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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 00:46

 

Je suis allé au cinéma. Ça n’a l’air de rien, lorsque je dis cela. Et pourtant ! Quel cheminement cela représente ! Je précise : je suis allé au cinéma tout seul.

Dans le fond de mon chéquier, il y avait les carnets de tickets en cours lorsque la maladie de Monique s’est aggravée. Celui du cinéma d’Arles, et celui de l’Utopia à Avignon. Nos deux salles de prédilection. Je ne suis plus retourné au cinéma depuis. Jusqu’à cet été, où Zig m’a pris par la peau des fesses un soir où il pleuvait à seau dans les Landes.

Il me ferait marcher sur le fil d’un rasoir, alors…

D’une certaine façon, aujourd’hui encore il m’a poussé dans le dos. Avec le Ramadan, je savais que je ne le verrais pas de la journée. Et les journées sont longues, longues… J’avais entendu parler de ce film, « Tu n’aimeras point », qui parle des amours contrariés entre deux juifs orthodoxes dans un Jérusalem hors d’âge. Je m’étais dit que là, ce serait beaucoup pour Zig en plein Ramadan : des histoires de pédés, en plus chez les juifs… Trop, ce serait trop… Je devais accepter d’y aller seul. Il m’a fallu une semaine pour prendre la décision. Aujourd’hui, j’ai fait le grand saut. Enorme ! En allant à Avignon, je suis tombé sur le vide-grenier dans Rognonas. L’un des préférés de Monique. J’ai chialé. J’ai envisagé de faire demi-tour. Mais je suis trop orgueilleux : quand j’ai décidé quelque chose… Et puis, ce film, je le verrais seul, ou pas du tout.

Oui, parce qu’il faut que je précise : Zig n’aime pas trop les pédés… Tiens, il y a quelques jours, après la visite de son meilleur pote, qu’il adore traiter de « sale pédé »… Je ne sais plus trop comment, mais je poussais une petite râlante, du genre : «  Mais bordel, toi qui détestes tant les homos, qu’est-ce que tu fous avec un pédé comme moi, un vieux pédé, en plus ! ».

J’étais assis dans mon beau fauteuil tout neuf, devant mon beau bureau tout neuf, dans ma belle pièce toute neuve… (Oui, il faut que je vous dise : j’ai fait de petits travaux, pour tromper le temps qui passe…). Il a reculé le fauteuil pour venir se blottir sur mes genoux, la tête au creux de mon épaule. Après un long câlin très tendre, il a relevé la tête, a braqué ses yeux sombres aux longs cils recourbés dans mon regard, « Quand je suis avec toi, je pense pas que tu es pédé, ni que tu es vieux… Je suis bien, c’est tout… » Et il est revenu blottir sa tête sur ma poitrine. Tant mieux. Il ne voyait pas mes larmes.

Il n’aime pas cette engeance. Je devais y aller seul. J’y suis été. Et j’en reviens déçu. Si j’aurais su, j’y aurais pas été.

J’avais lu les critiques. Ça, je sais, je n’aurais pas dû. Toutes élogieuses. Sans doute, pour le coup, j’attendais trop. Et il n’y avait pas grand-chose. Ben, quoi ? Un mec marié depuis des années, père de quatre enfants, qui commet l’adultère, le démon de midi quoi, ya vraiment pas de quoi en faire un plat ! Même si le corps du délit est celui d’un beau jeune homme de 22 ans… Ma bonne dame, on en a vu d’autres ! Même que le mec il culpabilise ! Et puis il s’insurge en osant dire qu’il vit enfin après avoir été mort depuis des années ! Sympa pour sa femme ! Bon, il dit ça à un Rabbin orthodoxe ami de la famille. C’est courageux. A moins que ce ne soit une manifestation d’impuissance et de lâcheté. Le vrai courage n’est pas dans les mots. Mais dans les comportements. Et là…. Pardon qu’il demande à sa femme. Pardon. Et puis il n’a pas introduit le mal dans la maison : c’est vrai, il se contentait de baiser dans un débarras.

Bref. Déçu.

Mais, ne suis-je pas trop exigeant ? Trop prétentieux ? Trop orgueilleux ? Je n’ai rien à dire. Rien à prétendre. J’ai vécu ce que j’ai vécu, par le hasard de la vie, et le hasard des rencontres. Ou des non-rencontres. Car, s’il est vrai que je considère n’avoir jamais trompé ma femme, puisque je ne lui cachais rien, je n’ai jamais été mis à rude épreuve.

Puis-je prétendre que c’était  ma volonté, qui dominait totalement mes sentiments ? Je lui avais dit qu’il n’y avait qu’elle, et qu’il n’y aurait qu’elle. Le reste n’était que jeu. Qu’exutoire. Ce fut vrai. Je n’ai jamais aimé qu’elle. Quand je dis « aimé », je dis bien « aimé ». J’ai baisé. Ça oui. De la chair. Comme le boucher du film. De la barbaque. Plus ou moins belle. Plus ou moins rance. En somme : j’étais un gros dégueulasse sans cœur. Rien dans la poitrine : j’avais tout donné à ma femme.

 

Mais là, maintenant, j’ai le vertige. J’ai des peurs rétrospectives. Ce que je vis, là, ces derniers temps… C’est parce que maintenant, je peux ? Vraiment ? Et si, simplement, avant, je n’avais pas fait LA rencontre ?

Il serait arrivé quoi, si j’avais rencontré Zig du vivant de Monique ? Si j’avais rencontré un Zig plus accessible, plus ouvert, mais tout aussi troublant, tout aussi beau et sensuel, et… Lorsque moi, je n’étais pas encore si dégueu que ça… J’aurais fait quoi, moi, hein ? Mieux que le boucher au chapeau ridicule et aux rouflaquettes rococo ?

J’aurais fait quoi, moi, hein ?

Bien sûr, j’ai eu des amants qui ont marqué ma vie. Des Medhi, des Nicolas, des Patrice et des Fabrice, des Philippe et des Lionel. Je n’ai pas souvenir d’avoir souffert vraiment en les tenant à distance. Medhi est le seul qui fut cause de souffrance. Mais j’ai surtout haï ma lâcheté.

Et aucun, aucun, ne m’a offert une telle tendresse. Aucun !

Et bordel, il faut que ce soit par un putain d’hétéro ! La vie est trop conne.

Excusez l’aparté. Revenons à ce film. Il était long. Je bâillais. La description minutieuse du milieu orthodoxe ne concerne pas le spectateur moyen. Et ne donne rien de plus à voir ou à réfléchir. Il est, me semble-t-il, d’ailleurs assez remarquable que l’auteur fasse un parallèle avec les amours interdites d’un jeune couple d’amoureux pourtant « dans la norme »… Façon évidente de dire que la pression sociale, notamment religieuse, n’aime pas les zamours. Parce qu’ils crient le besoin de liberté, le besoin de vivre. Homo ou hétéro.

Aujourd’hui comme hier, et comme, hélas je le crains, sans doute demain.


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Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
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 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

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  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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