17 Mai = journée contre l'homophobie
Les scientifiques américains réfléchissent... Et réinventent l'eau chaude !! Je suis sévère ! Simplement, nous, pauvres pédés, avons maintes fois eu l'occasion de le vérifier sur le
terrain...!!
J'ai pas résisté !
Cliquez pour aller lire quelques perles !!!

Humour. Belge ? Seulement ?...
Merci "The Estetic of senses".

Un court métrage comme j'aimerais en rencontrer plus souvent.
Merci GayClic.
Tout est dit. Simplement !
ooOoo
Humour. Toujours. La découverte d'un nouveau blog sympa. Frais...

Pendant un an, j'ai tenu régulièrement ce blog, alors que j'accompagnais ma femme dans un combat perdu d'avance contre le crabe...
Ensuite, au fil des jours, j'ai continué à éditer des billets d'humeur. Sans véritable chronologie.
Aujourd'hui, ce blog redevient un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'a plus guère d'importance.
Quand même, pour une meilleure compréhension,
pour ceux qui découvrent ce Blog...Mieux vaut suivre un ordre chronologique.
(En tête de colonne, vous trouverez le sommaire des archives...)
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Où, imperceptiblement, je deviens exclusif et accro de la drague. C’est indiscutable : le besoin de draguer est une addiction tout autant sinon plus que le tabac, l’alcool ou d’autres drogues.
Quelques mois plus tard, une nouvelle passion, un nouveau grand amour devait accaparer tous mes instants et agiter mes nuits solitaires. Momo arrivait de l'Est de la France pour habiter la Ville Nouvelle.
Ce garçon un peu plus âgé que moi réunissait tout ce qui représentait la perfection à mes yeux. Il était tout ce que je n'étais pas, il avait tout ce que je n'avais pas. De son corps mince, élancé, élégant, émanait à la fois une sensation de souplesse et de force. Athlète complet, il réussissait dans toutes les pratiques, jouant aussi heureusement du ballon que du javelot. Son visage, aux traits irréprochables, éblouissait, lorsqu'un large sourire dégageait deux rangées de perles régulières. Ses cheveux blonds, ondulés, un peu fous, laissaient toujours échapper une mèche qui tombait en vrille entre ses sourcils. Ses yeux, d'un bleu intense, toujours rieurs, vous transperçaient. Ils m'intimidaient, et lorsqu'il me regardait avec insistance je me sentais rougir. Il possédait un humour grinçant, savait être pince sans rire, et son à propos n'était jamais pris au dépourvu. Toujours heureux et satisfait, il savait se montrer tendre et affectueux. Bien que physiquement je le dépassais d'une demi tête, et que j'eus pu le soulever à bout de bras, lorsque nous étions ensemble on ne voyait que lui. Je le suivais comme son ombre, toujours légèrement en retrait, comme un faire-valoir. Avec sans doute une bonne part de masochisme, je me complaisais dans cette situation. Je l'admirais, le vénérais et le respectais comme une étoile ou un dieu. Bien qu’incapable de le formuler, je l'aimais.
Il valait mieux ne pas lui chercher querelle, je n'eus pas permis le moindre mot de travers. Son charme le faisait aimer des filles. Une cour de pucelles piaillantes et jacassantes nous entourait continuellement.
Le soir, dans le car qui nous reconduisait chez nous, nous nous réservions toujours la banquette arrière. Momo tenait sa petite amie du moment par le cou, je m'asseyais à côté de lui. Les sièges alentour étaient, bien sûr, occupés par des filles toutes tournées vers nous. Je ne les voyais pas. J'écoutais la conversation à laquelle ma timidité et ma gaucherie m'empêchaient de participer à part entière. Je buvais les paroles de mon ami.
Plusieurs fois, profittant d’une place suffisante et prétextant d'être fatigué, je m'allongeais sur la banquette, la tête sur ses genoux, et faisais semblant de dormir. Je m'imprégnais de sa chaleur et de son parfum, parfois ému de sentir une bosse se développer... que j'attribuais à la présence de sa petite copine...
Ainsi, tout au long de l'année, je le suivis, me réjouissant de le voir entouré de sa cour, me contentant de bien modestes satisfactions. Lorsqu'un désir trop violent me bouleversait, je m'isolais, redoutant que d'un regard il lise en moi, m'interdisant le moindre signe qui puisse trahir mes pensées coupables... Il était si beau, si parfait, si inaccessible ! Il avait tout ce qu'il voulait ! Comment pourrait-il me désirer ? Et puis des "idées" ne pouvaient pas l'effleurer : il était si pur !
Il avait tout ce qu'il voulait ! J’étais son confident, il me racontait ses conquêtes, ses flirt parfois très poussés... (Il a été papa à seize ans !) Il était impensable qu’il puisse voir en moi autre chose que son faire-valoir... Et puis, lui ne pouvait pas avoir le genre d'envies qui me taraudaient l’estomac. Me dévoiler était prendre le risque de le perdre. J'imaginais la scène en grelottant et en pleurant... Et puis, quand bien même il ne serait pas indifférent à l'idée, il ne m’aimait pas, et un acte charnel pâlirait notre amitié, idée que je ne supportais pas.
Je ne passais pas pour autant cette période dans une chasteté monacale. Ce que je ne concevais pas de pouvoir vivre avec mon grand amour, je le pratiquais avec d'autres. Les confidences du jeune caravanier m'étaient revenues en mémoire. La curiosité, l'espoir de rencontrer la personne extraordinaire qui m'apporterait le Bonheur, la sensation que je ne connaissais pas encore tout de l'amour, le désir simple et brut, se liguèrent pour vaincre mes appréhensions et mon écœurement primitifs. J'y fis une rapide visite d'information et... je commençais à fréquenter les toilettes publiques.
Je ne suis pas capable de dire à quel moment mes aventures féminines se sont espacées, puis sont devenues inexistantes. Momo et le groupe qui l’entourait, garçons et filles, étaient pour le moins délurés. Ils ne se contentaient pas de touche pipi, de fréquents petits scandales ont éclaté. Tout ça me faisait un peu peur et a sans doute participé à me tenir à distance.
Inconsciemment j’avais deux béquilles. D’un côté un amour fou, pur et idéalisé pour Momo. De l’autre, des aventures purement physiques et pulsionnelles de plus en plus fréquentes dans tous les lieux de drague de la région que je m’attachais à découvrir...
Que serais-je devenu, si à la rentrée suivante je n’avais pas rejoint un internat à la discipline rigoureuse ?