Je n’y croyais pas. Je ne voulais pas y croire. Je restais bien droit dans mes bottes. Il fallait qu’elle choisisse de vivre pour elle, pas pour me faire plaisir.
Elle m’a souvent reproché d’avoir appelé les secours lors de sa première tentative de suicide. Elle considérait que chacun avait le droit de choisir sa vie, et le moment de sa mort.
Combien de fois m’a-t-elle dit depuis que si je l’avais laissée dormir, elle serait partie ainsi, en dormant, et elle n’aurait pas vécu les affres du premier cancer, puis du second... Et que répondre ?
Je pensais qu’elle choisirait l’espoir de vie. L’espoir seulement, puisque, les médecins sont très clairs, elle ne peut plus guérir. Prolonger. Combien de temps ? Mais un jour que nous discutions des différents cas de figure, je crois en avoir parlé ici, je rajoutais une quatrième éventualité : que nous partions tout de suite, sans attendre. En fait, pourquoi attendre ?
Elle a refusé. Elle voulait encore profiter un peu du nid que nous nous sommes fait. J’ai cru à ce moment qu’elle cheminait lentement vers le choix du traitement le plus dur mais le plus efficace.
Depuis plusieurs jours, à l’approche de la date limite, je la sentais de plus en plus tendue, je me montrais le plus attentionné possible. Je ne modifiais pas mes habitudes, elle l’aurait mal supporté. Mais nous restions longuement enlacés dans de tendres câlins. De temps en temps, elle me demandait si j’avais quelque chose à dire... Mais que dire ? Nous avons tout dit et son contraire dans nos longues discussions. Je répétais que je ne voulais pas influencer sa décision.
Ce matin, j’avais mon rendez-vous chez le kiné à onze heures. Un peu de retard, j’ai un peu traîné. Je suis rentré à midi et demi passé. Elle dormait profondément, dans la tenue où je l’avais laissée, tenant à la main les choses qu’elle s’apprêtait à ranger... Visiblement elle s’était allongée un instant et avait sombré comme une masse. Je n’ai rien dit, j’ai préparé le repas. Pendant que je faisais mon traitement aérosol (oui, encore des effets secondaires tardifs du traitement de radiothérapie !), elle s’est allongée de nouveau. Je l’ai rejointe et nous sommes restés allongés, enlacés, plus d’une heure. Quand nous nous sommes levés, elle m’a demandé mon portable.
Et elle a appelé le secrétariat du cancérologue. Elle a laissé le message, n’a même pas demandé à lui parler. Simplement, elle a précisé qu’elle attendait de savoir quand il voudrait la revoir. Point. Mon sang était glacé dans mes veines.
Aujourd’hui, il a fait une chaleur caniculaire. Nous étions en nage. Assommés. Comme au mois d’Août. Et j’avais l’impression que l’intérieur devenait un glaçon. Je n’ai rien dit. Je n’aurais rien pu dire. Elle est retournée dans la chambre. Je me suis allongé auprès d’elle, lui tenant la main. Longuement. J’ai eu peur de craquer. Sous prétexte de fumer, je suis venu devant mon écran. A. n’était pas là. Normal il travaillait. Je suis allé sur le forum. N. son petit ami jouait le petit coq, affectant d’être celui qui domine et qui gère. Il m’a énervé. Connement. Je m’en suis voulu. J’ai voulu dire que j’avais mal. Les réactions –rares- n’ont pas été à la hauteur... Déçu. Ainsi, après deux trois va et vient entre notre lit et l’écran, j’ai eu envie de sortir, de respirer. Je suis allé faire quelques courses indispensables.
J’ai pu m’arrêter dans un coin, et pleurer. C’est fou ce que je chiale en ce moment. Quand A. m’a raconté son grand bonheur, j’ai chialé... J’étais tellement heureux pour eux ! Le lendemain, N. lui a fait une déclaration publique d’amour sur le forum. Très belle. J’ai chialé.
Je crois que je suis à cran. Dire que le toubib m’a mis sous antidépresseur pour faire face à la situation... Qu’est-ce que ça serait sans...
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 35301
En ligne : Selon OB : 3
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.