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Lundi 11 juin 2007 1 11 /06 /Juin /2007 23:25

Je n’y croyais pas. Je ne voulais pas y croire. Je restais bien droit dans mes bottes. Il fallait qu’elle choisisse de vivre pour elle, pas pour me faire plaisir.

Elle m’a souvent reproché d’avoir appelé les secours lors de sa première tentative de suicide. Elle considérait que chacun avait le droit de choisir sa vie, et le moment de sa mort.

Combien de fois m’a-t-elle dit depuis que si je l’avais laissée dormir, elle serait partie ainsi, en dormant, et elle n’aurait pas vécu les affres du premier cancer, puis du second... Et que répondre ?

Je pensais qu’elle choisirait l’espoir de vie. L’espoir seulement, puisque, les médecins sont très clairs, elle ne peut plus guérir. Prolonger. Combien de temps ? Mais un jour que nous discutions des différents cas de figure, je crois en avoir parlé ici, je rajoutais une quatrième éventualité : que nous partions tout de suite, sans attendre. En fait, pourquoi attendre ?

Elle a refusé. Elle voulait encore profiter un peu du nid que nous nous sommes fait. J’ai cru à ce moment qu’elle cheminait lentement vers le choix du traitement le plus dur mais le plus efficace.

Depuis plusieurs jours, à l’approche de la date limite, je la sentais de plus en plus tendue, je me montrais le plus attentionné possible. Je ne modifiais pas mes habitudes, elle l’aurait mal supporté. Mais nous restions longuement enlacés dans de tendres câlins. De temps en temps, elle me demandait si j’avais quelque chose à dire... Mais que dire ? Nous avons tout dit et son contraire dans nos longues discussions. Je répétais que je ne voulais pas influencer sa décision.

Ce matin, j’avais mon rendez-vous chez le kiné à onze heures. Un peu de retard, j’ai un peu traîné. Je suis rentré à midi et demi passé. Elle dormait profondément, dans la tenue où je l’avais laissée, tenant à la main les choses qu’elle s’apprêtait à ranger... Visiblement elle s’était allongée un instant et avait sombré comme une masse. Je n’ai rien dit, j’ai préparé le repas. Pendant que je faisais mon traitement aérosol (oui, encore des effets secondaires tardifs du traitement de radiothérapie !), elle s’est allongée de nouveau. Je l’ai rejointe et nous sommes restés allongés, enlacés, plus d’une heure. Quand nous nous sommes levés, elle m’a demandé mon portable.

  • " Je vais téléphoner, je refuse toutes les chimiothérapies. Elles provoquent toutes une alopécie, sans véritable garantie de guérison.
  • ...
  • Et regarde le premier cancer, les souffrances que j’ai endurées, et j’ai été tranquille combien de temps ? Dix huit mois, maximum. Si on peut appeler être tranquille quand on va voir tous les mois le médecin en redoutant le diagnostic... Et c’est quand il parlait de ne plus me voir qu’une fois par an que le deuxième s’est déclaré !...
  • ...
  • Tu veux dire quelque chose ?
  • Je respecte ton choix. Je te l’ai dit. Je t’accompagnerai jusqu’au bout. "

Et elle a appelé le secrétariat du cancérologue. Elle a laissé le message, n’a même pas demandé à lui parler. Simplement, elle a précisé qu’elle attendait de savoir quand il voudrait la revoir. Point. Mon sang était glacé dans mes veines.

Aujourd’hui, il a fait une chaleur caniculaire. Nous étions en nage. Assommés. Comme au mois d’Août. Et j’avais l’impression que l’intérieur devenait un glaçon. Je n’ai rien dit. Je n’aurais rien pu dire. Elle est retournée dans la chambre. Je me suis allongé auprès d’elle, lui tenant la main. Longuement. J’ai eu peur de craquer. Sous prétexte de fumer, je suis venu devant mon écran. A. n’était pas là. Normal il travaillait. Je suis allé sur le forum. N. son petit ami jouait le petit coq, affectant d’être celui qui domine et qui gère. Il m’a énervé. Connement. Je m’en suis voulu. J’ai voulu dire que j’avais mal. Les réactions –rares- n’ont pas été à la hauteur... Déçu. Ainsi, après deux trois va et vient entre notre lit et l’écran, j’ai eu envie de sortir, de respirer. Je suis allé faire quelques courses indispensables.

J’ai pu m’arrêter dans un coin, et pleurer. C’est fou ce que je chiale en ce moment. Quand A. m’a raconté son grand bonheur, j’ai chialé... J’étais tellement heureux pour eux ! Le lendemain, N. lui a fait une déclaration publique d’amour sur le forum. Très belle. J’ai chialé.

Je crois que je suis à cran. Dire que le toubib m’a mis sous antidépresseur pour faire face à la situation... Qu’est-ce que ça serait sans...

Publié dans : Journal au jour le jour
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!    
 
       
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Qui je suis

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  • Les petites histoires de Boby
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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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