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Lundi 11 mai 2009 1 11 /05 /Mai /2009 12:30

Les sabots d'Hélène
Etaient tout crottés
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine
Ne cherche plus longtemps de fontaine
Toi qui as besoin d'eau
Ne cherche plus, aux larmes d'Hélène
Va-t'en remplir ton seau

Moi j'ai pris la peine
De les déchausser
Les sabots d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Dans les sabots de la pauvre Hélène
Dans ses sabots crottés
Moi j'ai trouvé les pieds d'une reine
Et je les ai gardés


Merci, cher Maître.

Je me demandais si je n’étais pas un misérable pédé-bloqué-coincé-frustré qui saute sur tout ce qui bouge passant à sa portée, et je me suis souvenu de toi et de cette chanson. Ouf.

 

Il y a quelques mois, je crois me souvenir que je revenais juste de Paris, au cours de l’un de mes « petits tours », j’avais fait une rencontre aussi brève, je dirais même éphémère, que frustrante. Un mignon petit Ch’Ti, qui faisait la route, qui, à première vue n’avait pas inventé le fil à couper le beurre, mais qui semblait avoir un fort joli corps, pour autant que la froidure me permit de l’entrapercevoir, et qui faisait un usage immodéré et talentueux de sa bouche et de sa langue.

Même pas une anecdote, un modeste épiphénomène.

Hier soir, de façon très originale vous en conviendrez, j’avais le bourdon. Mes locataires m’en font voir des vertes et des pas mûres. Et connement, je fonds. Ils me feraient marcher sur des braises ardentes ces cons. Et j’en redemande. Oui, je vous ai entendu : c’est moi, le con. Je me consolais en traînant sur les quais déserts. Pour rien. Pur masochisme, je commence à le croire. Un train venait sans doute d’arriver en gare : une dizaine de voyageurs se pressaient vers le centre ville en empruntant les bords du Rhône. Un mec, carrure imposante, accent à couper au couteau m’apostrophe :

-          S’cusez-moi, M’sieur, vous savez où c’est Emmaüs ?

-          Mais c’est loin ! Tu veux y aller à pied ?

-          Ah ! C’est toi ? Salut !

-          Et grand sourire. Lorsqu’il est sorti de l’ombre en s’approchant, les souvenirs sont remontés à la surface : mon petit Ch’Ti ! Il avait reconnu ma voix de crécelle.

Après quelques échanges, et malgré les odeurs fortes que le malheureux garçon dégageait, une évidence s’imposait pour moi : je n’allais pas le laisser galérer un dimanche soir à 22 heures pour atteindre l’accueil Emmaüs paumé à l’entrée de la Camargue. Serait-ce seulement ouvert ? Je me devais au moins de l’y conduire. Et puis, quitte à les charger dans la voiture, lui et ses odeurs, j’ai décidé de le ramener à la maison.

Un souvenir similaire me revenait. Allais-je connaître le même échec ?

Mes locataires étant absents, je l’installais au rez-de-chaussée, le faisais mettre dare-dare à poil, et fissa sous la douche. Plusieurs lavages et shampoings étaient indispensables.

Surprise ! Mes souvenirs étaient bien les bons, il avait un adorable corps d’éphèbe musclé. Lorsqu’il a eu enlevé toutes ses pelures d’oignons ! Trois pantalons. Mais pas de slip ! Deux tee shirts. Quatre sweets épais ! Si, si ! Quatre ! A chaque pelure, je tombais des nues ! Il était fou, ou quoi ?

Non. Simplement, c’est le seul moyen que beaucoup de routards ont trouvé pour ne pas se faire voler le peu qu’ils ont. Et puis il n’a pas de sac : il s’est justement fait voler son sac à dos dans un Centre Emmaüs… J’ai au moins trois lessives  à faire !! Une fois nu, effectivement… Mais caché d’aspirine de chez cachet… Un Ch’Ti, quoi… Mis à blanchir sous des tas de pelures d’oignons…

Je lançais une première lessive, sortais des habits propres des enfants et faisais le lit. En me traitant de vieux con que l’excès de romantisme perdra.

Je ne crois pas à un excès de reconnaissance. Je ne le crois pas capable de calculs machiavéliques. Je le crois simple et pur. Aimable et doux.

 

Son jupon de laine
Etait tout mité
Les trois capitaines
L'auraient appelée vilaine
Et la pauvre Hélène
Etait comme une âme en peine…

Moi j'ai pris la peine
De le retrousser
Le jupon d'Hélèn'
Moi qui ne suis pas capitaine
Et j'ai vu ma peine
Bien récompensée
Sous le jupon de la pauvre Hélène
Sous son jupon mité
Moi j'ai trouvé …

Et j’en ai profité. Abusivement. Dans l’inconfort des fourrés j’avais surtout connues ses lèvres. Dans le confort d’une chambre dite « d’amis », il s’est donné à moi, totalement. Sans calcul. Il aimait. Il me l’a prouvé. Puis je l’ai laissé reposer. Pour une fois qu’il avait un lit rien que pour lui, où il pouvait dormir nu, au contact de draps frais et propres, sans craindre qu’on lui vole le peu qu’il a…

Il me reste encore quelques Gitanes. Je lui ai donné un paquet, et je suis monté dormir. En m’interdisant de culpabiliser. Non, je ne lui ai rien demandé. Il m’a tout donné.

Ce matin, malgré ma vigilance, je l’ai réveillé en allant lancer une nouvelle machine à laver. Il était souriant, reposé. Nous avons petit déjeuné et refait l’amour. Totalement. Librement. Parce qu’il le souhaitait, je le crois. Et nous avons terminé par une séance ludique de photos. Bien qu’il ait l’âge de mes enfants, il s’est prêté au jeu comme un gamin. Je vous livre un cocktail des plus sages et des plus discrètes. Parce que je suis sûr qu’il y en a qui croient que j’écris toujours un roman… Ou que je me vante.

 



Je lui ai dit que je ne le garderai pas ici. Je crois sincèrement que ce ne serait pas lui rendre service. Mais le lundi le Centre Emmaüs est fermé. Nous devons attendre demain.

Pendant que j’écris, il s’est lancé dans un ménage méticuleux du rez-de-chaussée. Ce sont mes petits locataires qui vont être contents ! Ou pas.
Publié dans : Encore y croire
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Dans une deuxième étape, le blog est redevenu un blog d'humeur. Un journal. Une béquille.
La chronologie n'avait plus d'importance.
  

 
  Puis est survenu l'incroyable : à 64 ans je suis tombé raide dingue d'une petite racaille de 20 ans, hétéro jusqu'au bout des ongles.
Une année de coups de gueule, de bonheurs inimaginables, de doutes et d'espoirs.
!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!¡!        
 Juillet 2012        
      J'ai obtenu le statut de résident étranger au Maroc.
            C'est ici et seulement ici que je parviens à vivre. Tant que l'administration française s'obstinera à lui refuser un visa de tourisme.
Seulement, il y avait ce satané véhicule ! Je n'ai plus le droit d'avoir mon jouet décapotable français. Je suis rentré en France pour essayer de le vendre afin de racheter un petit véhicule au Maroc. Seulement voila. En période de crise, ce genre de véhicule ne se vend pas ! Ou bien les acquéreurs potentiels n'osent pas investir dans de la fantaisie, ou bien ils ont les moyens d'acheter le même véhicule neuf...
Bref... Je n'ai eu d'autre solution que de racheter moi-même le cabriolet, au prix fort (plus de 22 000 €uros, soit 5000 €uros de plus que l'estimation communément admise. Se rajoutent les frais de douane ("Mise en circulation" au Maroc), environ 11 000 €uros, l'assurance marocaine (l'ancienne assurance ne peut avoir cours à l'étranger), couverture à payer en une fois annuelle (environ 1000 €) Plus... Plus...
Bref... Je suis plus pressé qu'un citron... Mais je suis près de lui.
. Je veux vivre par et pour lui.  Vivre seulement, enivré par ce bonheur qui était devenu inenvisageable depuis tant d’années. Il est là, maintenant. Tout de suite.   
       
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Qui je suis

  • Boby
  • Les petites histoires de Boby
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  • 29/04/1945
  • Amoureux Bisexualité Honnête à en crever
  • Veuf depuis décembre 2007, père de trois jeunes adultes. Gay depuis toujours. A 66 ans, j'ai redécouvert l'amour avec un éphèbe marocain trois fois plus jeune ! C'est lui qui m'a choisi, et je n'ai pas su dire non...

Constat :

Après 2009, nouveau voyage au Maroc en 2010, et rencontre d'un jeune gay de vingt-deux ans.

Passion soudaine et prodigieusement agréable...

... Plus si soudaine que ça ! voici bientôt deux ans qu'il ne me quitte que pour aller travailler !

Le reste du temps... Quoi, quoi ?? Ben, imaginez...

Vieux ? Qui ose parler de vieux ?

 

Je vis cette relation intense que je désirais tant connaître avant de.

J'ai de plus en plus peur. Je sais, je suis totalement ridicule de trouver ceci un peu trop.

"Le marié est-il trop beau ?"

Et puis, quitter un bonheur aussi intense, aussi incroyable,  ne sera pas facile.

Pourtant. C'est inéluctable. 24/67, ratio incontournable. Je verrai.

J'imagine encore que je saurai être digne.

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