En faisant mon tour habituel des quelques blogs que je continue de suivre (ils sont de plus en plus rares…), je n’ai pu que constater ce besoin apparemment irrépressible de faire des bilans, ou une revue de détail des billets marquants (pour qui ?), ou un album photo des événements mémorables…
Je n’ai pu m’empêcher de me demander : « Est-ce bien utile ? »
Pourquoi ce besoin de toujours regarder en arrière ?
Pourquoi ne pas plutôt projeter vers le futur ?
Je sais, d’aucuns affirment : « Pour avancer, il faut connaître son histoire »…
« Rien de nouveau sous le soleil », écrivait l’Ecclésiaste. « Le soleil est chaque jour nouveau » rétorque Héraclite.
Ça fait du bien de rendre de temps en temps visite aux philosophes…
Pour ma part, je trouvais ce retour sur soi quelque peu narcissique et foncièrement inutile. Et puis. Et puis, je ne saurais dire exactement pourquoi, je me suis amusé à passer en revue les bannières successives de mon blog. Si ! Je sais pourquoi : je me posais la question de dépasser ou non ces « Carnets de Route ».
Finalement, j’ai trouvé ça amusant, sinon intéressant…
Je ne me souviens absolument pas de ce qui fut la bannière du blog première mouture. Etrange blocage. Je n’avais pas le cœur à l’esthétisme, j’accompagnais Monique pour affronter cette ignominie de crabe.
Mars 2008. Pour la première fois, moins de quatre mois après le décès de ma femme, je monte dans la Région Parisienne auprès de mes enfants. Je vais également saluer les blogueurs qui m’ont généreusement entouré pendant l’épreuve de la maladie. Je crois alors avoir trouvé des amis. Amitié qui durera ce que durent les roses : je n’ai jamais su me faire aimer dans la durée. Sauf par Monique. Exception aussi incompréhensible que toutes les exceptions.
Pendant ce voyage j’assiste au concert du frère d’une blogueuse. Troublé. Je me sens seul au milieu de la foule et entouré d’amis. En sort cette bannière :
Août 2008. De nouveau seul dans cette Provence trop belle et trop peu hospitalière, je me sens prisonnier de la promesse faite à mes enfants. Je dois vivre, contre mon envie.
La nouvelle bannière se veut un pied de nez au destin.
Juillet 2009. Je rentre de mon premier voyage au Maroc. Zig remplit ma vie, ce qui me rend ivre et me fait peur. Je me fous qu’il soit hétéro, voire passablement homophobe : grâce à lui je ne peux plus parler de solitude, je m’endors en pensant à lui, je me réveille en me demandant quoi faire pour lui faire plaisir. Le rez-de-chaussée se remplit et vient à saturation : ils seront jusqu’à sept, garçons et filles dans le petit appartement… Je corrige la bannière en me foutant de moi…
Juin 2010. Six mois que j’ai chassé la marmaille du rez-de-chaussée et deux mois que Zig m’a également quitté. Je souffre et commence à sérieusement préparer la conclusion. Je n’ai pas le cœur de refaire une bannière. Une croix rageuse et moi-même qui me regarde. J’en dis assez.
Octobre 2010. Je suis resté longuement silencieux. J’ai consacré mon temps à régler les problèmes administratifs de ma propre succession et de celle de ma belle-mère qui a eu pour une fois, la gentillesse de me laisser le champ libre. Avec l’aide de Momo j’ai entièrement refait l’appartement du rez-de-chaussée. Je suis prêt. Trop orgueilleux, je suis bien incapable de partir sur la pointe des pieds. Les promesses faites à Momo sont un prétexte : j’ai envie de vivre une dernière fois un temps fort. Partir avec panache, le rêve de tout prétentieux. Je me donne un challenge jusqu’auboutiste : Plus de deux mois dans le Maghreb. Deux ressentis : sentiment de ridicule, et hargne, envie de mordre…
Je choisis la
photo administrative qui me défavorise le plus.
Décembre 2010. Je cherche une pirouette pour retomber sur mes pattes. Je continue la route, mais dans de toutes autres conditions que celles que j’avais envisagées : à mes côtés un jeune et beau compagnon, aimant et amant prodigieux. Je plane. Depuis près de trois semaines mes pieds ne touchent plus terre. J’ai repris figure humaine. Une ridicule « tourista » me redonne un peu d’humour et je parviens à changer de bannière. J’ose afficher un sourire. Vous ne vous rendez pas compte…
Janvier 2011. Maintenant ? Ah ! Maintenant ! J’ai deux semaines pour trouver une idée. « Carnets de route » va devenir obsolète, puisque j’ai un appartement à Fès. Quoi que. Ce ne sera que la base arrière de nombreuses virées dans tout le pays. Et pourquoi pas revenir à Oran ? A Tunis ? Quoi que. A. doit s’inscrire dans une école de français, et moi je veux apprendre l’arabe. Peut-être bougerons-nous moins ? Quoi que. J’ai des fourmis dans les pieds.
Quinze jours. J’ai quinze jours pour réfléchir.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22187
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.