compagne la nuit dernière ! Basta ! Nom de Dieu ! Que je deviens trouillard en vieillissant !
Dans quatre ou cinq heures je reconnaîtrai le port de Tanger-Méd, je débarquerai dans cet immense complexe portuaire à moitié vide, planté au milieu de nulle part, qui a permis de désengorger la ville de Tanger. Je manquerai de mourir dix fois pendant les longs quarts d’heures indispensables au contrôle des gros utilitaires surchargés de vieux meubles et de vieux vélos, mis aux encombrants en Europe, et qui feront le bonheur des campagnards et des montagnards du Rif.
Et puis je passerai tranquillement la douane avec ma virginité retrouvée grâce à mon passeport tout neuf… Ou pas. Vous le saurez en lisant la suite. S’il y en a une.
Je vous embrasse tous, les inconnus comme les fidèles.
Peut-être à bientôt.
Un peu moins de deux heures, et mon calvaire sera fini. Ou il débutera. Quoi qu’il arrive je serai au Maroc, et rien ne m’empêchera d’aller serrer mon Chérubin dans mes bras. Même si je dois repartir très vite. C’est bien dans ce cas que commencerait effectivement mon calvaire.
J’arrête. Il faut que j’arrête. Penser à autre chose. Même pas vu de jolis garçons disponibles dans cette embarcation. Les seuls physiques plaisants sont entourés de femmes et d’enfants. Je ne peux même pas converser innocemment… En ai-je seulement envie ?
Je poste. Je suis heureux. Je suis arrivé. Avec mon nouveau passeport, propre comme le cul d’une casserole nettoyée par ma grand-mère ! C’est parti pour quelques mois…
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
Pour un retour en 1ère page de l'accueil,
Cliquez sur la bannière ou bien
Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22187
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.