Début du Bilan de ce Blog... Ici
2° partie
Lorsque j’ai entrepris d’écrire sur ce support, je n’avais aucune idée en fait de ce que cela pouvait représenter. Je n’en avais pour ainsi dire visité aucun. J’en entendais de plus en plus parler, et souvent les forums y font référence. Je me sentais gêné et honteux, si, si, comme chaque fois que j’ai senti les technologies avancer sans moi...
Je voulais donc, d’abord et en premier dominer l’outil et en découvrir les différentes utilisations...
Depuis toujours j’ai aimé écrire. Il restait sur mon disque quelques pages qui avaient échappé à ma folie cyclique de nettoyage. Notamment ce texte que j’avais écrit en prison pour ma femme. Bien entendu d’origine il est manuscrit, sur un triste papier rayé fourni par l’administration. Mais une année, nous l’avions retravaillé avec ma femme, elle m’avait aidé à le rendre moins pompeux, moins grandiloquent, et moins grotesque. Il est soigneusement rangé dans un classeur, à la disposition des enfants quand je ne serai plus là. J’ai gardé le support informatique. Il m’a fallu quelques jours pour retrouver le mot de passe de protection... Il y avait si longtemps... J’y consacre de longs chapitres à détailler avec une complaisance douloureuse mes aventures extra conjugales. Je ne voulais rien épargner à ma femme, sans doute pour la pousser inconsciemment dans ses retranchements. Dès le départ, j’avais décidé de ne pas engager ce blog dans ces aspects érotico-porno-gay. Mais il restait de la matière.
Il y a aussi un long texte sous forme de journal que j’ai écrit aux enfants à une époque où j’avais décidé de me suicider. Je crois y avoir fait allusion quelque part, ma femme m’a précédé de très peu, et sa tentative de suicide a brisé mon élan. Ce texte, je ne l’ai pas relu. Je n’ai pas cherché le mot de passe. Je crois savoir qu’il est : " ADIEU "... Pendant longtemps il est resté indiqué sur un postit accroché à ma carte d’identité au cas où... J'ai détruit ce mémo quand ma femme a eu son premier cancer. J’avais décidé de l’accompagner désormais, quelles que soient mes difficultés. C’est important que je le dise ici, j’y reviendrai plus tard.
Et il y avait un journal, que je tenais avec plus ou moins de rigueur, souvent pris par la vie quotidienne trépidante.
Et je me suis dit que mon vécu, pour autant spécifique qu’il soit, pouvait aider un jeune en mal d’identité. C’est significatif que je dise ceci. D’ailleurs le préambule reste toujours affiché, il va falloir que je me décide à le changer. Il est ridicule. Après ce bilan sans doute. Voila. J’ai automatiquement, de façon plus qu’irréfléchie, pensé à un jeune... Encore du paternalisme... Et cela m’a fait beaucoup de bien de prendre conscience que ce n’était pas les jeunes que j’intéressais... Mais ceux qui avaient pu vivre, à la même époque des choses similaires ou à contrario totalement différentes.
Je partais avec le handicap dont je parle ici. Je déteste mon style, et je ne me suis jamais senti capable d’écrire des choses sinon captivantes, du moins un minimum intéressantes. Ce qui, je puis en témoigner, n’est pas contradictoire avec l’envie d’écrire. Mais conviction qui fait que seuls les textes ayant une forte résonance affective ont échappé à la poubelle... Je voulais vaincre ce handicap. Prendre un minimum confiance dans mes écrits. C’était l’un des principaux challenges de ce blog.
Enfin, écrire sur un site public suppose que l’on envisage d’être lu. Au départ, c’était le dernier de mes soucis. J’avais en tête, outre le petit jeune égaré à qui j’indiquerais la bonne voie... (lol, vous dites je crois ?), ma femme et surtout mes enfants. J’imaginais une actualisation de ce vieux texte (vint neuf ans quand même !) avec des commentaires plus récents, d’aujourd’hui, du 21° siècle... Je pensais à " l’après ", je venais d’apprendre que l’état de santé de ma femme était très grave.
Les premières semaines je me suis enivré en postant chaque jour, ou peu s’en faut, des textes que je n’avais qu’à relire et à mettre en forme. En réfléchissant un minimum à leur ordonnancement. Je me suis essayé à l’affichage de photos. Pas de difficulté. J’en ai donc abusé au début. Je me suis vite lassé, comme pour toute chose que je trouve trop facile. Je n’ai pas pris le temps d’insérer des vidéos. Si je le faisais, c’est que tout le film serait de moi, de la prise de vue à la mise en page, en passant par le montage. Pas le temps pour le moment.
La fin de la première partie approchait. Les trois premiers volets couvraient le contenu de ce texte qui ne pouvait se référer qu’à l’avant incarcération. Il allait falloir aborder le temps présent... Je réalisais combien je tergiversais, retardais, repoussais. Je prenais conscience que j’allais enfin devoir me livrer. Là, tel que j’étais. Que j’allais devoir dépasser les faux-semblants, les mensonges à moi-même, les peurs, les lâchetés. Je le jure. Je m’y suis efforcé. C’est sans doute ainsi que j’ai donné à certains le sentiment d’un excès de culpabilité...
Et j’ai repoussé le moment, repoussé... Et je me disais " Allez, il faut que t’arrêtes de revenir en arrière. Parle du présent... " Et je n’arrivais pas à m’y résoudre...
Oh, ça a duré... Du 2 février au 9 mars exactement... Si ça ne s’appelle pas reculer, ça...
Et je dois le reconnaître. Je ne suis pas encore parvenu à me livrer vraiment. Quand je vois l’évolution remarquable d’un WejDi en quelques semaines... L’aggravation de l’état de santé de ma femme a en fait été une belle échappatoire. Qu’il est facile de se faire plaindre, et de reporter tous nos maux sur la fatalité ! Mais il faut le dire : les choses ne sont pas aussi simples... Et ma part de responsabilité est immense. Si ma femme refuse de se soigner, c’est parce qu’elle ne me sent pas assez présent. Depuis sa décision, nous avons beaucoup parlé... Et revient toujours : " Me soigner, souffrir des mois, pour gagner quoi, quelques mois ? Et pendant ces mois de répit, qu’est-ce que tu me proposes ? " Et je n’ai rien d’autre à proposer que ce que nous vivons depuis des années. Elle attend que je rentre. Elle attend en ce moment que je sois avec elle, et je suis scotché devant cet écran... " Attendre... Toujours attendre, je n’ai fait que t’attendre" m’a-t-elle dit avant hier en pleurant dans mes bras...
Mon bilan ne peut s’arrêter là. Mais ce soir, je stoppe. Sans phrase de conclusion. Je viens de faire un très gros effort...
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 50652
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.