17 Mai = journée contre l'homophobie
Les scientifiques américains réfléchissent... Et réinventent l'eau chaude !! Je suis sévère ! Simplement, nous, pauvres pédés, avons maintes fois eu l'occasion de le vérifier sur le
terrain...!!
J'ai pas résisté !
Cliquez pour aller lire quelques perles !!!

Humour. Belge ? Seulement ?...
Merci "The Estetic of senses".

Un court métrage comme j'aimerais en rencontrer plus souvent.
Merci GayClic.
Tout est dit. Simplement !
ooOoo
Humour. Toujours. La découverte d'un nouveau blog sympa. Frais...

Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
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Dans sa première version ce blog a rencontré :
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Je ne veux pas faire preuve de pessimisme, ni avoir l’air de pleurnicher. Je sais que sur des tas de points ma situation de père est enviable. J’ai trois enfants adorables et en pleine santé. Ils ont traversé leur enfance et leur adolescence sans aucun des petits drames qui bien souvent donnent trop tôt des cheveux blancs aux parents. Pas de maladie grave. Pas d’accident important. Pas de conflit entre eux. Pas d’opposition significative à l’adolescence. Ils sont beaux, intelligents, cultivés (sans aucun doute plus que leurs parents). Ils ont pleinement adhéré aux idées progressistes que nous défendions, même si naturellement leur cheminement politique et social s’est parfois éloigné du notre.
Ils ont totalement compris et intégré mon combat pour le " droit à l’indifférence ", c’est à dire le refus de placer les individus dans des cases préétablies qui impliquent un comportement social. Comme le leur a souvent dit ma femme, " ce que les gens font dans leur lit ne regarde personne en dehors des deux partenaires... ". Ils ont donc naturellement approuvé ma volonté de vouloir " vivre comme n’importe qui ", et accepté les conséquences qui pouvaient en découler. Y compris pour eux-mêmes. En apparence et consciemment tout au moins.
C’est ici que le rôle du blog prend tout son sens. Il m’oblige à prendre de la distance, à essayer de créer une sorte empathie avec un lecteur hypothétique. Sinon de parvenir à être objectif, du moins de me montrer davantage critique vis à vis de mes écrits. A chaud, le plus difficile. Lorsque, seul devant mon ordinateur j’essaye de coucher des idées sur le clavier j’ai, selon l’image consacrée, le nez sur le guidon. Bien sûr, personne je pense n’écrit sans avoir en tête un lecteur potentiel. Mais ce ne peut être alors que ma femme ou mes enfants après ma disparition. Le sens même de mon discours en est faussé. Le censeur inconnu qui pourrait lire ces lignes peut avoir souffert, avoir perdu un enfant, en avoir un plus ou moins gravement handicapé, n’avoir jamais pu offrir des études à sa progéniture, voir celle-ci en très grande difficulté financière ou morale... Quand j’étais éducateur, j’ai côtoyé chaque jour ce quart-monde qui est à nos portes et que si peu de gens voient. Comment puis-je avoir des états d’âme ?
Tentative d’objectivité. Petits français moyens issus du peuple, nous sommes quand même, que nous le voulions ou non, des privilégiés. Des bénéficiaires de cet ascenseur social qui aujourd’hui est dramatiquement en panne. Ma femme, fonctionnaire, a toujours pu assurer le minimum même aux moments les plus difficiles. Nous avons deux revenus. Nous sommes propriétaires de notre logement. Ce n’est sans doute pas un hasard si nos enfants sont tous les trois " artistes ". Nous avons toujours privilégié leur plaisir de faire ce dont ils avaient envie à leur réussite sociale. Nous avons toujours voulu qu’ils soient libres. Sur beaucoup de points je pense que nous avons plutôt réussi. Ils sont maintenant loin du domicile familial, mais les liens sont restés très forts et les réunions de famille, bien que trop ponctuelles, sont toujours d’une très grande intensité. Débordantes d’amour et de tendresse. De quoi puis-je me plaindre ?
C’est idiot. Totalement imbécile sans doute. Sont-ils heureux ? Je ne sais rien de leurs états d’âme profonds. Ils ne nous ont jamais rien reproché. Ils font ce qu’ils aiment en vivant d’expédients. Et alors ? Mes inquiétudes ne peuvent faire référence qu’à des schémas sociaux que par ailleurs je réprouve ou critique. Ils ont la trentaine. Pas de compagne ou de compagnon. Pas d’enfant. Pour les garçons, pas de domicile fixe, pas de situation professionnelle stable. Très peu ou pas de trimestres de cotisation engrangés pour la retraite. Pas de perspective d’avenir construite et visible. Et alors ?
Un jour où nous essayions de parler de toutes ces incertitudes, Xav nous dit : " Vous verrez, un de ces jours l’un de nous trois deviendra célèbre, nous serons riches et vous aurez une retraite dorée ! ".
En fait, le grand mot que je n’arrive pas à prononcer, c’est " culpabilité ". Si j’avais la certitude que tout ce qu’ils vivent est LEUR choix, LEUR vie, LEUR problème, je pourrais couler une retraite paisible. Mais je ne peux pas écarter l’idée que tout ceci est la conséquence de mes choix et de notre mode de vie.
Quand ils étaient petits nous avions dû, inévitablement, leur expliquer que tous les gens ne pensaient pas obligatoirement comme nous, et qu’il fallait rester discret –notamment à l’école où ma femme professait- sur nos idées, notre mode de vie, nos fréquentations. Aucun problème de ce côté là. Ils avaient très bien assimilé nos particularités, nous demandaient parfois des explications sur les " différences ", et nous n’avons connu aucun incident. Ce que je considère comme une conséquence a été pour le moins inattendue pour moi. Il s’est produit une sorte de repli de la famille sur elle-même, comme pour faire bloc contre l’adversité extérieure. Rien ni personne n’était digne de s’introduire en notre sein à part les amis au courant de notre histoire. En constatant qu’aucun des trois ne faisait venir de petits copains ou copines à la maison, qu’ils recevaient leurs visites sur le perron en fermant la porte derrière eux, nous avons dû verbaliser ces difficultés. Il y eut un mieux, mais elles ont perduré plus ou moins fortement jusqu’à l’adolescence. Après, aussi soudainement, la tendance s’est inversée. Il n’était pas rare que nous commencions un goûter ou un repas à cinq et qu’il se termine à dix ou quinze... Mais l’interrogation est là, forte, culpabilisante : quelle vision du monde extérieur ai-je donné à mes enfants ? Les ai-je correctement préparés à une vie sociale ?
Pas une seule fois ils n’ont assisté à une dispute entre ma femme et moi. Nous avons toujours veillé à ne pas contrer l’autorité du conjoint en prenant des positions éventuellement contradictoires avec une décision prise en premier. Notre entente et notre complicité sur une multitude de points sont tangibles. Nous avons toujours partagé – autant que possible bien sûr- les tâches ménagères et les contraintes familiales... Et si nous leur avions donné une image trop idéalisée de la vie de couple, image trop parfaite, et qu’inconsciemment ils ne veuillent pas prendre le risque de faire moins bien ?
Le parrain de Frédéric me reprochait de m’être mis sur un piédestal inaccessible, et de les avoir embrigadés dans un combat qui n’était pas le leur. Et, malgré mes dénégations, si c’était vrai ?
Cette culpabilité revient à quelques questions fondamentales : Ai-je fait ce qu’il fallait pour mes enfants ? Ai-je vécu pour moi, par eux, ou POUR eux ? En ayant des enfants ai-je voulu exister –voire survivre- ou donner la vie ? Une famille, est-ce un cocon, un nid, ou une référence ? Aimer suffit-il à donner du bonheur ? N’auraient-ils pas été finalement plus heureux et plus épanouis si je n’étais pas revenu après les événements ?
Je dois vivre avec ces questions qui resteront sans réponse. Un temps encore.