En voulant illustrer ces quelques passages sélectionnés, je me suis replongé dans les boîtes de vieilles photos. Au fil des années j’en ai retrouvé, chez mes parents, chez mes frère et soeur. Sans pouvoir bien sûr jamais reconstituer la riche collection que j’avais détruite le soir de mon baccalauréat. Et j’ai éprouvé quelque chose de très très fort, qui doit relever d’un mécanisme psychanalytique. Je fais ici cette parenthèse car il me semble qu’elle peut proposer un éclairage utile pour la suite du récit que je vais aborder...
Ces photos que je redécouvre me montrent un jeune " pas mal "... Certes, pas du tout l’éphèbe grec qui m’a toujours fait fantasmer, mais un gars qui, si je le rencontrais, ne me laisserai pas tout à fait indifférent...
Or, profondément ancré dans mon esprit et dans ma chair, j’ai toujours considéré que je n’avais pas été gâté par la nature. Et j’en ai énormément souffert. Mon enfance a été accompagnée des quolibets flatteurs tels que " patate ", " bouboule ", " gros lard ", " le gros ", " nounours ", " bichon ", et j’en ai oubliés... Trop précoce, avec mon 1 mètre 80 à quinze ans, 84 à seize, un nez de boxeur maltraité, barbu dès quatorze ans, lourdaud, on me donnait fréquemment 4 ou 5 ans de plus qu'en réalité et je supportais mal cette carcasse qu’il m’était impossible de dissimuler. Ceci a sans doute beaucoup influencé mes relations avec la gente féminine, le moins que l’on puisse dire étant que je n’avais aucune confiance en moi. Ceci a de toute évidence influencé ma quête homo, car je n’étais attiré que par des garçons au physique parfait, comme si j’avais pu, par l’acte, m’approprier leur corps et remplacer le mien... Une petite anecdote. Bien des années plus tard, une amie me demanda, lors d’une conversation intimiste, ce que je regardais en premier chez un garçon. Sans hésiter, je répondis " le ventre ". S’il n’est pas plat et bien dessiné, c’est rédhibitoire ! Quelques semaines plus tard elle faisait un voyage à Florence et m’envoyait chaque jour une carte postale avec un détail de la superbe plastique du " David ", dans l’ordre de mes préférences !
Clin d’œil, mais pour masquer une souffrance qui perdure aujourd’hui et a même empiré avec ce que je dois appeler un début d’obésité.
Une page était tournée. Un livre se refermait. Je laissais mon adolescence derrière moi. A l'aube de ma vie d'adulte, je m’étais convaincu d’être un original, pire, peut-être un monstre. Je n'étais pas comme les autres. J'allais traîner toute ma vie ce boulet infâme, cette marque du destin. Il était naturel que je sois banni loin des miens.
Comble de l'anomalie, avec un garçon comme avec une fille, je pensais d'abord au plaisir de l'autre, avant ma propre satisfaction ; profondément, j'éprouvais un besoin de don de moi-même sentiment, à ce qu'il paraitrait, typiquement féminin.
Au lendemain de mon amour broyé pour C., j'étais écrasé par la charge de ma monstruosité, et je voulais fuir, me fondre dans l'indifférence des masses.
Le pénible vêcu de cette année de terminale avait eu une conséquence que les adultes n’avaient certainement pas imaginée. Je rayais totalement les femmes de ma vie. Elles n’étaient pas pour moi, je n’étais pas pour elles. Je ne pouvais que leur faire horreur. Elles me faisaient peur. Dorénavant je permettrais à ma nature profonde de s’épanouir. J’aimais les hommes, je rencontrerais des hommes.
En montant à Paris, je pensais que tout serait plus facile, que je trouverais bien, sur le nombre, une personne partageant mes envies, que je serais libre et indépendant. J’étais convaincu que je trouverais l'Amour.
Horsmis les toilettes publiques de la Ville Nouvelle et quelques autres édicules découverts par hasard, je n'avais jamais dragué. L’accès au plaisir avait presque toujours découlé d'une rencontre fortuite, de dialogues et de goûts communs. Dans mes aventures féminines du bord de mer j’avais été profondément gêné par ces rencontres préméditées, cette recherche du plaisir sous-jacente à la plus innocente conversation à bâtons rompus. J’avais culpabilisé cette jouissance arrachée égoïstement par de faux serments ou des paroles enjôleuses. Je pensais sincèrement que cela n'existait pas entre hommes. On se désirait, on se donnait l'un à l'autre sans arrière pensée ni calcul. Je n'avais connu pour ainsi dire que ces amitiés où la complicité et le respect mutuels précédent l'assouvissement des pulsions.
Les pédés, je ne les connaissais pas, hormis moi-même.
En somme, vierge et pur, je partais le cœur joyeux vers l'Enfer.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 50652
En ligne : Selon OB : 7
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-trois ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt un an qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Et si, là, se trouvait la raison raisonnable ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
Quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. Je verrai.