Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /Fév /2007 17:29

Et les enfants ? L’amour paternel existe-t-il vraiment ? J’ai déjà dit ce besoin de paternité profond, animal, irraisonné, qui plus jeune aurait été capable de me conduire aux pires excès. Je ne suis revenu à plus de lucidité que pour m’enfermer dans un désespoir chronique : j’étais maudit, je ne pourrai jamais être père. J’ai essayé de rendre la bouffée délirante d’espoir lorsque l’amour de Monique m’a redonné cet espoir perdu. Mais pourquoi, pourquoi cette vulgaire idée de procréation était-elle devenu un enjeu vital ?

J’ai baigné dans une ambiance d’amour et de tendresse vis à vis des enfants. Surtout il est vrai de la part de ma mère. Mais toute la famille, oncles, tantes, cousins et cousines n’étaient pas en reste. Chaque grossesse était un bonheur, chaque naissance une fête. Même lorsqu’il s’agissait d’un " accident ". Nous en avons connu. L’arrivée de l’enfant aplanissait toutes les difficultés, tous les drames. Jeune adolescent j’ai accueilli mes premiers neveux. J’ai été associé au bonheur de les voir grandir. J’ai appris très tôt à pouponner, cajoler, câliner, aimer...

J’ai toujours su que je n’avais pas été désiré. Arrivé dix ans après mon frère, huit ans après ma sœur, j’ai déboulé en plein drame pour ma famille. La guerre avait apporté son lot de souffrances et de difficultés pour cette famille de petits commerçants. L’immédiate après-guerre et son contingent de privations ont donné le coup de grâce. Faillite, fuite loin de la ville, emplois précaires et mal payés pour mon père. J’ai dû être un boulet de plus. L’accouchement avait été dramatique. Mon père avait demandé que l’on me sacrifie pour sauver la mère. Celle-ci n’avait dû son salut qu’à la pénicilline, d’utilisation toute récente dans les hôpitaux publics. J’avais survécu sans qu’on sache très bien comment et pourquoi. Lorsque l’un de mes oncles était arrivé à la mairie pour me déclarer, aucun prénom n’avait été choisi. Il a pris le saint du jour sur le calendrier. Ça aurait pu être pire... Toute mon enfance j’ai été baigné dans ces anecdotes racontées sur le ton de la dérision, reçues par moi chaque fois comme de petits coups de poignard. Mon père, dur et froid, ne m’a jamais montré la moindre tendresse. J’ai toujours eu peur de lui. De façon je le concède tout à fait irraisonnée. Devenu adulte, voulais-je inconsciemment donner à ma progéniture tout l’amour que je pensais ne pas avoir reçu ?...

Dès le plus jeune âge, j’ai été colon une partie de mes vacances. Après avoir joué à la Nounou avec mes neveux et nièces, à seize ans je suis devenu " aide moniteur " dans les centres de loisirs et les colonies de vacances. Ma sœur était devenue enseignante. La fonction éducative était pour moi comme une évidence. Même pendant les quelques années où j’ai rêvé de devenir réalisateur, c’était dans l’espoir de produire des films parlant de l’enfance et de l’adolescence. " Les 400 coups " de Truffaut m’enthousiasmait. Un peu la Vie, un peu moi, avons finalement choisi que je devienne éducateur de jeunes en difficultés. L’idée que je puisse consacrer ma vie à m’occuper des enfants des autres sans mettre en œuvre mes " grandes idées pédagogiques " vis à vis de ma propre progéniture m’obsédait. J’étais un manchot qui donnait des cours de barres parallèles... Quel éducateur, quel enseignant célibataire ne s’est entendu dire un jour : " Si vous aviez vous-même des enfants, vous ne diriez pas, vous ne feriez pas ça... ". Plus ou moins consciemment, je voulais prouver au monde que je pouvais apporter des méthodes pédagogiques efficientes. Quelle prétention ! Quelle sordide motivation pour avoir des enfants que de vouloir en faire des objets d’expérimentation !

Bon, je suis dans une phase de pessimisme aigu... Il m’arrive de penser que je voulais des enfants parce que j’avais un trop plein d’amour à déverser, et que je ne m’en suis pas privé. Ils n’ont manqué de rien, et surtout pas d’amour. Mais, est-ce que trop d’amour ne tue pas un peu aussi ?

Publié dans : Quand il faudrait s'assumer
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...

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Bonjour...

    Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...

     

Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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      1er Février 2012
Je suis de retour dans le Royaume depuis un mois.    
      J'ai entrepris les démarches pour obtenir le statut de résident étranger au Maroc.
      Je ne peux plus me cacher derrière mon petit doigt : C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Je ne veux plus me torturer. Dans quelques mois peut-être, lorsque la France sera redevenue une République ouverte et démocratique...
. Pour l'instant je veux vivre. Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, ici, maintenant.    
Je baigne dedans.    
       
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Qui je suis

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  • Provence Région Parisienne ARLES Gascon Fès au Maroc
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, je redécouvre l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune !

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. Je verrai.

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