17 Mai = journée contre l'homophobie
Les scientifiques américains réfléchissent... Et réinventent l'eau chaude !! Je suis sévère ! Simplement, nous, pauvres pédés, avons maintes fois eu l'occasion de le vérifier sur le
terrain...!!
J'ai pas résisté !
Cliquez pour aller lire quelques perles !!!

Humour. Belge ? Seulement ?...
Merci "The Estetic of senses".

Un court métrage comme j'aimerais en rencontrer plus souvent.
Merci GayClic.
Tout est dit. Simplement !
ooOoo
Humour. Toujours. La découverte d'un nouveau blog sympa. Frais...

Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
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Dans sa première version ce blog a rencontré :
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Pour la cinquième rentrée, je repris le chemin de l'internat avec un moral au plus bas. Les vacances avaient été une successions d’aventures féminines foireuses et de séances de plus en plus avilissantes sur les lieux de drague. Angoissé de retrouver les brimades et la haine incompréhensible de mes condisciples. Fou d'espoir de retrouver C. et son affection non calculée.
Immédiatement, je compris que quelque chose avait changé. Il me dit à peine bonjour, s'installa en étude loin de moi pour la première fois en cinq ans. Je ne réussis jamais à le voir seul, mais toujours entouré de copains ou bien très, très pressé. A aucun moment il ne manifesta la moindre agressivité, mais il n'eut pas davantage la moindre marque de sympathie. Les semaines passèrent, me laissant de plus en plus atterré. Heureusement, le travail, dans cette année capitale, ne nous laissait guère le temps de jouer ou de rêver. A la surprise avait succédé le fatalisme et le désespoir. Je ne tentais même plus de lui parler, de le voir seul, d'autant que les brimades et les farces de nos compagnons devenaient de plus en plus ouvertes et indiscrètes. Puis il y eut le sursaut, le refus de l'évidence, le besoin d'explication. Je le poursuivis de nouveau de mes assiduités, refusant qu'il continue à m'ignorer. Il m'évita, toujours discrètement et sans animosité.
Enfin, un répétiteur (cette sorte de surveillant à vie qui assurait la surveillance des permanences comme le remplacement au pied levé d'un professeur) me prit gravement à part. C'était l'un des rares personnages de l'encadrement que nous acceptions, que je supportais. Ancien champion d'haltérophilie, véritable armoire à glace gagnée par l'embonpoint, il était d'un calme et d'une douceur à toute épreuve. Je ne l'ai jamais vu en colère, je ne l'ai jamais vu se déplacer autrement qu'en marchant lentement, d'un pas de cérémonie. Affectueusement, calmement, il m'assena ces vérités que je ne voulais pas voir. Les parents de C. avaient été mis au courant de nos liens. Lui aussi savait. Il ne voulait pas d'incident. Nous devions finir l'année et réussir notre bac. Je devais lui promettre de ne plus essayer de revoir mon ami, et de cesser de faire de la photo. Ivre de douleur, les yeux et la voix chargés de larmes, je dis oui à tout ce qu'il voulait. Il me laissa seul reprendre contenance avant de descendre à table. C. détourna les yeux, j'évitais de le regarder. Pendant plusieurs jours je vécus comme un automate, passant les examens de fin de trimestre avec indifférence.
La fatalité semblait s'acharner sur moi, poursuivait son œuvre. Dans la semaine, un camarade, au cours d'une discussion à bâtons rompus, me parla du livre "Les Amitiés Particulières", et me prêta le livre. Pur hasard ? Invite déguisée ? Sadisme ? Hypocrisie ? Manœuvre habile téléguidée par un adulte ? Je ne le sus jamais, et souvent je me pose encore cette question. Je me jetais sur le livre comme sur une bouée de sauvetage. Les premières pages me bouleversèrent. La similitude de notre aventure avec le récit ampoulé du roman me sautait aux yeux. Je ne supportais plus d'interrompre ma lecture pour rejoindre les cours. J'étais las, dépressif. Je décidais d'aller à l'infirmerie pour pouvoir lire tranquillement, loin de tous, loin des autres, loin de lui.
Dans son repaire, l'infirmière se comportait comme un sergent major. On ne badinait pas avec elle, et elle avait horreur des planqués. Il me fallut lui prouver que tous les examens étaient finis, que je ne cherchais à fuir aucun contrôle ni aucune contrainte. Elle me connaissait bien. Elle fut étonnée de voir mon visage décomposé, mon absence de vitalité. Elle crut à du surmenage, et elle me garda dans une chambre d'isolement.
Je passais la journée à lire. L'enthousiasme et l'émotion s'accusaient à chaque page. Le parallèle avec ce que je vivais me sautait aux yeux. J'admirais la pureté des sentiments d'Alexandre et de Georges. Leur renoncement et leur don d'eux-mêmes qui correspondaient tant à ce dont j'avais toujours rêvé. Je me haïssais de n'avoir pas su préserver comme eux la pureté des sentiments en introduisant entre mon ami et moi la notion de culpabilité des actes interdits. J'admirais la ténacité d'Alexandre, qui devant la rigidité bornée des adultes, ne reniait rien de son amour. J'étais sûr que C. était victime de pressions semblables et m'aimait. Il ne pouvait pas en être autrement ! J'avais dix neuf ans et demi, déjà pas mal vécu, et je me laissais emporter avec ivresse par le romantisme à l'eau de rose de ce roman pour midinettes en culottes courtes et galoches !
La fin du roman me sonna comme un violent uppercut à l'estomac. Alexandre mort ! La beauté, la pureté, l'innocence, tuées par l'incompréhension des adultes et la trahison de son ami. Non, non. Je ne causerais pas sa perte. C'est sûr, il mourrait lui aussi de notre séparation... A moins qu'il ne m'en veuille de notre aventure, et que ce soit lui qui me rejette... Mais oui, c'était cela la vérité. Il refusait cet amour qui nous avait unis, il m'en voulait de l'avoir entraîné dans le vice. J'étais un salop.
Pendant des heures, je pleurais sur lui, sur moi, sur mon amour. J’ai toujours eu une grande émotivité, et les larmes m’assaillent souvent à l’imprévu.Les larmes, loin de me calmer, augmentaient ma haine de moi-même et de mes goûts anormaux. Je haïssais mon corps, mon cœur, mon âme. Je ne voyais rien qui puisse me racheter, rien sauf la mort. Enfermé seul dans ma chambre, je refusais de manger, et je passais la soirée à pleurer, à me frapper, à me mordre. Oui, je me haïssais.
Lorsque avec le temps ma crise de nerf s'apaisa, la solution m'apparut évidente. Avec une lucidité de plus en plus grande, j'entrevis ce que je devais faire. Lorsque ma décision fut prise, un grand calme m'envahit. Je m'assurais que tout était apaisé à l'étage, que tout le monde dormait. Sans un bruit, je me rendais dans la salle de soin et j'examinais l'armoire à pharmacie. Elle était fermée à clef, avec quelque peine mais ténacité, je parvins à forcer la serrure. Je puisais alors dans les cachets qui me semblaient les plus dangereux, j'en absorbais un bon nombre avant d'aller me recoucher. Je m'endormis très rapidement.
Heureusement, malheureusement, un autre malade avait surpris mon manège et avait aussitôt prévenu l'infirmière. Heureusement, malheureusement, je n'avais pas pris une dose mortelle. Une surveillance cardiaque et des piqûres me permirent de passer la nuit. "Ils" m'avaient sauvé.
Dire l'effervescence que produisit un tel événement dans une telle école ! Je n'avais jamais vu, en un seul jour, autant de personnalités dans les locaux. A mon chevet, qui plus est. La jubilation au vu des emmerdements que je leur causais n'atténuait que légèrement mon désespoir de n'avoir pas réussi. Je ne cessais de pleurer, et j'étais incapable de parler. Aux "pourquoi ?" pressants qui m'assaillaient, je ne pus répondre qu'en désignant le livre posé à mon chevet. Un silence gêné suivit la lecture du titre. On me laissa en paix avec ma peine et mes larmes.
L'après-midi, mon père arrivait. Je redoutais cette conséquence tant par la peur du mal que cette révélation lui ferait que par crainte de sa réaction.
Je l'aimais et le respectais profondément. Pourtant j'avais toujours eu peur de lui. A l'extérieur de la maison ou lorsque nous recevions des invités, il présentait une bonhomie joviale, savait être beau parleur, charmeur et captivant. Il comptait de très nombreux amis.
A la maison, je n'avais jamais vu son visage exprimer un sentiment, autre que celui de la colère. Jamais une larme de joie ou de tristesse n'avait fait briller ses yeux. Rarement cette colère lui avait fait lever la main sur l'un de nous. Mais lorsque cela s'était produit, sa violence m'avait fait très très peur. Maman, elle, était douce, maternante, couveuse même, n'élevant jamais la voix sur nous. Pour toute réprimande, elle laissait parfois échapper un "si Papa savait ça..." plein de significations.
En somme, j'étais le bon produit de parents bien stéréotypés d'une famille française moyenne. A mon réveil, avec un fatalisme désespéré, j'avais imaginé ma mère mourant de chagrin, mon père explosant dans une rage violente et me frappant peut-être à mort. Ce que je souhaitais, ce que je voulais.
Il entra, plus tassé, plus courbé qu'à l'ordinaire. Il semblait vieilli de dix ans. Son menton tremblait. Sa vue me bouleversa. Je me levais avec effort et me précipitais pour regarder par la fenêtre, pour lui tourner le dos. Je le sentais là au milieu de la pièce, silencieux. Je n'osais pas me retourner. D'une voix tremblotante il parla. Il me suppliait de lui dire depuis quand, comment, j'étais devenu comme ça. Pourquoi avais-je essayé de me tuer ? Est-ce que je n'avais pas pensé à eux, pensé à ma mère ? Est-ce que je me rendais compte qu'elle en serait morte si l'on ne m'avait pas sauvé ?
A l'évocation de ma mère, je me retournais. Je le vis là, devant moi, les bras ballants, une main tenant son chapeau, encore vêtu de son gros loden dans cette pièce surchauffée. Il pleurait en silence, le torse secoué par les soubresauts du chagrin. Cet homme que j'avais vu lutter avec opiniâtreté et courage dans les moments les plus cruels de notre vie, ce militant rigoureux et rigide, cet homme de près de soixante ans, sévère et distant, était là, devant moi, ne parvenant pas à dominer ses larmes.
J'essayais de dire que je ne savais pas, que je n'y pouvais rien, que je ne pouvais pas m'en empêcher. Mais la crise de larmes était redevenue plus violente, rendant quasiment inintelligibles mes bégaiements. Il vint vers moi, et me secoua désespérément :
- Mais tu es actif, dis, tu es actif !
-... ...
- Dis-moi, tu es actif, ou passif ? Dis !
- ... ...
Son insistance avait quelque chose de choquant. J'avais le sentiment qu'il n'avait rien compris, qu'il ne comprenait rien, qu’il piétinait mon amour. A mon tour paniqué, impuissant, je criais presque :
- Mais ça n'a pas d'importance, ce n'est pas ce qui compte. Tu ne comprends rien !
Un long silence nous sépara. Ce long silence qui devait recouvrir définitivement ce sujet de conversation. Tacitement, nous savions que jamais il ne pourrait y avoir échange et compréhension dans ce domaine.
Il se reprenait. Il parlait. Est-ce que je voulais rester ici, est-ce que je voulais aller dans un autre lycée ? Je me raccrochais à cette dernière éventualité. Il fut décidé que je terminerais l'année scolaire dans un autre établissement que nous chercherions pour la rentrée de Noël.
Ainsi se termine la première partie du long document que j’écrivis à ma femme pendant ma détention, et dont je vous ai livré ici quelques extraits.
Une page se tournait. Mon adolescence se terminait, bien que je le rappelle, à l’époque, à vingt ans on n’était pas encore majeur. Le baccalauréat en poche, je décidais de rompre avec ce passé honni, de fuir cette province rétrograde, de prendre mon autonomie et de monter à la capitale. Là, dans l’anonymat des grandes villes, je pourrais enfin faire ce que je voudrais. Je ne pouvais même pas imaginer ce qui m’attendait...