Ainsi donc, de retour dans « mon » appartement de Fès.
A quelques jours, quasiment à quelques heures de la fin de la location. A. est allé rejoindre sa famille. Rideau légèrement soulevé : il m’a autorisé à l’accompagner au pied de sa cité !
Il va revenir. Il me l’a promis. Mais enfin, je me verrais mal me comporter en plus possessif que lui ! Je lui ai dit d’en profiter. De me téléphoner, s’il en a envie. Que dire d’autre, quand cette nuit et cette matinée dans l’intimité de ces murs pourtant humides et froids ont brûlé mon âme ? Je ne cesse de me dire que je ne savais pas ce qu’était l’ivresse d’une passion soudaine. J’aurai connu cela avant de partir. Je ne pourrai jamais le remercier suffisamment.
En toute simplicité ou innocence, je ne sais, il se laisse aimer comme une évidence. Rien de plus normal, semble-t-il ! Enfin… Presque. Hier il m’a expliqué que oui, bien sûr, je l’aimais… D’un amour « français », pas d’un amour « marocain »… Explications complémentaires : un amour français serait superficiel… Un amour marocain devrait me rendre aveugle et m’empêcher de voir les autres « zolisgarzons ». Lui, ne regarderait plus les filles… J’ai comme un doute…
Ne plus regarder les bogosses qui m’agressent de toute part ? Mais comment le pourrais-je ? Comme la vie deviendrait fade et insipide ! Même dans ses bras !
Cette fin d’après-midi, je suis sorti avec Oussama boire un pot sur les Allées. J’ai pensé un moment que tous s’étaient donné le mot, qu’il y avait une conspiration des bogosses ! Je ne savais plus où donner de la tête ! Je me suis même coincé le cou à un moment ! A commencer par le garçon de café, qui s’est précipité vers moi avec les mille courbettes de rigueur, en affirmant : « Un double express, comme d’habitude ! » Pas le super zoligarzon, non. Mais Vingt Dieux, je lui causerais bien du pays quelques instants ! Et puis se sont succédés tous les petits vendeurs à la sauvette, qui maintenant me connaissent de vue, et m’offrent leur plus beau sourire, bien que je ne leur achète jamais rien… Enfin, leur plus beau sourire… Certains d’entre eux feraient mieux d’éviter : ils ont hélas le mal le plus fréquent du pays : une dentition calamiteuse. Et une gueule d’archange avec des chicots pourris… Ça ne le fait pas, je vous assure !… Et puis, l’heure des chassés croisés est arrivée… Ces « dames » (Bon Sang que le contraste est rude ! Ces malheureuses « filles de joie » sont, pour la plupart, laides et empâtées ! Ce n’est pas un manque d’objectivité : Oussama me l’a confirmé en soulignant la différence de « tarif » avec les filles des boîtes… [Ainsi il m’a donné confirmation : il travaille bel et bien dans un bar-à-putes !]), ces dames donc étant de sortie, tous les petits mâles en manque d’affectivité se sont également échappés de dessous la djellaba de leur mère… Ils sont tous là, leur hyper-sensualité à fleur de peau… Des petits mecs en rut : quel meilleur fantasme pour un pédé ?
Oui, Oussama a débarqué à l’appartement et nous sommes venus sur les Allées. Nous avions besoin d’une explication entre hommes. Car je dois gérer là une crise politique de la plus grande importance, les belligérants étant susceptibles de sortir les armes lourdes au risque de déclencher une nouvelle guerre mondiale ! Oussama et A. se disputent… Le vieux ! Ouais, bon, certains arguments ressemblent effectivement beaucoup à de la politique internationale : du genre « J’étais là avant toi ! », « Non, j’étais là le premier ! », « Tant pis pour toi si tu n’as pas su le garder, moi je ne l’ai pas menacé d’une arme ! », « Oui, mais il m’avait promis ! », « Quand on ne tient pas ses engagements, on fait le lit de la guerre ! »…
Bref. Hé ! Oh ! Je suis là, moi aussi, j’ai peut-être mon mot à dire !
Dès la première seconde, A. a pris Oussama en horreur. Une haine tenace et sans aucune nuance. J’ai eu beau lui dire que son adversaire demandait pardon pour sa phrase dite que-je-n’ai-pas-comprise, mais qui-devait-ne-pas-être-gentille-du-tout… Oussama, lui, se sent floué. Depuis un an et demi il entretient avec moi une relation qu’il considère être de l’amitié. Il imaginait je pense que nos rapports intimes lui conféraient sur moi un pouvoir quasi absolu. Le pauvre garçon ne se rend absolument pas compte qu’il n’est pas le super-coup du siècle… A. qui déboule avec sa sensualité exacerbée et sa sexualité hors norme l’a balayé comme fétu de paille… Allez expliquer ça à un petit maghrébin ! Il ne s’agissait pas de nier l’évidence.
J’ai arrondi les angles.
Ramené les choses à leur simple réalité : une bagarre dans un verre d’eau.
N’empêche, je ne change pas : je veux le beurre, l’argent du beurre, et le sourire du crémier… Celui de la crémière aussi, d’ailleurs. Je ne refuse aucun plaisir !
Je VEUX garder Oussama. Je VEUX continuer à aimer A. Comme un fou.
A. rit à gorge déployée : « Ti é fou ! »
Oui ! Et pourvu que ça dure !
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 22241
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.