Où je découvre le plaisir bucal et tout un monde inimaginable....
Mon père louait un grand jardin dans le vieux village voisin. C'était celui d'un presbytère abandonné, en ruine. Dans la cour, des ouvriers itinérants habitaient dans une caravane. Leur fils, d'un an mon aîné, se montrait difficile, espiègle, marginal. Un peu voyou, quoi. Lorsque nous pouvions rester seuls, nous aimions nous cacher dans le vieux presbytère où, appuyés au lit couvert de poussières de Monsieur le Curé, dans cette pièce froide, humide, sentant le moisi, sous le regard d'un Christ incliné, point d'attache de nombreuses toiles d'araignées, nous échangions les plaisirs libérateurs. C'est lui qui, au cours de ces rencontres clandestines et silencieuses, m'apprit que le corps entier appelait les caresses et les baisers, à ne pas monopoliser son attention au-dessous de la ceinture.
Il était beau, merveilleusement souple et félin. Je découvrais les grâces d'un corps ferme et athlétique, la douceur de la peau sous les doigts. Une seule chose me gênait et m'intriguait : un phimosis important affligeait sa verge longue, fine, toujours en érection.
Un jour que nous revenions d'une promenade à vélo, il m'entraîna dans un sous-bois proche, et allongés dans l'herbe au milieu des fougères, nous nous enlaçâmes. Soudain, il me demanda si je m'étais déjà fait sucer. Abasourdi, ne comprenant ni l'intérêt, ni comment on pouvait penser à une chose pareille, je répondis par la négative. Il entreprit aussitôt de m'initier.
Glissant le long de mon corps, il prit ma verge dans sa bouche. Je manquais de suffoquer, le ciel chavirait, les fougères dansaient autour de moi. Haletant, comme cloué au sol, je n'arrivais pas à analyser les sensations violentes qui m'assaillaient. Je sentis monter la vague de jouissance, voulus écarter le garçon, mais il s'agrippa jusqu'à ce que, m'arrachant des cris, il but mon plaisir. Je restais prostré, ahuri, ivre de joie. Il avait remonté son visage à hauteur du mien et me souriait.
- Ca t'a plu ? Tu as aimé ? Je ne pus répondre que par un signe de tête, en l'enlaçant de nouveau. Lorsqu'il voulut que je lui donne la même satisfaction, je m'exécutais après une brève hésitation. Agréablement surpris par le plaisant contact de ce membre vibrant sur mes lèvres et sur mon palais, maladroitement d'abord, plus passionnément ensuite, je lui prodiguais ces caresses. Au dernier moment je me retirais et regardais couler le liquide familier sur son ventre frémissant. Je restais un long moment ainsi, la tête sur sa poitrine, caressant ce sexe encore chaud et moite, toujours doux et sensible. Je comprenais que je venais de découvrir un des grands bonheurs de ma vie. J'avais quatorze ans.
Je voulais savoir d'où il tenait un tel secret. Je le pressais de questions auxquelles il répondait sans aucune gêne, avec même cette petite fierté de celui qui connaît. Il avait rencontré un type, un vieux, entre trente et quarante ans, dans les W-C publics de la ville nouvelle. Le gars l'emmenait chez lui et lui apprenait tout ça. Il lui donnait même des sous ! Depuis, il allait le voir de temps en temps, et ils se mettaient tout nus dans un lit ! Sans voix je l'écoutais, à la fois surpris et peiné. Ainsi il faisait ça avec d'autres que moi ! En plus avec des vieux ! Et on lui donnait de l'argent pour ça ! Mais c'est dégueulasse ! N'empêche que les vieux, ils savent de ces trucs ! Et les W-C publics devant lesquels je passais si souvent ! Les mecs que j'avais vu aller et venir devant cherchaient... Ils ne venaient que pour ça ! Mais c'est dégueulasse ! Ils allaient avec n'importe qui, même s'ils ne le connaissaient pas, même si ce n'était pas leur ami ! Mais c'est dégueulasse ! Oui, mais peut-être que là, à portée de la main se trouvait le bonheur que parfois je cherchais si loin... Non, c'était par trop dégueulasse !
Ces révélations me faisaient voir mon jeune ami avec d'autres yeux, je devenais plus sensible à son comportement asocial. Mais je ne parvenais pas à m'en détacher, revenant chaque fois auprès de lui rechercher cette ivresse qu'il me prodiguait avec une satisfaction non dissimulée. Un jeudi la caravane n'était plus là : le père avait suivi son entreprise vers un autre chantier.
Vous ne savez plus où vous en êtes de votre ballade...
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Je continue à être surpris, lorsqu'un visiteur aborde ce blog par le petit bout de la lorgnette, sans se rendre compte, le moins du monde que je vis maintenant la plupart du temps au MAROC, à FES...
Alors que parfois il semble proche, tout proche... ICI ! Je vis ici !!
Clin d'oeil !
Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
Depuis le début : 12404
En ligne : Selon OB : 4
Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.
Passion soudaine et prodigieusement agréable...
... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !
Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...
Vieux ? Qui ose parler de vieux ?
Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.
J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.
"Le marié est-il trop beau ?"
Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable, ne sera pas facile.
Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.
J'imagine encore que je saurai être digne.