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Mercredi 1 août 2012 3 01 /08 /Août /2012 11:12

 

Hier au soir, encore une fois, j’ai regardé n’importe quoi à la télé. Rien ne m’intéresse, encore moins que d’habitude, ce qui n’est pas peu dire. Mais à cette heure du prime-times Chérubin « rompt le jeûne », avec toute sa famille. Je l’attends, et trouve le temps long. Alors, n’importe quoi… N’importe quoi vraiment ! Hier ce fut « Mon meilleur ami », un film que je fuyais depuis sa sortie. D’ailleurs, je ne sais pas exactement pourquoi. Trop mièvre, plan-plan, lacrymal, populiste. C’est que je sais, moi, ce qu’est l’amitié !...

 

   monmeilleurami

 

Je ne sais plus trop où je vais, là… « JE »… Tout est dit. Fermez le ban.

 

Je n’en reviens pas combien l’on peut souffrir, même avec un égo surdimensionné !

 

Souffrir, ou se regarder souffrir ?

 

Je n’ai pas été capable de me tenir à l’écriture de la lettre à Chérubin. Même ça. Surdimensionné.

 

De plus, j’ai très vite su qu’encore une fois je me racontais des histoires : j’allais tout faire pour continuer à vivre, retourner au Maroc et le retrouver. Je m’aime trop pour me priver d’un tel plaisir.

 

Quitte à me couvrir de dettes. A hypothéquer de façon inadmissible ma succession. Inadmissible ? Je n’ai pas de morale.

 

En appelant ma sœur pour son anniversaire j’ai appris que l’un de mes cousins (je me plais à le dire « l’un de mes préférés »), est grièvement et irrémédiablement malade. L’une de ces maladies neurologiques pernicieuses qui déboulent sur le marché… Il a un an de moins que moi. J’ai pleuré. Beaucoup. J’ai eu honte de pleurer. Le chagrin est égocentrique. Généralement on pleure sur soi, pas par compassion envers les autres.

 

Chérubin le sait bien. Lorsqu’il me voit pleurer, il me fait comprendre que ce n’est pas son sort qui me désespère, mais le mien.

 

Je ne supporte pas d’être seul, ici. Je lui dis qu’il me manque, que j’en souffre tout autant physiquement que moralement. Il compatit. Et lorsque je m’étonne de son état de fatigue, il glisse la remarque qu’il dort très mal quand je ne suis pas auprès de lui dans le lit. Sans autre commentaire.

 

Chérubin se révolte parfois. « Vous, les français, vous avez une tête très, très compliquée… Et vous dites que c’est nous qui avons l’esprit tordu. Ou la tête comme le caillou, comme tu dis, toi… »

 

Le matin, je trouve parfois sur Skype des billets doux…

 

« Malgré les kilomètres et les années, il y a des personnes qu'on  n’oubliera jamais. »

 

« J'ai pas peur d'aimer j'ai juste peur d'être blessé. »

 

« La chute n'est pas un échec, l'échec c'est de rester là où on est tombé. »

 

« Un cœur n'est pas à vendre... Il n'est  pas à louer… Il est à donner à celui qui saura l'aimer… »

 

Il sait que ses citations, toujours pertinentes, me troublent beaucoup. Lorsque, trop fatigué, je l’abandonne à sa nuit « Ramadanesque », il doit jouer à rechercher et traduire ce genre de sentences sur internet. Je les retrouve lorsque le lendemain je réactive l’outil. Je souris et efface mes larmes d’un revers de main. Orgueilleux de constater qu’il pense à moi, même lorsque je dors. Egocentrique, toujours.

 

Pourtant, je l’aime.

 

Je n’ai jamais aimé ainsi. Pourquoi ne suis-je toujours pas capable d’ouvrir mon cœur ? De l’ouvrir vraiment. Aux douces brises comme aux vents mauvais ?

 

M’ouvrir et me donner. Je le voudrais tant !

 

Dans mes phases de désœuvrement, je me suis décidé à affronter les requêtes Google qui gâchent mon plaisir de feuilleter les statistiques de ce blog. Le mot « P****hilie » attirait pervers et obsédés, alors que je voudrais tant m’interroger honnêtement sur les pulsions qui me poussent vers la beauté et la jeunesse d’éphèbes virils et sensuels… Je me suis attelé au problème et je pense avoir éradiqué les sources de ces requêtes malsaines : mes stats ont réduit de moitié.

 

Au passage : j’ai voulu m’interroger sur mon éventuel comportement lorsque Chérubin vieillirait… Je l’ai connu à vingt-deux ans, nous allons fêter ses vingt-quatre… Je n’en ai pas été capable. Tous les scénarios butaient sur ma mort avant que sa beauté soit, tant soit peu, altérée… Et, peut-être, justement, ça... Ça…

 

En farfouillant les statistiques je suis retombé sur les traces de quelques uns de ces visiteurs réguliers –et silencieux– qui accèdent à ce blog. Etrange comme ceci peut-être frustrant, même lorsque l’on se voudrait indifférent au regard des autres. Les fantasmes du regard haineux, du regard méprisant, du regard condescendant, m’agressent. Je sais pourquoi : je n’ai aucun ami. Par mon égoïsme, sinon mon égocentrisme, j’ai fait fuir toutes celles et ceux qui au départ manifestaient quelque sympathie pour ce blog et son « taulier ».

 

Tiens ? Il n’y aurait pas comme une boucle avec le premier paragraphe ?

 

N’ayant pas réussi à la vendre, j’ai racheté la « Location Longue Durée » de ma voiture. A prix d’or. J’ai emprunté la dizaine de milliers d’€uros nécessaires au dédouanement du véhicule. Pas d'autre choix. Ainsi, vais-je pouvoir repartir à Fès avec cette voiture. Je dois bien le constater, les détails et le fric m’indiffèrent : je vais revoir Chérubin et lui redire que je l’aime. Dit autrement, mesurer combien lui, il m'aime. Après, la route redeviendra probablement très étroite, moralement et matériellement. Mais j’aurai été heureux comme jamais. Incapable de vraiment aimer, j’ai besoin d’être aimé. Sans nuance. Sans limite raisonnable. Sans raison. Sans limite.

 

Publié dans : C'est ça, l'Amour !
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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Fin Novembre 2010 je rencontrais mon Chérubin.

Aujourd'hui il approche de ses 25 ans, et j'ai moi-même dépassé les 68 bougies.

Depuis plus de deux ans et demi, je vis la relation à laquelle je n'ai jamais réussi à croire.

Et alors ?

Je ne fanfaronne pas. Je ne m’affiche pas : moins d’une quinzaine de lecteurs aborde ces pages, la très grande majorité ne dépassant pas l’affichage issu d’une requête vaseuse dans un quelconque moteur de recherche.

Les rares lecteurs réguliers attendent probablement la fin de l’histoire. Avec plus ou moins de sadisme, plus ou moins de curiosité.

C’est curieux. Je ne veux plus penser à ceux qui me lisent, d’où l’épuration en cours de la mise en page, et en même temps je suis incapable de fermer le blog. Encore moins de tout détruire. Fétichisme ?

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