17 Mai = journée contre l'homophobie
Les scientifiques américains réfléchissent... Et réinventent l'eau chaude !! Je suis sévère ! Simplement, nous, pauvres pédés, avons maintes fois eu l'occasion de le vérifier sur le
terrain...!!
J'ai pas résisté !
Cliquez pour aller lire quelques perles !!!

Humour. Belge ? Seulement ?...
Merci "The Estetic of senses".

Un court métrage comme j'aimerais en rencontrer plus souvent.
Merci GayClic.
Tout est dit. Simplement !
ooOoo
Humour. Toujours. La découverte d'un nouveau blog sympa. Frais...

Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
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Ne jamais mentir à un enfant. Voici l’un des principes pédagogiques essentiels auxquels ma femme et moi sommes profondément attachés. Que ce soit pour " faire croire au Père Noël ", éviter les questions embarrassantes ou, " pour leur bien ", " pour les protéger ". Nous n’avons jamais failli à cette règle. Lorsque j’ai été arrêté, nous n’avons pas eu le temps de réfléchir ensemble à notre attitude vis à vis des enfants. Ne pas mentir. Ne pas dire plus que ce que leur âge pouvait leur permettre d’assimiler et de comprendre. Ni ma femme ni moi ne pouvions imaginer que ce serait si long. Elle leur expliqua donc simplement que j’étais retenu loin de la maison, que je pensais beaucoup à eux, et que j’allais revenir le plus vite possible. Quotidiennement je leur envoyais un très long courrier. Lorsque ma première demande de libération conditionnelle a été refusée, nous avons dû regarder les choses en face. Je pouvais être absent longtemps, nous ne pouvions laisser espérer un retour prochain aux enfants alors que nous n’en savions rien. Le temps imparti pour le parloir a été consacré à cette difficile réflexion. Fred avait cinq ans, Xavier deux ans et demi, Karine était un bébé. Nous avons décidé de dire la vérité aux enfants, sans que les réponses aillent jamais au-delà des questions posées. Ils apprirent donc que j’étais retenu dans une maison dont je ne pouvais sortir sans l’autorisation d’une dame qui pour le moment refusait de me laisser rentrer chez nous. A la sempiternelle question " Pourquoi ? " ma femme expliqua que j’avais fait des choses qui ne plaisaient pas à la dame. Qu’il fallait que j’en parle avec elle pour qu’elle comprenne, et que ce pouvait être long. Dans un deuxième temps seulement le mot " prison " a été prononcé, lorsque, me voyant de plus en plus déprimé, ma femme décida d’amener les enfants avec elle lors d’un parloir.
Pendant les neuf mois de ma détention, ma femme ne manqua pas une seule journée de parloir. Des heures à faire la queue pour se voir pendant une demi-heure derrière une vitre blindée et se parler au travers d’un hygiaphone... Tous les jours elle recevait une lettre en même temps que celle des enfants. Souvent avec beaucoup de retard, tout mon courrier, entrant et sortant, passant par le bureau de la juge d’instruction. Le texte que j’écrivais en parallèle transitait par le bureau de l’avocat. Pour éviter la censure. Je l’avais également autorisé à lire ce manuscrit qui lui donnait le détail de mon vécu et de mes idées, et nous permettait d’aller au plus efficace lors des " parloirs avocats ".
A la veille du premier jugement, je terminais le document par un chapitre qui était destiné personnellement à mon épouse. Je lui laissais le choix –et la responsabilité- de la poursuite ou non de notre couple :
Aujourd'hui j'ai tout brisé. Non par ma volonté, je subis une situation bien proche de l'erreur judiciaire. Je n'ai pas commis de crime. Mais pour toi, pour les enfants, le mal est fait. Je pourrais maintenant fuir mes responsabilités, te proposer d'essayer de refaire enfin ta vie, de te débarrasser de mes problèmes et de leurs conséquences.
C'est vrai, je te l'ai déjà dit dans une lettre déjà bien longue : nous ne devons pas nous raccrocher au prétexte des enfants pour t'obliger à supporter une vie difficile et cruelle. Une séparation dans de bonnes conditions, avec des parents non ennemis, avec une organisation dans leur intérêt, leur ferait moins de mal que de partager la vie d'un couple désuni et tiraillé par les haines. Alors, s'il le fallait, je partirais, sans drame, et le plus discrètement possible, et je vivrais pour t'aider, pour les aider. En même temps, je pourrais partir en croisade contre la bêtise humaine, me poser en martyr, et tenter de faire entendre ma voix en profitant d'une "liberté" retrouvée. Faire ça sans te demander ton avis, sous le prétexte de prendre mes responsabilités.
Ce serait simple. Ce serait lâche et égoïste.
Je pourrais te promettre que tout est fini, que maintenant, après ce coup de semonce, nous allons pouvoir construire un vrai bonheur, et être heureux sans craindre une "rechute". Je pourrais également t'affirmer qu'à part quelques incartades sans conséquence nous allons bâtir une vie riche où nous pourrons concilier mon désir de justice, ma volonté de prendre en compte le problème homosexuel, notre amour, et le bonheur de nos enfants. La société n'est pas prête à accepter ce genre de situation. Je ne peux te laisser croire à la possibilité d'un pareil bonheur.
Ce serait faux. Ce serait lâche et égoïste.
J’ai été lâche et égoïste. Ce sermon mélodramatique pour obliger ma femme à exprimer son désir de me voir revenir est, à mes yeux d’aujourd’hui insupportable. Depuis plus de deux mois elle me criait silencieusement son amour. En assurant seule l’éducation de nos enfants, sans jamais m’écarter, en me faisant participer à toutes les décisions importantes. En se dépensant sans compter pour le Comité de Soutien, en mobilisant toutes les énergies de la société civile. En venant me voir chaque fois que le règlement le permettait. Me poser en martyr était à vomir. Puant d’égoïsme.
La justice d’avant 1981 régla le problème. Contre toute attente, de mes avocats, de mes soutiens, de nous cinq, contre toute logique, j’étais condamné à une lourde peine. Je faisais appel. Je restais en prison.
Lorsque au bout de neuf mois je sortais enfin en liberté conditionnelle, j’étais beaucoup plus lamentable. Je retrouvais ma place dans mon foyer. Entouré de l’amour de ma femme et de mes enfants. Mais détruit. Ne croyant plus à grand chose, et surtout pas à la justice des hommes. Sans emploi, sans indemnité, sans aucun revenu. L’objectif réel de cette lourde peine confirmée en appel était de m’écarter définitivement de la fonction publique. Sans que l’amnistie de la prochaine présidentielle puisse me profiter.
Devenu aussi fragile qu’un nouveau-né, j’allais devoir me reconstruire. Je ne demandais plus à ma femme de faire un choix... Je me laissais porter par tant d’amour.